Thaʿlab rapporte d’après Ibn al-Aʿrābī : « Les basses gens (as-safilah) sont ceux qui se nourrissent de ce bas-monde au moyen de leur religion. »
On lui demanda : « Et qui sont les plus vils des basses gens ? » Il répondit : « Celui qui arrange la vie mondaine d’autrui en corrompant sa propre religion. »
On interrogea ʿAlî – qu’Allah l’agrée – au sujet des basses gens ; il dit : « Ce sont ceux qui, lorsqu’ils se réunissent, l’emportent, et lorsqu’ils se dispersent, on ne les distingue plus. »
On dit à Mâlik b. Anas – qu’Allah l’agrée : « Qui sont les basses gens ? » Il répondit : « Celui qui injurie les Compagnons. »
Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah les agrée tous deux : « Les plus vils sont les tisserands et les cuppesseurs (pratiquant la saignée). »
Yahyâ b. Aktham dit : « Le corroyeur et le balayeur, lorsqu’ils ne sont pas arabes. »
Quatrième point : si la femme dit à son mari : « Ô vil ! » et que celui-ci répond : « Si je fais partie des vils, tu es répudiée », an-Naqqâsh rapporte qu’un homme vint trouver at-Tirmidhî et dit : « Ma femme m’a traité de vil, et j’ai répondu : “Si je suis vil, tu es répudiée.” » At-Tirmidhî lui demanda : « Quel est ton métier ? » – « Poissonnier », répondit-il. At-Tirmidhî déclara : « Par Allah, tu es bel et bien de la vile engeance, tu es de la vile engeance ! »
Je (l’auteur) dis : D’après ce qu’Ibn al-Mubârak a rapporté de Sufyân, pareille déclaration n’entraîne pas le divorce ; il en est de même selon l’avis de Mâlik, et, selon Ibn al-Aʿrâbî, rien ne lui incombe.
Parole du Très-Haut : « bādiy ar-raʾy » (au premier abord). C’est-à-dire ‘selon l’opinion apparente’, tandis que leur for intérieur contredit cela. On dit : bada yabdû lorsqu’une chose apparaît, comme dans le vers :
« Aujourd’hui, lorsqu’elles se montrèrent aux regards des observateurs… »
On appelle la steppe ‘bâdiyah’ parce qu’elle est à découvert. L’expression ‘bada-lî’ signifie : ‘il m’est apparu une opinion différente de la première.’
Al-Azhari dit : « Son sens est : selon ce qui nous apparaît comme opinion. » Il se peut aussi que « bādiy ar-raʾy » vienne du verbe badāʾa, la hamza ayant été omise.
Abû ʿAmr maintient la hamza et lit : « bādiʾ ar-raʾy », c’est-à-dire ‘au début de l’avis’ : ils t’ont suivi dès qu’ils ont commencé à réfléchir ; s’ils avaient approfondi l’examen et la réflexion, ils ne t’auraient pas suivi. Le sens ne change pas ici, qu’on prononce ou non la hamza. L’expression est au cas accusatif pour ellipse de la préposition fî, comme dans la parole du Très-Haut : « Mûsâ choisit son peuple… » [al-Aʿrâf, 155].
« Nous ne voyons pour vous aucun mérite sur nous » : c’est-à-dire dans le fait de le suivre ; il s’agit là de leur négation de sa prophétie, sur lui la prière et la paix.
« Au contraire, nous vous tenons pour menteurs » : l’adresse s’adresse à Noé et à ceux qui ont cru avec lui.