Et c’est là une torsion particulièrement ferme ; on appelle également le faucon « ajdal » en raison de sa vigueur parmi les oiseaux. Ce sens a déjà été exposé, de façon plus développée, dans la sourate « Al-Anʿâm ». Ibn ʿAbbâs a récité : « fa-aktharta jadal anâ » (tu as donc multiplié notre controverse), ainsi que le rapporte an-Naḥḥâs.
Le débat (al-jadal) lorsqu’il concerne la religion est louable ; c’est pourquoi Noé et les autres prophètes débattaient avec leur peuple jusqu’à ce que la vérité se manifeste : celui qui l’accepte réussit et prospère, tandis que celui qui la rejette est déçu et perdant. Quant au débat qui ne vise pas la vérité, qui cherche à faire apparaître le faux sous les atours de la vérité, il est blâmable, et son auteur sera réprouvé dans ce monde et dans l’autre.
« Fais donc venir ce que tu nous promets » : c’est-à-dire le châtiment. « Si tu es du nombre des véridiques » dans tes propos.
Parole du Très-Haut :
« Il répondit : “Seul Allah vous l’apportera, s’Il le veut.” » Autrement dit : s’Il veut votre destruction, Il vous châtiera. « Et vous ne Saurez pas Nous réduire à l’impuissance » : c’est-à-dire vous ne Nous échapperez pas. Certains ont dit : vous ne serez pas victorieux malgré votre grand nombre, car ils s’en enorgueillissaient ; ils avaient en effet peuplé la terre, plaines et montagnes, comme cela sera expliqué.
Parole du Très-Haut :
« Et mon exhortation ne vous servira de rien » : c’est-à-dire la transmission de mon message et mes efforts pour que vous croyiez. « Si je désire vous conseiller » : car vous n’acceptez aucun conseil. Le sens linguistique de nuṣḥ a déjà été traité dans la sourate « Barāʾa ».
« Si Allah veut vous égarer » : c’est-à-dire vous induire en erreur. Ce verset réfute la doctrine des Muʿtazilites, des Qadarites et de leurs partisans, qui prétendent qu’Allah Très-haut ne veut pas que le pécheur désobéisse, que le mécréant mécroie ou que l’égaré s’égare, et qu’Il ne veut pas leur action. Allah réplique à leur prétention par Sa parole : « Si Allah veut vous égarer ». Cette signification a déjà été exposée dans la sourate « Al-Fātiḥa » et ailleurs. Ils contredisent ainsi leur propre maître, l’infâme Iblîs, comme nous l’avons montré dans la sourate « Al-Aʿrāf » au sujet de l’égarement qu’Allah lui a infligé lorsqu’il dit : « Parce que Tu m’as égaré » (Al-Aʿrāf, 16). Ils ne sauraient échapper non plus à la parole de Noé – paix sur lui : « Si Allah veut vous égarer », attribuant l’égarement à Allah, exalté soit-Il, car c’est Lui le Guide et Celui qui égare. Gloire à Lui, bien au-dessus de ce que disent les négateurs et les injustes.
On a également dit que « vous égarer » signifie « vous faire périr », car l’égarement conduit à la perte. At-Tabarî explique : « vous égarer », c’est-à-dire vous faire périr par Son châtiment. On rapporte de la tribu de Ṭayyʾ : « Untel est devenu gāwiyyan », c’est-à-dire malade, et « aghwaituhu » signifie : « je l’ai fait périr » ; on retrouve la même racine dans le verset : « Ils rencontreront bientôt une déviation (ghayyan) » (Maryam, 59).
« Il est votre Seigneur » ; à Lui reviennent l’égarement comme la guidance. « Et c’est vers Lui que vous retournerez » : menace et avertissement.