On assimile parfois l’instant (ḥīn) et les années (sinīn) au terme « umma », parce que l’« umma » les englobe.
On a également dit : l’expression est bâtie sur l’ellipse du mot complément ; le sens serait : « jusqu’à l’arrivée d’une umma où il ne restera plus aucun croyant, si bien qu’ils mériteront la perdition » ; ou bien : « jusqu’à l’extinction d’une umma dans laquelle se trouvait encore quelqu’un qui croyait ; après sa disparition, il ne demeurera plus aucun croyant ».
Le mot « umma » est un terme polysémique qui, dans la langue arabe, se rencontre sous huit acceptions :
- L’« umma » peut désigner la collectivité, comme dans la Parole du Très-Haut : « Il y trouva une umma d’hommes… » [al-Qaṣaṣ : 23].
- L’« umma » renvoie aussi aux adeptes des prophètes – sur eux la paix.
- L’« umma » désigne l’homme qui réunit toutes les vertus et qu’on prend pour modèle, selon la Parole du Très-Haut : « Certes, Ibrâhîm était une umma, dévot pour Allah, voué exclusivement à Lui… » [an-Naḥl : 120].
- L’« umma » signifie la religion ou la confession, comme dans : « Nous avons trouvé nos pères sur une umma… » [az-Zukhruf : 22].
- L’« umma » désigne le laps de temps ou l’époque, d’après la Parole du Très-Haut : « Et si Nous retardons pour eux le châtiment jusqu’à une umma déterminée… » ainsi que : « Il se rappela après une umma… » [Yûsuf : 45].
- L’« umma » signifie aussi la taille, c’est-à-dire la stature et la hauteur de l’homme ; on dit : « Un tel est d’une belle umma », c’est-à-dire d’une belle stature.
- L’« umma » désigne l’homme qui, demeurant seul dans sa religion, n’y associe personne ; le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – a dit : « Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl sera ressuscité comme une umma à lui seul. »
- Enfin, l’« umma » signifie la mère ; on dit : « Voici l’umma de Zayd », c’est-à-dire la mère de Zayd.
« Ils diront assurément : “Qu’est-ce qui le retient ?” » : c’est-à-dire le châtiment. Ils l’ont dit soit pour nier la réalité du châtiment à cause de son retard, soit par désir de le hâter et par moquerie : « Qu’est-ce qui le retient donc loin de nous ? »
« Eh bien, le jour où il leur viendra, il ne sera pas détourné d’eux » : il fut dit qu’il s’agit de la mort des polythéistes à Badr, ou de l’extermination des railleurs par Jibrîl, comme on le rapportera plus loin.
« Et les enveloppa (ḥāqa) », c’est-à-dire : le châtiment les atteignit et les cerna.
« Ce dont ils se moquaient », c’est-à-dire la rétribution consécutive à ce dont ils se moquaient ; le mot complété est ici sous-entendu.
Paroles du Très-Haut (Hûd : 9-11) :
« Et si Nous faisons goûter à l’homme, de Notre part, une miséricorde, puis que Nous la lui retirons, le voilà certes désespéré, ingrat.
Et si Nous lui faisons goûter un bienfait après qu’un malheur l’a touché, il dira infailliblement : “Les maux se sont éloignés de moi.” Le voilà certes plein de joie, plein d’orgueil,
à l’exception de ceux qui endurent patiemment et accomplissent les œuvres pies : ceux-là auront pardon et une énorme récompense. »
« Si Nous faisons goûter à l’homme, de Notre part, une miséricorde… » : le terme « l’homme » (al-insân) est un nom générique qui vise l’ensemble des mécréants.
On a dit que cet « homme » désigne ici al-Walîd ibn al-Mughîra et que ces versets furent révélés à son sujet.
On a également dit qu’il s’agit de ʿAbdullâh ibn