Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abû Umayya al-Makhzûmî.

« Une miséricorde » : c’est-à-dire un bienfait.

« Puis Nous la lui arrachons » : autrement dit, Nous la lui retirons.

« Il est certes plein de désespoir » : il cesse d’espérer la miséricorde.

« Ingrat » : il renie les bienfaits ; ainsi l’explique Ibn al-Aʿrâbî.

An-Naḥḥâs commente : le terme « la-yaʾûs » vient du verbe yaʾisa-yaʾyasu. Sîbawayh rapporte également la forme yaʾisa-yaʾyisu sur le modèle faʿila-yafʿilu, comme ḥasiba-yaḥsibu, naʿima-yanʿamu, yaʾisa-yîyasu. Certains disent encore yaʾisa-yaʾyisu. Dans la langue arabe, on ne connaît, parmi les verbes réguliers, que ces quatre racines à suivre ce schème ; l’une d’elles, yaʾisa, présente une divergence. Le nom « yaʾûs » est une forme intensive, semblable à « faḫûr », employée pour l’emphase.

Parole du Très-Haut :

« Et si Nous lui faisons goûter un bien-être » : à savoir la santé, l’aisance, l’abondance de subsistance ;

« après qu’un malheur l’a touché » : c’est-à-dire la détresse, la pauvreté et la dureté ;

« il dira certes : “Les maux se sont éloignés de moi.” » Autrement dit, les épreuves – détresse et pauvreté – qui l’affligeaient.

« Il est vraiment joyeux, plein d’orgueil » : il se réjouit, se vante de l’aisance qu’il obtient et néglige de remercier Allah. On dit : un homme fâkhir lorsqu’il se glorifie ; faḫûr sert à l’hyperbole.

Yaʿqûb le lecteur rapporte que certains habitants de Médine récitent « la-faruḥun » en fermant la voyelle du râʾ, comme on dit : rajulun faṭun, ḥaḏur, naduṣu. Dans l’un et l’autre dialecte, l’amuissement de la voyelle est permis, la ḍamma ou la kasra étant pesantes.

Parole du Très-Haut :

« Sauf ceux qui endurent » : il s’agit des croyants, qu’Il loue pour leur patience face aux épreuves ; l’expression est à l’accusatif.

Al-Akhfash dit : il s’agit d’une exception disjointe ; autrement : mais ceux qui endurent et accomplissent des œuvres pies, tant dans l’aisance que dans l’épreuve. Al-Farrâʾ estime qu’il s’agit d’une exception continue se rattachant à « Et si Nous lui faisons goûter », c’est-à-dire à « l’homme » ; or ce terme englobe mécréants et croyants : l’exception est donc continue, et c’est approprié.

« Ceux-là auront un pardon » : sujet et prédicat ;

« et une récompense » : terme coordonné ;

« immense » : qualificatif.

[Sourate Hûd, 11 : 12-13]

« Peut-être vas-tu délaisser une partie de ce qui t’est révélé et oppresseras-tu ta poitrine à cause de leurs propos : “Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui un trésor, ou ne l’accompagne un ange ?” Tu n’es qu’un avertisseur, et Allah est garant de toute chose. » (v. 12)

« Ou bien disent-ils : “Il l’a forgé.” Dis-leur : “Apportez donc dix sourates semblables, forgées, et appelez qui vous pourrez en dehors d’Allah, si vous êtes véridiques.” » (v. 13)

