Par cette parole, il vise à leur opposer un argument décisif. Al-Kisâ’î et Al-Farrâ’ rapportent la lecture : « anulzimkumûhâ » – avec la première mîm muette pour en alléger la prononciation ; Sîbawayh a permis une telle forme, et il cite en appui le vers suivant :
« Aujourd’hui je bois sans encourir de faute auprès d’Allah, ni l’intrusion d’aucun convive indésirable. »
An-Naḥḥâs ajoute : selon Yûnus (en dehors de la récitation coranique) on peut dire « anulzimkumuhâ », le pronom caché jouant alors le rôle d’un nom explicite, comme dans : « anulzimukum dhâlika (Allons-nous vous imposer cela ?) ».
– « Et alors que vous la répugnez » : c’est-à-dire qu’il n’est pas valable que vous l’acceptiez en la détestant.
Qatâdah a dit : « Par Allah ! Si le Prophète d’Allah Noé – sur lui la paix – avait eu la possibilité de la leur imposer, il l’aurait fait ; mais il n’en avait pas le pouvoir. »
– « Ô mon peuple, je ne vous demande pour cela (c’est-à-dire pour la transmission, l’appel vers Allah et la foi en Lui) aucun salaire, à savoir aucune richesse qui vous pèserait. Ma rétribution n’incombe qu’à Allah. »
– « Et je ne repousserai pas ceux qui ont cru. » Ses adversaires lui demandèrent d’écarter les « petites gens » qui avaient embrassé la foi, tout comme les Quraychites réclamèrent du Prophète – paix et bénédictions sur lui – qu’il chasse les esclaves et les pauvres, comme cela a été expliqué dans la sourate Al-An‘âm. Il leur répondit :
« Je ne repousserai jamais ceux qui ont cru, car ils rencontreront leur Seigneur. » Il se peut qu’il ait dit cela pour les élever en rappelant leur rencontre avec Allah, ou bien sur le mode du litige : « Si je les chassais, ils plaideraient contre moi devant Allah ; Il les récompenserait pour leur foi et châtierait celui qui les aurait exclus. »
– « Mais je vous vois, ô mon peuple, être un peuple ignorant » : ignorants parce que vous les méprisez et réclamez leur expulsion.
Parole du Très-Haut : « Ô mon peuple, qui me protégera d’Allah » – Al-Farrâ’ dit : c’est-à-dire : qui m’écartera de Son châtiment – « si je les repousse en raison de leur foi ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? » Dans la lecture, le tâ de tadhakkarûna a été assimilé à la dhâl ; on peut également la maintenir et dire : tadhakkarûn.
Parole du Très-Haut : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Invisible. » Il fait ainsi preuve d’humilité et de modestie envers Allah, exalté soit-Il, et affirme qu’il ne prétend pas posséder ce qui n’est pas en son pouvoir parmi les trésors d’Allah, c’est-à-dire Ses bienfaits qu’Il accorde à qui Il veut.