Parole du Très-Haut :
« Ceux qui détournent [les gens] du chemin d’Allah »
Le terme « alladhîn » peut être analysé, au plan grammatical, comme complément au génitif, épithète de « les injustes », ou comme sujet au nominatif ; on entend alors : « ce sont eux, précisément, qui… ».
On a aussi avancé qu’il s’agit d’un nouveau propos divin : ce sont ceux qui se détournent – eux-mêmes et les autres – de la foi et de l’obéissance.
« Et ils cherchent à le rendre tortueux »
C’est-à-dire qu’ils détournent les gens de ce chemin pour les entraîner vers la désobéissance et le polythéisme.
« Quant à l’Au-delà, eux, ils n’y croient point »
Le pronom « hum » est répété par insistance.
[Sourate Hûd (11), verset 20]
« Ceux-là ne sauraient réduire Allah à l’impuissance sur terre ; ils n’avaient, en dehors d’Allah, aucun allié ; le châtiment leur sera doublé ; ils n’étaient pas capables d’entendre et ils ne voyaient pas. »
Explication des mots divins :
« Ceux-là ne sauraient réduire Allah à l’impuissance sur terre »
c’est-à-dire qu’ils ne pourront échapper au châtiment d’Allah.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Ils n’auraient pas pu Me mettre en échec si J’ordonnais à la terre de s’ouvrir sous eux. »
« Et ils n’avaient, en dehors d’Allah, nul allié »
c’est-à-dire aucun secoureur ; la particule « min » est ici pléonastique.
D’aucuns ont compris « mâ » dans le sens relatif ; ainsi : « Ceux-là ne sauraient échapper – ni eux ni ceux qu’ils prenaient pour alliés en dehors d’Allah » ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée, lui et son père.
« Le châtiment leur sera doublé »
selon la mesure de leur mécréance et de leurs désobéissances.
« Du fait qu’ils étaient capables d’entendre »
La particule « mâ » est, ici, à l’accusatif ; le sens est : « à cause de ce qu’ils étaient capables d’entendre ».
« Et qu’ils voyaient »
mais ils n’ont pas mis ces facultés au service de l’écoute et de la vision de la Vérité.
Les Arabes disent : « Je l’ai rétribué pour ce qu’il a fait » et aussi « par ce qu’il a fait », omettant ou rétablissant la préposition « bi ». Sîbawayh cite ce vers :
« Je t’ai ordonné le bien ; accomplis ce qui t’a été ordonné,
je t’ai laissé nanti de biens et de richesses. »
Il est également permis que « mâ » soit un complément circonstanciel de temps ; le sens serait alors : le châtiment leur sera doublé pour l’éternité, c’est-à-dire durant tout le temps où ils demeureront capables d’entendre et de voir ; Allah, exalté soit-Il, les maintiendra en Enfer doués de ces facultés sans fin.
Il est enfin possible que « mâ » soit négative et sans incidence grammaticale, la phrase précédente étant déjà achevée ; on pourrait donc s’arrêter au mot « châtiment », le sens étant : « Jamais ils ne… »