أَبِي أُمَيَّةَ الْمَخْزُومِيِّ. " رَحْمَةً" أَيْ نِعْمَةً. (ثُمَّ نَزَعْناها مِنْهُ) أي سلبناه إياها. (إِنَّهُ لَيَؤُسٌ) أَيْ يَائِسٌ مِنَ الرَّحْمَةِ. (كَفُورٌ) لِلنِّعَمِ جَاحِدٌ لها، قال ابن الأعرابي. النحاس: " لَيَؤُسٌ" مِنْ يَئِسَ يَيْأَسُ، وَحَكَى سِيبَوَيْهِ يَئِسَ يَيْئِسُ على فعل يفعل، ونظير حسب يحسب ونعم ينعم، ويأس ييئس «١» ، وَبَعْضُهُمْ يَقُولُ: يَئِسَ يَيْئِسُ، وَلَا يُعْرَفُ فِي الْكَلَامِ [الْعَرَبِيِّ «٢» ] إِلَّا هَذِهِ الْأَرْبَعَةَ الْأَحْرُفَ مِنَ السَّالِمِ جَاءَتْ عَلَى فَعِلَ يَفْعِلُ، وَفِي وَاحِدٍ مِنْهَا اخْتِلَافٌ. وَهُوَ يَئِسَ وَ " يَئُوسٌ" عَلَى التَّكْثِيرِ كَفَخُورٍ لِلْمُبَالَغَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَئِنْ أَذَقْناهُ نَعْماءَ) أَيْ صِحَّةً وَرَخَاءً وَسَعَةً فِي الرِّزْقِ. (بَعْدَ ضَرَّاءَ مَسَّتْهُ) أَيْ بَعْدَ ضُرٍّ وَفَقْرٍ وَشِدَّةٍ. (لَيَقُولَنَّ ذَهَبَ السَّيِّئاتُ عَنِّي) أَيِ الْخَطَايَا الَّتِي تَسُوءُ صَاحِبَهَا مِنَ الضُّرِّ وَالْفَقْرِ. (إِنَّهُ لَفَرِحٌ فَخُورٌ) أَيْ يَفْرَحُ وَيَفْخَرُ بِمَا نَالَهُ مِنَ السَّعَةِ وَيَنْسَى شُكْرَ اللَّهِ عَلَيْهِ، يُقَالُ: رَجُلٌ فَاخِرٌ إِذَا افْتَخَرَ- وَفَخُورٌ لِلْمُبَالَغَةِ- قَالَ يَعْقُوبُ الْقَارِئُ: وَقَرَأَ بَعْضُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ " لَفَرُحٌ" بِضَمِّ الرَّاءِ كَمَا يُقَالُ: رَجُلٌ فَطُنٌّ وَحَذُرٌ وَنَدُسُّ. وَيَجُوزُ فِي كِلْتَا اللُّغَتَيْنِ «٣» الْإِسْكَانُ لِثِقَلِ الضَّمَّةِ وَالْكَسْرَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِلَّا الَّذِينَ صَبَرُوا) يَعْنِي الْمُؤْمِنِينَ، مَدَحَهُمْ بِالصَّبْرِ عَلَى الشَّدَائِدِ. وَهُوَ فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ. قَالَ الْأَخْفَشُ: هُوَ اسْتِثْنَاءٌ لَيْسَ مِنَ الْأَوَّلِ، أَيْ لَكِنِ الَّذِينَ صَبَرُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ فِي حَالَتَيِ النِّعْمَةِ وَالْمِحْنَةِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ هُوَ اسْتِثْنَاءٌ مِنْ " وَلَئِنْ أَذَقْناهُ" أَيْ مِنَ الْإِنْسَانِ، فَإِنَّ الْإِنْسَانَ بِمَعْنَى النَّاسِ، وَالنَّاسُ يَشْمَلُ الْكَافِرَ وَالْمُؤْمِنَ، فَهُوَ اسْتِثْنَاءٌ مُتَّصِلٌ وَهُوَ حَسَنٌ. (أُولئِكَ لَهُمْ مَغْفِرَةٌ) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرٌ. (وَأَجْرٌ) معطوف. (كَبِيرٌ) صفة. [سورة هود (١١) : الآيات ١٢ الى ١٣] فَلَعَلَّكَ تارِكٌ بَعْضَ مَا يُوحى إِلَيْكَ وَضائِقٌ بِهِ صَدْرُكَ أَنْ يَقُولُوا لَوْلا أُنْزِلَ عَلَيْهِ كَنْزٌ أَوْ جاءَ مَعَهُ مَلَكٌ إِنَّما أَنْتَ نَذِيرٌ وَاللَّهُ عَلى كُلِّ شَيْءٍ وَكِيلٌ (١٢) أَمْ يَقُولُونَ افْتَراهُ قُلْ فَأْتُوا بِعَشْرِ سُوَرٍ مِثْلِهِ مُفْتَرَياتٍ وَادْعُوا مَنِ اسْتَطَعْتُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ إِنْ كُنْتُمْ صادِقِينَ (١٣)
(١). كذا في الأصول. ولعل الصواب: يبس ييبس: بالموحدة بعد الياء. وهو الحرف الرابع (٢). من ع. (٣). في ع: اللفظين.

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