Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et il n’arrivait pas à entrer ; alors Noé s’écria : « Entre donc, malheureux ! » L’animal se mit à s’agiter. Noé reprit : « Entre donc, malheureux, même si le Diable est avec toi ! » – parole qui lui échappa. L’animal entra, et Satan bondit et entra avec lui. Par la suite, Noé l’aperçut chantant dans l’arche et lui dit : « Ô maudit, qu’est-ce qui t’a fait pénétrer dans ma demeure ? » Il répondit : « C’est toi qui m’y as autorisé. » Noé se rappela alors l’incident et lui dit : « Lève-toi et sors. » Satan répliqua : « Tu n’as d’autre choix que de me transporter avec toi. » D’après ce qu’ils racontent, il demeura alors sur le pont de l’arche.

Noé – paix sur lui – avait avec lui deux perles lumineuses : l’une tenait lieu de soleil et l’autre de lune. Selon Ibn ʿAbbâs, l’une était d’un blanc éclatant comme la clarté du jour, l’autre noire comme l’obscurité de la nuit ; grâce à elles, il connaissait les heures des prières : le soir, le noir de celle-ci dominait la blancheur de l’autre, et le matin, la blanche l’emportait sur la noire, selon la succession des heures.

Le Très-Haut dit :
« Et elle voguait avec eux au milieu de vagues pareilles à des montagnes ».
Le terme al-mawǧ est le pluriel de mawǧa, désignant la masse d’eau qui s’élève lorsqu’un vent violent souffle. La kāf sert à la comparaison et se trouve, d’un point de vue grammatical, à la place de l’adjectif décrivant « vagues ». Les exégètes rapportent que l’eau dépassa toute chose de quinze coudées.

« Noé appela son fils… » On a dit qu’il était mécréant et se nommait Kanaan ; d’autres disent Yâm. Selon Sībawayh, on peut lire « Et Noé appela son fils » en retranchant la wāw de « ibnahu » dans la prononciation – il appuie cela par le vers :
« Lahu zajalun ka-annahu ṣawtu ḥādin… »
Quant à la lecture « Et Noé appela son fils et il était… », c’est une variante irrégulière rapportée de ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah honore son visage – et de ʿUrwa ibn az-Zubayr. Abû Ḥâtim a prétendu qu’elle est recevable en entendant « ibnahâ », l’alif étant retranchée tout comme on retranche la wāw dans « ibnahu ». An-Naḥḥâs objecte que cette opinion n’est pas conforme à la doctrine de Sībawayh : l’alif, lettre légère, ne peut être supprimée, tandis que la wāw, plus lourde, peut l’être.

« Et il se trouvait à l’écart » : c’est-à-dire à l’écart de la religion de son père. On a également dit : à l’écart de l’arche. Et l’on rapporte que Noé ne savait pas que son fils était mécréant, et que

