Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et je suis du nombre des musulmans. »
C’est-à-dire : des monothéistes qui se soumettent en se pliant à l’obéissance et à la docilité.

[Coran, sourate Yûnus (10), verset 91]
« Maintenant ? Alors que tu as auparavant désobéi et que tu étais parmi les corrupteurs ! »

Il a été dit :
– Il s’agit d’une parole d’Allah, exalté soit-Il ;
– D’autres ont dit : c’est la parole de Jibrîl ;
– D’autres encore : de Mîkâ’îl – que la prière d’Allah soit sur eux deux – ou d’un autre ange.

Il a également été dit : c’est une parole que Pharaon prononça intérieurement ; il ne l’exprima pas avec sa langue, mais cela se produisit dans son cœur, et il formula en lui-même ce qu’il formula, alors que le regret ne lui servait plus à rien. Il en est de même du verset : « Nous ne vous nourrissons que pour la Face d’Allah » [Coran, sourate al-Insân : 9] ; le Seigneur fit leur éloge pour ce qu’ils portaient dans leur for intérieur, et non parce qu’ils l’avaient prononcé avec leurs lèvres ; la vraie parole est en réalité celle du cœur.

[Coran, sourate Yûnus (10), verset 92]
« Aujourd’hui, Nous te sauverons, toi, par ton corps, afin que tu sois pour ceux qui te succéderont un signe ; mais, en vérité, beaucoup d’hommes sont inattentifs à Nos signes. »

Parole du Très-Haut :

« Aujourd’hui, Nous te sauverons, toi, par ton corps » :
c’est-à-dire : Nous te rejetterons sur un tertre de la terre. En effet, les Enfants d’Israël ne voulurent pas croire que Pharaon s’était noyé ; ils dirent : « Il est d’une trop grande importance pour qu’il lui soit arrivé cela. » Alors Allah le fit rejeter sur une éminence au bord de la mer, de sorte qu’ils le virent de leurs propres yeux.

Aws ibn Hajar a dit, décrivant une pluie :
« Celui qui se trouve dans la partie basse de la vallée est comme celui qui se trouve sur la hauteur, /
Et celui qui est tapi comme celui qui marche sur la plaine ensoleillée. »

Al-Yazîdî et Ibn as-Samayqa‘ ont lu : « nunahhîka » (نُنَحِّيكَ) avec ḥâ’, dérivé de tanḥiya (écarter), et ‘Alqama l’a rapporté d’Ibn Mas‘ûd ; c’est-à-dire : « Nous te placerons sur un côté de la mer. »

Ibn Jurayj dit : on le jeta alors sur le rivage, où les Enfants d’Israël purent le voir ; il était petit, roux, tel un taureau.

‘Alqama a rapporté qu’‘Abdullâh (Ibn Mas‘ûd) lisait : « binidâ’ika » (بِنِدَائِكَ), « par ton appel / ta proclamation ».

Abû Bakr al-Anbârî dit : cela ne contredit pas l’orthographe de notre muṣḥaf, car la règle veut que l’on écrive yâ’ et kâf après le dâl ; en effet, l’alif tombe dans « nidâ’ika » dans la graphie coranique, de même qu’elle tombe dans « al-ẓulumât » ou « as-samâwât ». Lorsque cette suppression a lieu, l’orthographe de « badanik » (بَدَنِكَ) et de « nidâ’ika » (نِدَائِكَ) devient identique. Cependant, cette lecture demeure délaissée en raison de son caractère isolé et parce qu’elle contredit la lecture adoptée par la majorité des musulmans ; or, la lecture est une Sunna que le dernier tient du premier.

(Le texte s’interrompt ici.)

