[Sourate Hûd (11), versets 41-44]
- Et il dit : « Embarquez-y. Au Nom d’Allah se déroule sa course et se fait son amarrage. Mon Seigneur est, certes, Pardonneur, Très Miséricordieux. »
- Or l’arche vogua avec eux au sein de vagues pareilles à des montagnes. Noé appela alors son fils, lequel se tenait à l’écart : « Ô mon enfant, embarque avec nous et ne reste pas avec les négateurs. »
- Il répondit : « Je vais me réfugier sur une montagne qui me mettra à l’abri de l’eau. » Il dit : « Point de protecteur aujourd’hui contre l’ordre d’Allah, hormis celui auquel Il fait miséricorde. » Et une vague s’interposa entre eux, si bien qu’il fut du nombre des noyés.
- Et il fut dit : « Ô terre, absorbe ton eau ! Ô ciel, cesse ! » L’eau baissa, l’ordre fut exécuté, l’arche se posa sur le Jûdî, et il fut proclamé : « À bas le peuple des injustes ! »
Paroles du Très-Haut :
« Et il dit : Embarquez-y »
C’est un ordre de monter à bord. L’auteur peut en être Allah, qu’Il soit exalté, ou bien Noé s’adressant à son peuple. Le verbe « embarquer » exprime l’élévation sur le dos d’une chose ; on dit aussi : « Tel est accablé par la dette (rakibahu ad-dayn) ». Une ellipse est sous-entendue : « Embarquez sur l’eau dans l’arche ». D’autres ont dit : le sens est : « Embarquez-la ». La préposition « fî » (dans) sert ici d’insistance, comme dans la parole d’Allah : « Si vraiment vous interprétez les songes » (Yûsuf, 43). Son utilité est de signifier qu’ils furent enjoints de se tenir à l’intérieur de l’arche et non sur son pont.
‘Ikrima rapporte que Noé – sur lui la paix – monta dans l’arche dix jours après le début de Rajab et que celle-ci se posa sur le Jûdî dix jours après le début de Muharram, soit six mois. Qatâda ajoute que ce fut un jour de ‘Âshûrâ’. Il dit alors à ceux qui étaient avec lui : « Que celui qui jeûne, poursuive son jeûne, et que celui qui ne jeûne pas, qu’il jeûne. » At-Tabarî évoque à ce propos un hadith du Prophète – paix et salut sur lui : Noé embarqua le premier jour de Rajab et jeûna le mois tout entier ; l’arche vogua avec eux jusqu’au jour de ‘Âshûrâ’ où elle se posa sur le Jûdî ; Noé et ceux qui l’accompagnaient jeûnèrent donc ce jour-là. At-Tabarî rapporte encore d’Ibn Isḥâq que Noé demeura sur les eaux environ une année ; l’arche passa près de la Maison sacrée qu’Allah avait élevée au-dessus du déluge, tourna autour d’elle sept fois, puis se rendit au Yémen avant de revenir se poser sur le Jûdî.
Paroles du Très-Haut :
« Au Nom d’Allah se déroule sa course et se fait son amarrage »
Les lecteurs des Deux Sanctuaires et de Baṣra, à l’exception de quelques rares déviations, prononcent les deux mîm avec ḍamma (mujrâhâ, mursâhâ), c’est-à-dire : « Au Nom d’Allah s’opèrent son départ et son stationnement » ; les mots « son cours » (mujrâhâ) et « son amarrage » (mursâhâ) sont alors à la place de sujets au nominatif.