Je ne nourris aucun doute.
(Il reprit ensuite la parole et déclara : « Certes, la Vérité t’est parvenue de la part de ton Seigneur ; ne sois donc point parmi les sceptiques – c’est-à-dire parmi ceux qui doutent et s’embarrassent de soupçons. »)
« Et ne sois pas non plus au nombre de ceux qui ont traité de mensonge les signes d’Allah, de peur que tu ne deviennes du lot des perdants. »
Dans ces deux versets, l’interpellation s’adresse explicitement au Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, mais c’est en réalité à d’autres que lui qu’elle est destinée.
[Coran, sûrat Yûnus (10), versets 96-97]
« Ceux sur qui s’est réalisée la Parole de ton Seigneur ne croiront pas, même si tous les signes leur parvenaient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux. »
Commentaires :
– Cette question a déjà été évoquée dans la présente sûrah.
– Qatâdah a dit : « Ce sont ceux sur qui se sont abattus la colère et la réprobation d’Allah à cause de leurs désobéissances ; ils ne croiront pas. »
– « Même si tous les signes leur parvenaient » : le terme « kullâ » est mis au féminin en considération du sens ; autrement dit : « même si les signes leur étaient apportés ».
– « Jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux » ; c’est alors qu’ils croiront, mais cette foi ne leur sera d’aucune utilité.
[Coran, sûrat Yûnus (10), verset 98]
« Pourquoi n’y eut-il pas, parmi les cités, une seule communauté qui crût et à qui sa foi eût profité, à l’exception du peuple de Yûnus ? Lorsqu’ils crurent, Nous levâmes d’eux le châtiment d’ignominie dans la vie d’ici-bas et Nous leur accordâmes jouissance jusqu’à un terme fixé. »
Commentaires linguistiques :
– Al-Akhfash et Al-Kisâ’î expliquent que l’expression « fa-law-lâ » signifie : « Eh bien, pourquoi donc…? ». Dans le muṣḥaf d’Ubayy et celui d’Ibn Masʿûd, on lit effectivement « fa-hallâ ».
– L’outil « law-lâ » sert originellement à l’incitation (taḥḍîḍ) ou à indiquer qu’une chose n’a pas eu lieu du fait de l’existence d’une autre.
– Du sens même du verset se dégage la négation de la foi des habitants des cités, puis vient l’exception du peuple de Yûnus. Du point de vue purement formel, l’exception est disjointe, alors que, quant au sens, elle est rattachée ; l’énoncé sous-entendu est : « Aucun peuple ne crut, si ce n’est le peuple de Yûnus. »
– L’accusatif sur le mot « qawma » (peuple) est la lecture correcte ; Sîbawayh l’a rangé dans le « chapitre de ce qui ne peut être qu’à l’accusatif ».
– An-Naḥḥâs rapporte : « “Illa qawma Yûnus” est à l’accusatif parce qu’il s’agit d’une exception non comprise dans le premier ensemble, à savoir : mais le peuple de Yûnus… Tel est l’avis d’Al-Kisâ’î, d’Al-Akhfash et d’Al-Farâ’. Il est toutefois permis de lire autrement : “illa qawmu Yûnus”. »