Sourate Hûd (11) – Versets 28 à 31
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Il dit : « Ô mon peuple ! Que dites-vous si je me trouve en possession d’une preuve évidente de la part de mon Seigneur, et qu’Il m’a accordé, de Sa grâce, une miséricorde qui vous a cependant été voilée ? Devrai-je vous y contraindre alors que vous y répugnez ? »
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« Ô mon peuple ! Je ne vous demande aucune richesse en contrepartie ; ma rétribution n’incombe qu’à Allah. Et je ne suis pas celui qui repoussera ceux qui ont cru : ils rencontreront assurément leur Seigneur. Mais je vous vois, vous, un peuple qui ne savez pas. »
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« Ô mon peuple ! Qui me mettra à l’abri d’Allah, si je les repousse ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? »
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« Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’invisible ; je ne dis pas non plus que je suis un ange. Je ne dirai pas, à ceux que vos regards méprisent, qu’Allah ne leur accordera aucun bien ; Allah sait mieux ce qu’il y a dans leurs âmes. Si je disais cela, je serais alors, certes, du nombre des injustes. »
Commentaire
L’Exalté dit :
« Il dit : Ô mon peuple ! Que dites-vous si je me trouve en possession d’une preuve évidente de la part de mon Seigneur… » c’est-à-dire : sur une certitude, expliqua Abû ‘Imrân al-Jawni. D’autres dirent : sur un miracle, comme cela a déjà été mentionné dans la sourate « Al-An‘âm ».
« … et qu’Il m’a accordé, de Sa grâce, une miséricorde » : c’est-à-dire la prophétie et la mission, selon Ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée –, laquelle constitue une miséricorde pour les créatures. D’autres dirent : la guidée vers Allah au moyen des preuves manifestes ; d’autres encore : la foi et l’Islam.
« … qui vous a cependant été voilée » : c’est-à-dire que le message et la guidée vous ont été masqués de sorte que vous ne les avez pas compris. On dit en arabe : « ‘amītu ‘an kadha » (j’ai été aveugle à telle chose) et « ‘amiya ‘alayya kadha » (cette chose m’est demeurée obscure), c’est-à-dire : je ne l’ai pas comprise.
Le sens est donc : la miséricorde vous est demeurée cachée. On a dit qu’il s’agit là d’une tournure inversée, car la miséricorde, en soi, ne peut être aveugle ; c’est plutôt l’homme qui en est aveugle. C’est semblable à l’expression : « J’ai fait entrer dans la calotte ma tête » ou « La chaussure est entrée dans mon pied ».
Al-A‘mash, Hamza et Al-Kisâ’î ont récité « fa-‘ummiyat » en fermant le ‘ayn et en redoublant le mîm, à la forme impersonnelle, c’est-à-dire : « Allah vous l’a fait méconnaître ». De même, la récitation d’Ubayy rapporte « fa-‘ammâhâ », comme l’a mentionné Al-Mâwardî.
« Allons-nous vous y contraindre… » : certains dirent qu’il s’agit du témoignage qu’« il n’y a de divinité qu’Allah ». D’autres dirent que le pronom renvoie à la miséricorde ; d’autres encore : à la preuve évidente. Autrement dit : allons-nous vous obliger à l’accepter et à la prendre en charge ? C’est une interrogation à valeur de négation : il ne m’est pas possible de vous y contraindre. Le but de Nûh – que la paix soit sur lui – était seulement