C’est-à-dire : un être humain.
« Comme nous » est mis à l’accusatif en fonction de circonstance. Le mot « mithlanā », bien qu’annexé à un nom défini, reste indéfini ; on y sous-entend donc la tanwîn, comme l’a dit le poète :
« Ô combien, parmi les femmes, il est de semblables à toi, naïves ! »
Deuxième point
Parole du Très-Haut :
« Et nous ne voyons que les plus vils d’entre nous te suivre. »
Le terme « arādhil » est le pluriel de « ardhal », lui-même pluriel de « radhil », de même que « kalb / aklub / akālib ». Certains ont dit qu’« arādhil » est le pluriel de « al-ardhal », tout comme « asāwid » est le pluriel de « al-aswad » pour désigner les serpents noirs. Le mot « radhil » signifie « ignoble ». Ils voulaient dire : « Ceux qui te suivent sont nos gens les plus méprisables, nos rebuts, notre bas-fonds. »
Al-Zajjāj explique : ils les ont rabaissés en les affiliant au métier de tisserand, sans comprendre que les métiers n’ont aucune incidence sur la religion.
Al-Naḥḥās ajoute : « Arādhil » désigne les pauvres, ceux qui ne jouissent d’aucun prestige, et les artisans considérés comme peu honorables. Dans le ḥadith, il est dit qu’ils étaient tisserands et barbiers-saigneurs. C’était de leur part une ignorance, car ils blâmèrent le Prophète de Dieu – que la prière et le salut de Dieu soient sur lui – pour quelque chose qui n’est nullement un défaut ; les prophètes, en effet, n’ont pour mission que d’apporter preuves et signes, non de modifier les apparences et les statuts sociaux. Ils sont envoyés à l’ensemble des gens ; si l’humble parmi eux embrasse l’Islam, cela ne leur enlève rien, car il leur incombe d’agréer l’Islam de quiconque se soumet.
Je dis : ici, « les plus vils » sont les pauvres et les faibles, comme Héraclius le demanda à Abû Sufyân : « Les nobles des gens le suivent-ils, ou les faibles ? – Les faibles, répondit-il. – Ce sont eux les adeptes des Messagers », conclut Héraclius.
Nos savants ont dit : cela vient de ce que l’autorité et la préséance dominent les notables ; il leur est difficile de s’en détacher et ils répugnent à se soumettre à autrui, tandis que le pauvre est exempt de ces entraves : il répond et se soumet promptement. Telle est, dans la plupart des cas, la condition des gens d’ici-bas.
Troisième point
Les savants ont divergé sur la détermination du terme « safilah » (la lie du peuple). Ibn al-Mubârak rapporte de Sufyân que « safilah » désigne ceux qui pratiquent le taqlīs – c’est-à-dire ceux qui vont accueillir les gouverneurs par toutes sortes de divertissements – et qui fréquentent les portes des juges et des sultans pour solliciter des attestations.