« Que fais-tu donc ? »
Il répondit : « Je bâtis une maison qui marchera sur l’eau. » Ils s’étonnèrent de cette parole et se moquèrent de lui.
Ibn ʿAbbâs dit : Il n’existait sur terre, avant le Déluge, ni fleuve ni mer ; c’est pourquoi ils se moquèrent de lui. Les eaux des mers actuelles constituent ce qu’il reste du Déluge.
Parole du Très-Haut : « (S’ils se moquent de nous) » – c’est-à-dire de ce que nous faisons aujourd’hui en construisant l’arche – « (nous nous moquerons d’eux) » demain, lorsqu’ils se noieront. Le terme « moquerie » (sukhrîya) renvoie ici à l’idée de traiter l’autre d’ignorant ; le sens devient alors : si vous nous considérez comme ignorants, nous vous considérerons à notre tour comme tels.
Parole du Très-Haut : « (Bientôt vous saurez qui sera atteint d’un châtiment qui l’humiliera) ». Il s’agit d’une menace. Le pronom relatif « man » est rattaché à « bientôt vous saurez » ; le verbe « vous saurez » y est transitif, signifiant : « vous connaîtrez celui que le châtiment atteindra ». Il est toutefois permis de considérer « man » comme interrogatif : « Lequel de nous le châtiment atteindra-t-il ? » D’autres ont dit que « man » est en position de sujet, « yati-hî » en est le prédicat, et « yukhsî-hi » est l’épithète de « ʿadhâb » (châtiment).
Al-Kisâʾî rapporte que certains habitants du Ḥijâz disent « saw taʿlamûn » ; ceux qui lisent « satʿlamûn » omettent à la fois le wāw et le fâ’. Les Koufiens citent la forme « saf taʿlamûn ». Les grammairiens de Baṣra, quant à eux, n’admettent que « sawfa tafʿal » et « sa-tafʿal », deux locutions de même sens, indépendantes l’une de l’autre.
« (et s’abattra sur lui) » signifie : il est inéluctable pour lui et tombera sur lui ; « (un châtiment permanent) », c’est-à-dire perpétuel, renvoie au châtiment de l’au-delà.
Parole du Très-Haut : « (Jusqu’à ce que, lorsque Notre ordre survint et que le tannûr bouillonna…) ». Les exégètes ont divergé au sujet du tannûr, avançant sept opinions :
- Il s’agit de la surface de la terre ; les Arabes appellent la face de la terre « tannûr ». Tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs, ʿIkrima, az-Zuhrî et Ibn ʿUyayna. On avait dit à Noé : « Lorsque tu verras l’eau recouvrir la surface de la terre, embarque, toi et ceux qui sont avec toi. »
- C’est le four à pain dans lequel on cuit. Il s’agissait d’un four de pierre, ayant appartenu à Ḥawwâ’ avant de parvenir à Noé. On lui dit : « Lorsque tu verras l’eau jaillir de ce four, embarque, toi et tes compagnons. » Allah fit jaillir l’eau de ce four ; son épouse l’ayant constaté, s’écria : « Ô Noé, l’eau jaillit du tannûr ! » Il répondit : « La promesse de mon Seigneur est venue en vérité. » Tel est l’avis d’al-Ḥasan, et le rapport de Mujâhid et ʿAṭiyya d’après Ibn ʿAbbâs.
- Il