« Et que dire donc lorsqu’ils se drapent dans leurs vêtements », c’est-à-dire qu’ils se couvrent la tête de leurs étoffes.
Qatâdah (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « Il n’est rien de plus caché pour le serviteur que l’instant où il courbe son dos, se voile de son habit et enferme au fond de lui ses soucis. »
[Sourate Hûd (11), verset 6]
« Et il n’est pas de bête qui se meuve sur la terre sans que sa subsistance n’incombe à Allâh ; Il connaît son gîte comme son dépôt ; tout est consigné dans un Livre explicite. »
Parole du Très-Haut :
« Et il n’est de créature sur la terre que sa subsistance ne relève d’Allâh. »
Le terme « mâ » est ici une particule de négation, « min » est redondant pour l’insistance, et le mot « dâbbatin » – « créature qui se déplace » – est grammaticalement au nominatif ; l’estimation sous-entendue est : « Il n’est nulle créature… »
« … si ce n’est qu’Allâh lui assure sa subsistance. »
La préposition « ʿalâ » y possède la valeur de « min » ; autrement dit, c’est d’Allâh que lui vient sa subsistance, comme l’a expliqué Mujâhid : « Tout ce qui parvient à une créature comme nourriture provient d’Allâh. »
D’autres ont dit : « ʿalâ Allâh » signifie « par pure grâce, non par obligation » ; ou encore : « par promesse véridique émanant de Lui. » L’exégèse de ce sens a déjà été exposée dans la sourate « An-Nisâ’ », où il a été établi que – exalté soit-Il – rien ne S’impose à Lui.
L’expression « rizquuhâ » (sa subsistance) est, selon l’école médino-mekkoise, sujet d’une phrase nominale, et, pour les grammairiens de Kûfa, attribut qualificatif. Le verset, dans sa forme, est général, mais son sens est particulier, car nombre de créatures périssent avant d’avoir reçu quelque nourriture. On a dit également qu’il est d’application générale : toute créature qui n’a pas reçu de quoi subsister a néanmoins reçu le don de la vie elle-même.
Le lien avec ce qui précède est le suivant : après avoir informé qu’Il assure la subsistance de tous les êtres et qu’Il ne néglige point leur entretien, comment donc, ô assemblée des mécréants, pourrait-Il ignorer vos états alors qu’Il vous nourrit ?
Le mot dâbbah désigne tout être vivant qui se meut, et la subsistance est, en son essence, ce par quoi l’être vivant se nourrit, ce qui maintient son âme et fait croître son corps. Il n’est pas admissible de prendre le terme « subsistance » au sens de « propriété », car les bêtes reçoivent leur nourriture sans qu’on puisse les qualifier de propriétaires de leur fourrage ; de même, l’enfant tire le lait du sein sans que l’on dise que ce lait est sa propriété.
Le Très-Haut a dit : « Et dans le ciel se trouve votre subsistance » [Adh-Dhâriyât : 22], alors même que nous ne possédons rien au ciel. Si la subsistance signifiait la propriété, lorsqu’une personne mangerait du bien d’autrui, elle consommerait la subsistance d’autrui, ce qui est impossible, car nul ne peut consommer que la subsistance qui lui est destinée.
Cette explication a déjà été développée dans la sourate « Al-Baqarah » ; louange à Allâh.
On demanda un jour à l’un des pieux prédécesseurs : « D’où te viens ta nourriture ? » Il répondit : « Celui qui a créé la meule la fait venir son grain, et Celui qui a fendu les mâchoires est le Créateur des subsistances. »