et « La Frappante » (Al-Qâri‘ah, 1). Dans la récitation de ces sourates se révèle aux cœurs des connaisseurs Sa souveraineté et Sa rigueur ; les âmes en demeurent saisies et les cheveux blanchissent sous l’effet de cette frayeur.
[Je dis ¹] Il a été dit que ce qui fit blanchir les cheveux du Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — dans la sourate Hûd est la parole du Très-Haut : « Reste donc ferme, comme il t’a été ordonné » (Hûd, 112) ; nous en exposerons, si Allâh le veut, l’explication plus loin.
Yazîd ibn Abân rapporte : « J’ai vu le Messager d’Allâh — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — en songe ; je lui récitai la sourate Hûd. Lorsque je l’eus achevée, il me dit : “Ô Yazîd, voilà la récitation ; où sont donc les larmes ?” »
Nos maîtres ont dit : Abû Ja‘far an-Naḥḥâs a précisé : on dit : “hâdhihi Hûd” sans tanwîn, parce qu’il s’agit du nom de la sourate ; de même, si tu nommais une femme « Zayd », tu ne fléchirais pas le nom. C’est l’avis d’al-Khalîl et de Sîbawayh.
‘Isâ ibn ‘Umar, lui, dit : on dit “hâdhihi Hûdun”, avec tanwîn, lorsque l’on considère qu’il s’agit d’un nom propre de sourate ; il en irait de même si l’on appelait une femme « Zayd », car, le milieu du mot étant immobile, il s’allège et reçoit la déclinaison. Si l’on veut supprimer (le mot « sourate »), on décline selon l’avis unanime et l’on dit : “hâdhihi Hûdun”, tout en voulant dire : “la sourate Hûd”.
Sîbawayh dit : la preuve en est que l’on dit : “hâdhihi ar-Raḥmânu”; si tu ne voulais pas dire : “cette sourate Ar-Raḥmân”, tu n’emploierais pas cette construction.
[Sourate Hûd (11), versets 1 à 4]
Au nom d’Allâh, le Tout-Clément, le Tout-Miséricordieux.
Alif Lâm Râ. Un Livre dont les versets ont été rendus irréfutables, puis explicités, émanant d’un Sage, Parfaitement Informé, (1) afin que vous n’adoriez qu’Allâh. Certes, je suis, de Sa part, pour vous un avertisseur et un annonciateur. (2) Et implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui ; Il vous fera jouir d’un bienfait appréciable jusqu’à un terme fixé, et Il donnera à tout détenteur de mérite la récompense de son mérite. Mais si vous vous détournez, je redoute pour vous le châtiment d’un Jour immense. (3) Vers Allâh sera votre retour, et Il est Puissant sur toute chose. (4)
Le Très-Haut dit : « Alif Lâm Râ ». Nous avons déjà parlé de ces lettres-initiales ³.
« (Voici) un Livre » : c’est-à-dire : ceci est un Livre.
« dont les versets ont été rendus irréfutables » est au nominatif, en tant qu’épithète de « Livre ».
La meilleure explication de l’expression « ont été rendus irréfutables » est celle de Qatâdah : ils ont tous été établis de façon parfaite, sans faille ni fausseté. L’ihkâm (la perfection) signifie qu’une parole est protégée de la corruption ; autrement dit, elle a été ordonnée avec une telle maîtrise qu’aucune contradiction ni défaillance ne peut l’atteindre.
Ibn ‘Abbâs a dit : c’est-à-dire qu’aucun Livre ne l’a abrogé, à la différence de la Torah et de l’Évangile. Dans ce sens, Il en a fait certaines de ses versets abrogeants et non abrogés. Nous avons déjà traité cette question ⁴.