Voici le fruit du repentir et de la demande de pardon : Il vous fera jouir de multiples bienfaits, à savoir l’abondance de subsistances et la douceur d’une vie prospère, et Il ne vous anéantira pas par le châtiment comme Il l’a fait avec ceux qu’Il a détruits avant vous.
Il a aussi été dit : « Il vous fera jouir », c’est-à-dire qu’Il prolongera votre vie, l’idée d’« imtéʿ » en langue arabe évoquant l’allongement du temps ; de là l’expression : « Qu’Allah te fasse vivre longtemps et qu’Il te favorise. »
Sahl ibn ʿAbd Allâh a déclaré : « Le beau profit consiste à se détourner des créatures pour se tourner entièrement vers la Vérité. »
Il a également été dit : il s’agit de se contenter de ce qui est disponible et d’abandonner toute tristesse à propos de ce qui est perdu.
« …jusqu’à un terme fixé » : certains ont dit que ce terme est la mort ; d’autres, que c’est le Jour de la Résurrection ; d’autres encore, l’entrée au Paradis. Dans cette dernière hypothèse, le « beau profit » renvoie à la préservation de tout ce qui est redouté ou désagréable, qu’il s’agisse des tourments de la tombe ou des effrois et des angoisses du Jour de la Résurrection. Toutefois, la première interprétation demeure la plus manifeste, conformément à Sa parole dans cette même sourate : « Ô mon peuple ! Demandez pardon à votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui : Il fera pleuvoir sur vous du ciel une pluie abondante et Il ajoutera force sur force à la vôtre » (Hûd, 52). Or, tout cela cesse à la mort, laquelle constitue le terme fixé. Allah est plus savant.
Mouqâtal rapporte : « Ils refusèrent, alors le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix soient sur lui – invoqua contre eux ; ils furent éprouvés par la sécheresse sept années durant, au point qu’ils se nourrirent d’os calcinés, d’ordures, de charognes et de chiens. »
« Il accordera à tout détenteur de mérite son mérite » : c’est-à-dire qu’Il donnera à chaque auteur d’œuvres pies la rétribution de son action.
Il a aussi été dit : Il donnera à quiconque verra ses bonnes actions l’emporter sur ses mauvaises « son mérite », c’est-à-dire le Paradis, lequel est la faveur d’Allah ; le pronom dans « son mérite » renvoie donc à Allah Très-Haut.
Moujâhid a dit : il s’agit de tout ce que l’homme considère, qu’il s’exprime par la langue ou agisse de ses mains ou de ses pieds, ou qu’il offre de son bien à titre de surérogation ; tout cela relève de la faveur d’Allah qu’Il accorde à celui qui croit, mais qu’Il n’accepte pas d’un mécréant.
« Et si vous vous détournez, je crains pour vous le châtiment d’un Jour terrible » : tel est le Jour de la Résurrection, qualifié de « grand » en raison des effrois qu’il comporte.
Il a également été dit : ce « Jour grand » désigne (entre autres) le jour de Badr. Quant au verbe « vous détournez », on peut le lire au passé : « Et s’ils se détournent, dis-leur : je crains pour vous… » ; on peut aussi le comprendre au futur, l’une des deux lettres « tâ’ » ayant été omise : « Dis-leur : si vous vous détournez, je crains pour vous… »
Sa parole : « Vers Allah sera votre retour » : c’est-à-dire après la mort. « Et Il est Omnipotent sur toute chose » : pour récompenser ou châtier.
[Sourate Hûd 11, verset 5] :
« Certes, ils replient leur poitrine pour se dissimuler de Lui; mais quand même ils se couvrent de leurs vêtements, Il sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent, car Il est, en vérité, parfaitement Savant de ce que recèlent les poitrines. »