Le lieu où l’eau s’amassa dans l’arche, selon Al-Ḥasan également.
Quatrième opinion : il s’agit de l’apparition de l’aube et de la clarté matinale, comme dans leur expression : « le jour s’est illuminé d’une vive lumière », avis rapporté d’ʿAlī ibn Abī Ṭālib – qu’Allah l’agrée.
Cinquième opinion : il s’agit de la mosquée de Koufa, propos attribué, là encore, à ʿAlī ibn Abī Ṭālib et à Mujāhid.
Mujāhid a dit : « C’était du côté du tannūr à Koufa. Nūḥ construisit l’arche à l’intérieur même de la mosquée de Koufa ; le tannūr se trouvait à la droite de celui qui y entrait, du côté de Kindah. Le jaillissement de l’eau à partir de cet endroit constitua pour Nūḥ un signe et une preuve de la perte de son peuple. »
Le poète – Umayya – a chanté :
« Leur tannūr déborda, bouillonnant d’une eau
qui s’éleva au-dessus des montagnes, jusqu’à les couvrir. »
Sixième opinion : il s’agit des hauteurs de la terre, des emplacements surélevés, selon Qatādah.
Septième opinion : il s’agit de la source située dans l’île appelée « ʿAyn al-Wardah », rapporté par ʿIkrimah.
Muqātil a dit : « Il s’agissait du tannūr d’Ādam ; celui-ci se trouvait en Syrie, dans un endroit qu’on nomme “ʿAyn Wardah”. » Ibn ʿAbbās a également déclaré : « Le tannūr d’Ādam jaillit en Inde. »
An-Naḥḥās a commenté : « Ces propos ne sont pas contradictoires, car Allah – Exalté soit-Il – nous a informés que l’eau provenait à la fois du ciel et de la terre, lorsqu’Il dit : « Nous ouvrîmes les portes du ciel à une eau torrentielle et Nous fîmes jaillir de la terre des sources » (Sourate al-Qamar, v. 11-12). Ainsi, tous ces avis se rejoignent sur le fait qu’il s’agissait d’un signe. Le terme fawrān désigne l’ébullition. Quant au mot tannūr, c’est un nom d’origine étrangère que les Arabes ont arabisé ; il est bâti sur la forme faʿʿala, car sa racine première est tannar, et il n’existe, dans la langue arabe, aucun mot comportant une lettre nūn précédant une rāʾ.
On a encore dit que l’expression « fāra at-tannūr » (le tannūr déborda) est une métaphore annonçant la venue du châtiment, semblable à leur expression « ḥamiy al-waṭīs » – « le four s’est embrasé » – lorsqu’une guerre s’intensifie ; al-waṭīs signifiant ici : le four.
On dit également : « La marmite d’un peuple a bouillonné » pour signifier que leur combat est devenu violent, comme l’a décliné leur poète :
« Vous avez laissé votre marmite vide,
Tandis que celle du peuple, ardente, bouillonne. »
Parole du Très-Haut :
« Nous dîmes : “Embarque à bord de celle-ci un couple de chaque espèce.” »
C’est-à-dire un mâle et une femelle, afin que la descendance subsiste après le Déluge. Ḥafṣ a lu : « min kullin zawjayni ithnayn » en marquant le tanwīn sur kullin, c’est-à-dire : de chaque chose, un couple.
Les deux lectures reviennent à un sens unique : toute chose est accompagnée d’une autre dont elle ne saurait se passer.
On appelle zawjān deux éléments qui ne sauraient l’un se passer de l’autre ; les Arabes nomment chacun d’eux zawj. On dit : « Il possède zawjā naʿlin » – une paire de sandales – lorsqu’un homme a deux sandales ; de même : « Chez lui se trouvent zawjā ḥamām » – un couple de pigeons –, et ainsi de suite.