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ) أَيْ مِنَ الموحدين المستسلمين بالانقياد والطاعة. [[سورة يونس (١٠) : آية ٩١]] آلْآنَ وَقَدْ عَصَيْتَ قَبْلُ وَكُنْتَ مِنَ الْمُفْسِدِينَ (٩١) قِيلَ: هُوَ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى. وَقِيلَ: هُوَ مِنْ قَوْلِ جِبْرِيلَ. وَقِيلَ: مِيكَائِيلَ، صَلَوَاتُ عَلَيْهِمَا، أَوْ غَيْرِهِمَا مِنَ الْمَلَائِكَةِ [لَهُ «١» ] صَلَوَاتُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ. وَقِيلَ: هُوَ مِنْ قَوْلِ فِرْعَوْنَ فِي نَفْسِهِ، وَلَمْ يَكُنْ ثَمَّ قَوْلُ اللِّسَانِ بَلْ وَقَعَ ذَلِكَ فِي قَلْبِهِ فَقَالَ فِي نَفْسِهِ مَا قَالَ: حَيْثُ لَمْ تَنْفَعْهُ النَّدَامَةُ، ونظيره. " إِنَّما نُطْعِمُكُمْ لِوَجْهِ اللَّهِ" «٢» [الإنسان: ٩] أَثْنَى عَلَيْهِمُ الرَّبُّ بِمَا فِي ضَمِيرِهِمْ لَا أَنَّهُمْ قَالُوا ذَلِكَ بِلَفْظِهِمْ، وَالْكَلَامُ الْحَقِيقِيُّ كَلَامُ القلب. [[سورة يونس (١٠) : آية ٩٢]] فَالْيَوْمَ نُنَجِّيكَ بِبَدَنِكَ لِتَكُونَ لِمَنْ خَلْفَكَ آيَةً وَإِنَّ كَثِيراً مِنَ النَّاسِ عَنْ آياتِنا لَغافِلُونَ (٩٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَالْيَوْمَ نُنَجِّيكَ بِبَدَنِكَ) أَيْ نُلْقِيكَ عَلَى نَجْوَةٍ مِنَ الْأَرْضِ. وَذَلِكَ أَنَّ بَنِي إِسْرَائِيلَ لَمْ يُصَدِّقُوا أَنَّ فِرْعَوْنَ غَرِقَ، وَقَالُوا: هُوَ أَعْظَمُ شَأْنًا مِنْ ذَلِكَ، فَأَلْقَاهُ اللَّهُ عَلَى نَجْوَةٍ مِنَ الْأَرْضِ، أَيْ مَكَانٍ مُرْتَفِعٍ مِنَ الْبَحْرِ حَتَّى شَاهَدُوهُ. قَالَ أَوْسُ بْنُ حَجَرٍ يَصِفُ مَطَرًا: فَمَنْ بِعَقْوَتِهِ كَمَنْ بِنَجْوَتِهِ ... والمستكن كَمَنْ يَمْشِي بِقِرْوَاحِ «٣» وَقَرَأَ الْيَزِيدِيُّ وَابْنُ السَّمَيْقَعِ " نُنَحِّيكَ" بِالْحَاءِ مِنَ التَّنْحِيَةِ، وَحَكَاهَا عَلْقَمَةُ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، أَيْ تَكُونُ عَلَى نَاحِيَةٍ مِنَ الْبَحْرِ. قَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ: فَرُمِيَ بِهِ عَلَى سَاحِلِ الْبَحْرِ حَتَّى رَآهُ بَنُو إِسْرَائِيلَ، وَكَانَ قَصِيرًا أَحْمَرَ كَأَنَّهُ ثَوْرٌ. وَحَكَى عَلْقَمَةُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ أَنَّهُ قَرَأَ " بِنِدَائِكَ" مِنَ النِّدَاءِ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ الْأَنْبَارِيُّ: وَلَيْسَ بِمُخَالِفٍ لِهِجَاءِ مُصْحَفِنَا، إِذْ سَبِيلُهُ أَنْ يُكْتَبَ بِيَاءٍ وَكَافٍ بَعْدَ الدَّالِ، لِأَنَّ الْأَلِفَ تَسْقُطُ مِنْ نِدَائِكَ فِي تَرْتِيبِ خَطِّ الْمُصْحَفِ كَمَا سَقَطَ مِنَ الظلمات والسموات، فَإِذَا وَقَعَ بِهَا الْحَذْفُ اسْتَوَى هِجَاءُ بَدَنِكَ وَنِدَائِكَ، عَلَى أَنَّ هَذِهِ الْقِرَاءَةَ مَرْغُوبٌ عَنْهَا لِشُذُوذِهَا وَخِلَافِهَا مَا عَلَيْهِ عَامَّةُ الْمُسْلِمِينَ، وَالْقِرَاءَةُ سُنَّةٌ يَأْخُذُهَا آخِرٌ عَنْ أَوَّلٍ، وَفِي مَعْنَاهَا نقص عن
(١). من ع وهـ. (٢). راجع ج ١٩ ص ١٢٥ فما بعد. (٣). العقوة والعقاة: الساحة وما حول الدار والمحلة وجمعها عقاء. والقرواح: الأرض البارزة للشمس.

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