Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils ne sont pas capables, ici-bas, d’entendre d’une manière qui puisse leur être profitable, ni de voir avec la clairvoyance d’un bien-guidé.

Al-Farrâ’ a dit : « Ils n’étaient pas en mesure d’entendre, parce qu’Allah avait décrété leur égarement dans la Table Gardée. »

Az-Zajjâj a déclaré : « En raison de la haine qu’ils nourrissent à l’égard du Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et de leur hostilité envers lui, ils ne peuvent ni l’écouter ni comprendre ce qu’il leur dit. »

An-Naḥḥâs ajoute : « Cela est usité dans la langue arabe ; on dit : “Un tel ne peut même pas regarder un tel” lorsque la chose lui est trop pénible. »

[Sourate Hûd (11), versets 21-22]

« Ceux-là sont ceux qui ont causé leur propre perte, et ce qu’ils forgeaient s’est évanoui loin d’eux. (21)

Nul doute qu’ils seront, dans l’Au-delà, les plus grands perdants. » (22)

Parole d’Allah, exalté soit-Il :

« Ceux-là sont ceux qui ont causé leur propre perte » : il s’agit d’un sujet suivi de son prédicat.

« Et ce qu’ils inventaient s’est éloigné d’eux » : leurs mensonges se sont alors dissipés et anéantis.

Quant à l’expression « lā jarama » (« nul doute »), les savants en ont donné plusieurs explications :

– Al-Khalîl et Sîbawayh disent qu’elle signifie « certes, assurément » ; pour eux, « lā » et « jarama » constituent un seul mot, et « anna » est, à leurs yeux, en position de sujet. Cet avis est aussi celui d’al-Farrâ’ et de Muḥammad ibn Yazîd, comme le rapporte an-Naḥḥâs.

– Al-Mahdawî rapporte encore d’al-Khalîl que son sens est : « à jamais, inéluctablement », opinion également retenue par al-Farrâ’, d’après aṯ-Ṯaʿlabî.

– Az-Zajjâj explique que « lā » est ici une négation réfutant leur prétention selon laquelle les idoles leur seraient utiles ; le sens serait donc : « cela ne leur sera d’aucun profit ». Quant à « jarama », il signifie « acquérir » : cette action leur a acquis la perdition. Le sujet du verbe « acquérir » est implicite, et « anna » est mis à l’accusatif par « jarama », comme dans l’exemple : « Ton indélicatesse a valu à Zayd sa colère contre toi. »

Le poète a dit :
« Nous avons dressé sa tête dans le tronc d’un palmier…
pour ce que ses deux mains avaient acquis, sans que nous ayons transgressé. »
Autrement dit : pour ce qu’elles avaient commis.

– Al-Kisâ’î affirme que « lā jarama » signifie : « point de rétractation ni d’empêchement à l’égard du fait qu’ils… »

– D’autres enfin expliquent que le sens est : « qu’aucun tranchant ne tranche ». Le sujet a été omis en raison de la fréquence de l’expression. Le mot « jarم » désigne la coupure : on dit « jarama le palmier » ou « ijtaramahu », c’est-à-dire qu’il l’a coupé, d’où l’adjectif « jārim ». On dit encore « qawmun jarim » ou « jurrām », « voici le temps du jarām ou du jirām ». De même : « jaramtu ṣûfa ash-shâti » – je lui ai tondu la laine –, ou encore : « jaramtu minhu » – j’en ai prélevé –, tout comme on dit : « jalamtu ash-shay’a jalmًا », c’est-à-dire que je l’ai coupé.

