Parole du Très-Haut :
« Peut-être vas-tu abandonner une partie de ce qui t’est révélé … »
C’est-à-dire : se pourrait-il qu’en raison de l’énormité de la mécréance et du démenti que tu constates de leur part, tu t’imagines qu’ils réussiront à te détourner de ce sur quoi tu te trouves ?
On a également dit : lorsqu’ils déclarèrent : « Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui un trésor ou bien n’est-il pas venu accompagné d’un ange ? », le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – songea à cesser d’injurier leurs divinités ; alors ce verset fut révélé. L’énoncé prend ici la forme interrogative : vas-tu donc délaisser ce qui comporte l’injure de leurs idoles, comme ils te l’ont réclamé ? L’ordre de transmettre (le message) t’est ainsi d’autant plus confirmé, à l’instar de Sa parole : « Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur » (al-Mâʾidah, 67).
D’autres ont dit : le sens du verset est le refus, exprimé par éloignement ; à savoir : il n’en sera rien de ta part, bien au contraire tu leur communiqueras intégralement tout ce qui t’a été révélé. En effet, les polythéistes de La Mecque avaient dit au Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – : « Si tu venais à nous avec un Livre où ne figure pas l’injure de nos divinités, nous te suivrions. » Il pensa alors à s’abstenir de les injurier, et le verset fut révélé.
Parole du Très-Haut :
« … et que ta poitrine se resserre à son sujet… »
La conjonction coordonne « que ta poitrine se resserre » à « vas-tu abandonner ». « Ta poitrine » est sujet de « se resserre » et le pronom « –lui » dans « à son sujet » renvoie soit à « ce qui », soit à « une partie », soit à la transmission, soit encore au démenti. Il a dit « ضائق » (se resserrant) et non « ضَيِّق » (étroite) afin de correspondre à « تارك » (abandonnant) qui précède, et parce que le resserrement est passager, tandis que l’étroitesse est plus permanente.
« … de crainte qu’ils ne disent… » : « an » est à l’accusatif, signifiant : par aversion à ce qu’ils disent, ou bien afin qu’ils ne disent pas, comme dans : « Allâh vous expose [la loi] afin que vous ne vous égariez pas » (an-Nisâʾ, 176) ; ou encore : de peur qu’ils ne disent.
« Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui un trésor, ou bien n’est-il pas venu accompagné d’un ange ? » qui l’attesterait ; telle fut la parole de ʿAbdullâh ibn Abî Umayyah al-Makhzûmî.
Allâh – exalté soit-Il – dit alors : ô Muhammad,
« Tu n’es qu’un avertisseur » : il ne t’incombe que de les avertir, non pas de leur apporter les signes qu’ils exigent.
« Et Allâh est Tuteur de toute chose » : c’est-à-dire, Gardien et Témoin.
Parole du Très-Haut :
« Ou bien disent-ils : “Il l’a forgé” ? »
Le « am » a ici le sens de « bal » (mais, plutôt), comme cela a été expliqué dans Yûnus : tu as déjà levé leur prétexte et dissipé leur doute touchant ta prophétie par ce Coran, et tu les as confondus grâce à lui. S’ils disent donc : « Il l’a forgé » – c’est-à-dire inventé – qu’ils produisent donc quelque chose de semblable, tout aussi forgé selon leur prétention,
« et qu’ils appellent qui ils pourront en dehors d’Allâh » : c’est-à-dire les devins et les auxiliaires.
Parole du Très-Haut :
« Si alors ils ne vous répondent pas, sachez que cela a été révélé par la science d’Allâh, et qu’il n’est point de divinité digne d’adoration sauf Lui ; vous soumettrez-vous donc ? »