Ils répondirent : « Allah et Son Messager sont plus savants. »
Il dit alors : « Voici Kaʿb, fils de Ḥām, fils de Noé. » Puis il frappa le tertre de sa canne en disant : « Lève-toi, par la permission d’Allah ! » Et voilà qu’un homme se tint debout, secouant la poussière de sa tête ; sa chevelure avait blanchi.
ʿĪsâ (que la paix soit sur lui) lui dit : « Est-ce ainsi que tu es mort ? »
Il répondit : « Non, je suis mort alors que j’étais jeune, mais j’ai cru que l’Heure était arrivée ; c’est pour cela que mes cheveux ont blanchi. »
ʿĪsâ ajouta : « Informe-nous au sujet de l’arche de Noé. »
Il répondit : « Sa longueur était de mille deux cents coudées, sa largeur de six cents coudées. Elle comportait trois étages : un étage pour les bêtes domestiques et les fauves, un étage pour les hommes, et un étage pour les oiseaux. » Il rapporta le reste du récit, lequel sera mentionné plus loin, si Allah — Très-Haut — le veut.
Al-Kalbî, cité par an-Naqqâch, dit : « L’eau y pénétra jusqu’à quatre coudées. Elle avait trois portes : une porte pour les fauves et les oiseaux, une porte pour les animaux sauvages, et une porte pour les hommes et les femmes. »
Ibn ʿAbbâs la décrivit comme ayant trois « ventres » : le ventre inférieur pour les fauves, les bêtes sauvages et les montures ; le ventre médian pour les vivres, nourriture et boisson ; et lui-même monta dans le ventre supérieur, emportant avec lui le corps d’Âdam — sur lui la paix — disposé entre les hommes et les femmes, avant de l’ensevelir ensuite à Bayt al-Maqdis. Iblîs se trouvait avec eux dans le kawthal (la poupe).
On rapporte encore que le serpent et le scorpion vinrent pour entrer dans l’arche. Noé (que la paix soit sur lui) leur dit : « Je ne vous embarquerai pas, car vous êtes cause de nuisance et d’épreuve. » Ils répondirent : « Embarque-nous, et nous te garantissons de ne point nuire à quiconque t’évoquera. Quiconque, redoutant notre atteinte, récitera : “Salâmun ʿalâ Nûḥin fîl-ʿâlamîn” [Sourate 37, v. 79] ne subira aucun dommage de notre part. » Ce propos est rapporté par al-Qushayrî et d’autres.
Le hâfiẓ Ibn ʿAsâkir rapporte, dans son Târîkh, un hadith marfûʿ d’après Abû Umâmah ; le Messager d’Allah — prières d’Allah et salut sur lui — a dit : « Quiconque, au moment du crépuscule, dit : “Qu’Allah prie sur Noé et que sur Noé soit la paix”, ne sera pas piqué par un scorpion cette nuit-là. »
Parole d’Allah — Très-Haut — :
« Et chaque fois (wa kullamâ) qu’un groupe de notables de son peuple passait près de lui, ils se moquaient de lui. »
Al-Akhfash et al-Kisâ’î disent : on peut dire « sakhirtu bihi » ou « sakhirtu minhu » (je me suis moqué de lui).
Concernant leur dérision, deux opinions sont rapportées :
- Ils le voyaient construire son arche sur la terre ferme ; ils se moquaient alors de lui, se gaussant et disant : « Ô Noé ! Après la prophétie, te voilà devenu charpentier ! »
- Lorsqu’ils le virent édifier l’arche et qu’ils n’avaient jamais vu auparavant de navire construit, ils dirent : « Ô Noé… »