يَسْتَطِيعُونَ فِي الدُّنْيَا أَنْ يَسْمَعُوا سَمْعًا يَنْتَفِعُونَ بِهِ، وَلَا أَنْ يُبْصِرُوا إِبْصَارَ مُهْتَدٍ. قَالَ الْفَرَّاءُ: مَا كَانُوا يَسْتَطِيعُونَ السَّمْعَ، لِأَنَّ اللَّهَ أَضَلَّهُمْ فِي اللَّوْحِ الْمَحْفُوظِ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: لِبُغْضِهِمُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعَدَاوَتِهِمْ لَهُ لَا يَسْتَطِيعُونَ أَنْ يَسْمَعُوا مِنْهُ وَلَا يَفْقَهُوا «١» عَنْهُ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا مَعْرُوفٌ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ، يُقَالُ: فُلَانٌ لَا يَسْتَطِيعُ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى فُلَانٍ إِذَا كَانَ ذَلِكَ ثَقِيلًا عَلَيْهِ. [سورة هود (١١) : الآيات ٢١ الى ٢٢] أُولئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوا أَنْفُسَهُمْ وَضَلَّ عَنْهُمْ مَا كانُوا يَفْتَرُونَ (٢١) لا جَرَمَ أَنَّهُمْ فِي الْآخِرَةِ هُمُ الْأَخْسَرُونَ (٢٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أُولئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوا أَنْفُسَهُمْ) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرٌ. (وَضَلَّ عَنْهُمْ مَا كانُوا يَفْتَرُونَ) أَيْ ضَاعَ عَنْهُمُ افْتِرَاؤُهُمْ وَتَلِفَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَا جَرَمَ) لِلْعُلَمَاءِ فِيهَا أَقْوَالٌ، فَقَالَ الْخَلِيلُ وَسِيبَوَيْهِ: " لَا جَرَمَ" بِمَعْنَى حَقٍّ، فَ " لَا" وَ " جَرَمَ" عِنْدَهُمَا كَلِمَةٌ وَاحِدَةٌ، وَ " أَنَّ" عِنْدَهُمَا فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ، وَهَذَا قَوْلُ الْفَرَّاءِ وَمُحَمَّدِ بْنِ يَزِيدَ، حَكَاهُ النَّحَّاسُ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَعَنِ الخليل أيضا أن معناها لأبد وَلَا مَحَالَةَ، وَهُوَ قَوْلُ الْفَرَّاءِ أَيْضًا، ذَكَرَهُ الثعلبي. وقال الزجاج: " لا" ها هنا نَفْيٌ وَهُوَ رَدٌّ لِقَوْلِهِمْ: إِنَّ الْأَصْنَامَ تَنْفَعُهُمْ، كَأَنَّ الْمَعْنَى لَا يَنْفَعُهُمْ ذَلِكَ، وَجَرَمَ بِمَعْنَى كَسَبَ، أَيْ كَسَبَ ذَلِكَ الْفِعْلُ لَهُمُ الْخُسْرَانَ، وفاعل كسب مضمر، و " أن" منصوبة بجرم، كَمَا تَقُولُ كَسَبَ جَفَاؤُكَ زَيْدًا غَضَبَهُ عَلَيْكَ، وَقَالَ الشَّاعِرُ: نَصَبْنَا رَأْسَهُ فِي جِذْعِ نَخْلٍ «٢» ... بِمَا جَرَمَتْ يَدَاهُ وَمَا اعْتَدَيْنَا أَيْ بِمَا كَسَبَتْ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: مَعْنَى " لَا جَرَمَ" لَا صَدَّ وَلَا مَنْعَ عَنْ أَنَّهُمْ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لَا قَطَعَ قَاطِعٌ، فَحُذِفَ الْفَاعِلُ حِينَ كَثُرَ اسْتِعْمَالُهُ، وَالْجَرْمُ الْقَطْعُ، وَقَدْ جَرَمَ النَّخْلَ وَاجْتَرَمَهُ أي صرمه فهو جارم، وقوم وجرم وَجُرَّامٌ وَهَذَا زَمَنُ الْجَرَامِ وَالْجِرَامِ، وَجَرَمْتُ صُوفَ الشَّاةِ أَيْ جَزَزْتُهُ، وَقَدْ جَرَمْتُ مِنْهُ أَيْ أَخَذْتُ مِنْهُ، مِثْلُ جَلَمْتُ الشَّيْءَ جَلْمًا أَيْ قطعت،
(١). في ع: يفهموا. (٢). في ع وووى: في رأس جذع.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies