Neuvième partie
Exégèse de la sourate « Hûd » – sur lui la paix
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Elle est « mecquoise » selon Al-Hassan, ‘Ikrima, ‘Atâ’ et Jâbir. Ibn ‘Abbâs et Qatâda, toutefois, ont indiqué qu’une seule verset ferait exception : la parole du Très-Haut :
« Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour… » (Hûd, 11 : 114).
Abû Muḥammad ad-Dârimî a rapporté dans son Musnad, d’après Ka‘b, que le Messager d’Allah – qu’Allah le prie et le salue – a dit :
« Récitez la sourate Hûd le jour du vendredi. »
At-Tirmidhî rapporte d’après Ibn ‘Abbâs : Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – dit : « Ô Messager d’Allah, tes cheveux ont blanchi ! » Il répondit : « La sourate Hûd, la sourate Al-Wâqi‘a, les Mursalât, ‘Amma Yatasa’alûn et Idhâ ash-Shamsu Kuwwirat m’ont fait blanchir les cheveux. »
At-Tirmidhî juge ce hadith « bon et singulier » et précise qu’il en existe une version mursal. Le ḥâfiẓ Abû ‘Abd-Allah At-Tirmidhî Al-Ḥakîm l’a également cité dans « Nawâdir Al-Uṣûl » avec la chaîne suivante : Sufyân ibn Wakî‘ – Muḥammad ibn Bishr – ‘Alî ibn Ṣâliḥ – Abû Isḥâq – Abû Juḥayfa : « On dit : “Ô Messager d’Allah, nous te voyons couvert de cheveux blancs !” Il répondit : “Ce sont Hûd et ses sœurs qui m’ont fait blanchir.” »
Abû ‘Abd-Allah commente : « L’effroi engendre la blancheur des cheveux. La frayeur bouleverse l’âme, assèche l’humidité corporelle ; or, sous chaque cheveu se trouve une source d’humidité d’où suinte la sueur. Quand la peur tarit cette humidité, les sources se dessèchent, le cheveu se flétrit et blanchit ; tel le plant verdoyant abreuvé d’eau : que l’arrosage cesse, il se dessèche et pâlit. Les cheveux du vieillard blanchissent simplement parce que son humidité s’est évanouie et que sa peau s’est desséchée. Ainsi, l’âme est saisie par la menace d’Allah et par les effrois rapportés de Lui ; elle se contracte, son eau s’assèche sous l’effet de ces avertissements et de ces frayeurs, d’où la blancheur des cheveux. »
Le Très-Haut a dit :
« … un jour qui fera blanchir les cheveux des enfants » (Al-Muzzammil, 73 : 17),
ils blanchiront donc par crainte.
Quant à la sourate « Hûd », lorsqu’elle évoque les nations d’antan et ce qu’elles ont subi du châtiment immédiat d’Allah – qu’Il soit exalté –, les gens de certitude, en la récitant, voient se dresser dans leurs cœurs Sa royauté, Sa souveraineté et l’instant où Il châtie Ses ennemis ; s’ils mouraient de frayeur, cela leur conviendrait encore. Mais Allah – béni et exalté soit Son Nom – Se montre Plein de douceur envers eux à ces instants-là, jusqu’à ce qu’ils achèvent la récitation de Sa parole.
Ses « sœurs » sont les sourates qui lui ressemblent, telles que « Al-Ḥâqqah » (69 : 1), « Sa’ala Sâ’il » (Al-Ma‘ârij, 70 : 1) et « Idhâ ash-Shamsu Kuwwirat » (At-Takwîr, 81 : 1).