وَلَا يَسْتَطِيعُ أَنْ يَدْخُلَ، فَصَاحَ بِهِ نُوحٌ: ادْخُلْ وَيْلَكَ فَجَعَلَ يَضْطَرِبُ، فَقَالَ: ادْخُلْ وَيْلَكَ! وَإِنْ كَانَ مَعَكَ الشَّيْطَانُ، كَلِمَةٌ زَلَّتْ عَلَى لِسَانِهِ، فَدَخَلَ وَوَثَبَ الشَّيْطَانُ فَدَخَلَ. ثُمَّ إِنَّ نُوحًا رَآهُ يُغَنِّي فِي السَّفِينَةِ، فَقَالَ لَهُ: يَا لَعِينُ مَا أَدْخَلَكَ بَيْتِي؟ ! قَالَ: أَنْتَ أَذِنْتَ لِي، فَذَكَرَ لَهُ، فَقَالَ لَهُ: قُمْ فأخرج. قال: مالك بُدٌّ فِي أَنْ تَحْمِلَنِي مَعَكَ، فَكَانَ فِيمَا يَزْعُمُونَ فِي ظَهْرِ الْفُلْكِ. وَكَانَ مَعَ نُوحٍ عَلَيْهِ السَّلَامُ خَرَزَتَانِ مُضِيئَتَانِ، وَاحِدَةٌ مَكَانَ الشَّمْسِ، وَالْأُخْرَى مَكَانَ الْقَمَرِ. ابْنُ عَبَّاسٍ: إِحْدَاهُمَا بَيْضَاءُ كَبَيَاضِ النَّهَارِ، وَالْأُخْرَى سَوْدَاءُ كَسَوَادِ اللَّيْلِ، فَكَانَ يَعْرِفُ بِهِمَا مَوَاقِيتَ الصَّلَاةِ، فَإِذَا أَمْسَوْا غَلَبَ سَوَادُ هَذِهِ بَيَاضِ هَذِهِ، وَإِذَا أَصْبَحُوا غَلَبَ بَيَاضُ هَذِهِ سَوَادِ هَذِهِ، عَلَى قَدْرِ السَّاعَاتِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَهِيَ تَجْرِي بِهِمْ فِي مَوْجٍ كَالْجِبالِ) الْمَوْجُ جَمْعُ مَوْجَةٍ، وَهِيَ مَا ارْتَفَعَ مِنْ جُمْلَةِ الْمَاءِ الْكَثِيرِ عِنْدَ اشْتِدَادِ الرِّيحِ. وَالْكَافُ لِلتَّشْبِيهِ، وَهِيَ فِي مَوْضِعِ خَفْضِ نَعْتٍ لِلْمَوْجِ. وَجَاءَ فِي التَّفْسِيرِ أَنَّ الْمَاءَ جَاوَزَ كل شي بِخَمْسَةَ عَشَرَ ذِرَاعًا. (وَنادى نُوحٌ ابْنَهُ) قِيلَ: كَانَ كَافِرًا وَاسْمُهُ كَنْعَانُ. وَقِيلَ: يَامٌ. وَيَجُوزُ عَلَى قَوْلِ سِيبَوَيْهِ: " وَنادى نُوحٌ ابْنَهُ" بِحَذْفِ الْوَاوِ مِنَ " ابْنَهُ" فِي اللَّفْظِ، وَأَنْشَدَ «١» : لَهُ زَجَلٌ كَأَنَّهُ صَوْتُ حَادٍ فَأَمَّا " وَنادى نُوحٌ ابْنَهُ «٢» وَكانَ" فَقِرَاءَةٌ شَاذَّةٌ، وَهِيَ مَرْوِيَّةٌ عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ كَرَّمَ اللَّهُ وَجْهَهُ، وَعُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ. وَزَعَمَ أَبُو حَاتِمٍ أَنَّهَا تَجُوزُ عَلَى أَنَّهُ يُرِيدُ " ابْنَهَا" فَحَذَفَ الْأَلِفَ كَمَا تَقُولُ: " ابْنَهُ" ، فَتَحْذِفُ الْوَاوَ. وَقَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا الذي قال أَبُو حَاتِمٍ لَا يَجُوزُ عَلَى مَذْهَبِ سِيبَوَيْهِ، لِأَنَّ الْأَلِفَ خَفِيفَةٌ فَلَا يَجُوزُ حَذْفُهَا، وَالْوَاوَ ثَقِيلَةٌ يَجُوزُ حَذْفُهَا. (وَكانَ فِي مَعْزِلٍ) أَيْ مِنْ دِينِ أَبِيهِ. وَقِيلَ: عَنِ السَّفِينَةِ. وَقِيلَ: إِنَّ نُوحًا لَمْ يَعْلَمْ أَنَّ ابْنَهُ كَانَ كافرا، وأنه
(١). البيت للشماخ، والشاهد في (كأنه) حذف الواو ضرورة. وتمامه: إذا طلب الوسيقة أو زمير يصف حمار وحش هائجا يطلب وسيقته، وهى أنثاه التي يضمها ويجمعها، من وسقت الشيء أي جمعته. (شواهد سيبويه). [ ..... ] (٢). كذا في الشواذ، ويدل عليه ما يأتي عن أبى حاتم، وأما رسم ابنه بالواو فليس بشاذ.

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