[Sourate Hûd (11), verset 17]
« Celui donc qui s’appuie sur une preuve éclatante venant de son Seigneur, qu’accompagne un témoin issu de Lui, et dont le Livre de Moïse, guide et miséricorde, a précédé l’annonce : ceux-là croient en lui. Quant à ceux des factions qui le renient, le Feu sera leur rendez-vous. Ne sois donc pas dans le doute à son sujet : il est bien la Vérité émanant de ton Seigneur, mais la plupart des gens ne croient pas. » (17)
Parole du Très-Haut :
« Celui qui se tient sur une preuve évidente de la part de son Seigneur… »
C’est un début de phrase dont le prédicat est sous-entendu. Autrement dit : « Celui qui possède, de la part de son Seigneur, une preuve concernant le suivi du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et qui jouit d’un avantage faisant clairement apparaître la vérité, ressemble-t-il à celui qui ne recherche que la vie présente et son ornement ? » – tel est le commentaire transmis d’‘Alî b. al-Husayn et d’al-Hasan b. Abî al-Hasan.
Ibn Zayd a dit de même : « Celui qui est sur une évidence » désigne celui qui suit le Prophète Muḥammad — paix et bénédictions d’Allah sur lui.
« … et qu’un témoin venant de Lui le suit » : c’est-à-dire venant d’Allah, et il s’agit du Prophète — paix et salut sur lui.
D’autres ont dit que le propos « Celui qui se tient sur une preuve évidente de la part de son Seigneur » vise le Prophète — paix et salut sur lui —, et que le discours renvoie à Sa parole : « et ton cœur se sent à l’étroit à son sujet » (Hûd, 12). En d’autres termes : Celui à qui Allah a accordé une démonstration, un miracle tel que le Coran, qu’accompagne un témoin comme Jibrîl — ainsi qu’il sera expliqué —, et dont les Écritures antérieures ont annoncé la venue, aurait-il la poitrine oppressée à l’idée de transmettre alors qu’il sait qu’Allah ne l’abandonnera pas ? Le pronom « son Seigneur » lui revient, de même que dans « et qu’un témoin venant de Lui le suit ».
‘Ikrima rapporte d’Ibn ‘Abbâs que ce témoin est Jibrîl ; telle est aussi l’opinion de Mujâhid et de l’Imâm al-Nakha‘î. Le pronom de « min-hu » renvoie à Allah — le Très-Glorieux —, c’est-à-dire : « Un témoin venant d’Allah récite la preuve et l’argument. »
Mujâhid a dit : le témoin est un ange d’Allah — exalté soit-Il — qui le protège et le dirige.
Al-Ḥasan al-Baṣrî et Qatâda ont déclaré : le témoin est la langue du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue.
Muḥammad b. ‘Alî b. al-Ḥanafiyya raconte : « J’ai demandé à mon père : “Es-tu ce témoin ?” Il répondit : “J’aurais aimé l’être, mais il s’agit de la langue du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui.” »
D’aucuns ont dit qu’il s’agit de ‘Alî b. Abî Ṭâlib ; il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs qu’il a affirmé : « C’est ‘Alî b. Abî Ṭâlib. » On relate également de ‘Alî qu’il déclara : « Il n’est pas un homme de Quraych sans qu’un ou deux versets aient été révélés à son sujet. » On lui demanda alors : « Et qu’est-ce qui a été révélé à ton sujet ? » Il répondit : « … et qu’un témoin venant de Lui le suit. »
On a encore dit : le témoin est l’apparence même du Messager d’Allah — paix et salut sur lui —, son visage et ses traits, car quiconque possède mérite et raison et qui contemple