Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et c’est la seconde opinion rapportée par al-Farrâ’. Or, cette réponse, selon l’école de Sîbawayh et d’al-Khalîl, est fautive ; selon eux, il n’est pas permis de dire : « Qâmat Hindun » (Hind s’est levée) alors que l’on vise en réalité son esclave.

Cinquièmement : l’avis d’al-Akhfash Sa‘îd veut que le pronom se rapporte à la « descendance », c’est-à-dire aux notables de cette descendance ; c’est également le choix d’al-Tabarî.

Sixièmement : que le pronom revienne à « son peuple ».

An-Nahhâs dit : « Cette réponse semble être la plus éloquente. »

« qu’il les égare » (an yaftinahum) : le verbe « yaftinahum » a été mis au singulier parce qu’il renvoie à Pharaon, c’est-à-dire qu’il les détourne de leur religion par des châtiments. Au plan grammatical, il est à la place d’un génitif, en tant que badal ishtimâl ; il peut aussi être à l’accusatif dépendant de « khawf – crainte ». Le nom « Fir‘awn » n’est pas déclinable, car c’est un nom propre étranger et défini.

« Et certes Pharaon est hautain sur la terre » : autrement dit, tyrannique et orgueilleux. « Et il est vraiment parmi les outranciers » : c’est-à-dire ceux qui dépassent toute limite dans la mécréance, puisqu’il était un serviteur qui s’attribua la seigneurie.

[Sourate Yûnus, 84-85]

Et Moïse dit : « Ô mon peuple ! Si vous avez cru en Allah, placez donc votre confiance en Lui, si réellement vous êtes soumis. »

Ils dirent : « C’est en Allah que nous plaçons notre confiance. Notre Seigneur, ne fais pas de nous une épreuve pour les gens injustes. »

Parole du Très-Haut :

« Et Moïse dit : Ô mon peuple ! Si vous avez cru » : c’est-à-dire, si vous avez attesté la foi.

« en Allah, placez votre confiance en Lui » : autrement dit, remettez-vous à Lui.

« si vous êtes musulmans » : la condition est répétée pour l’emphase, indiquant que la perfection de la foi consiste à remettre toute l’affaire à Allah.

« Ils dirent : C’est en Allah que nous plaçons notre confiance » : c’est-à-dire nous Lui avons confié nos affaires, nous nous sommes satisfaits de Son décret et de Sa prédestination, et nous nous sommes conformés à Son ordre.

« Notre Seigneur, ne fais pas de nous une tentation pour les gens injustes » : c’est-à-dire ne leur accorde pas la victoire sur nous ; cela deviendrait pour nous une épreuve nous détournant de la religion. Ou encore : ne nous éprouve pas en nous châtiant par leurs mains.

Mujâhid a dit : le sens est : « Ne nous fais pas périr par les mains de nos ennemis et ne nous châtie pas d’un châtiment venant de Toi, sinon nos ennemis diraient : “S’ils étaient dans la vérité, nous n’aurions pas été mis au-dessus d’eux”, et ils seraient ainsi tentés. »

Abû Mijlaz et Abû ad-Dahhâ ont dit : c’est-à-dire : « Ne leur donne pas le dessus sur nous ; autrement, ils penseraient être meilleurs que nous et augmenteraient en tyrannie. »

[Sourate Yûnus, 86]

« Et sauve-nous, par Ta miséricorde, des gens mécréants ».

Parole du Très-Haut :

« Et sauve-nous, par Ta miséricorde » : c’est-à-dire délivre-nous.

« des gens mécréants » : c’est-à-dire de Pharaon et de son peuple, car ils les astreignaient à des travaux pénibles.

وَهُوَ الْقَوْلُ الثَّانِي لِلْفَرَّاءِ. وَهَذَا الْجَوَابُ عَلَى مَذْهَبِ سِيبَوَيْهِ وَالْخَلِيلِ خَطَأٌ، لَا يَجُوزُ عِنْدَهُمَا قَامَتْ هِنْدُ، وَأَنْتَ تُرِيدُ غُلَامَهَا. الْخَامِسُ: مَذْهَبُ الْأَخْفَشِ سَعِيدٍ أَنْ يَكُونَ الضَّمِيرُ يَعُودُ عَلَى الذُّرِّيَّةِ، أَيْ مَلَأِ الذُّرِّيَّةِ، وَهُوَ اخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ. السَّادِسُ: أَنْ يَكُونَ الضَّمِيرُ يَعُودُ عَلَى قَوْمِهِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا الْجَوَابُ كَأَنَّهُ أَبْلَغُهَا. (أَنْ يَفْتِنَهُمْ) وَحَّدَ " يَفْتِنَهُمْ " عَلَى الْإِخْبَارِ عَنْ فِرْعَوْنَ، أَيْ يَصْرِفُهُمْ عَنْ دِينِهِمْ بِالْعُقُوبَاتِ، وَهُوَ فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ عَلَى أَنَّهُ بَدَلُ اشْتِمَالٍ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِ "- خَوْفٍ" . وَلَمْ يَنْصَرِفْ فِرْعَوْنُ لِأَنَّهُ اسْمٌ أَعْجَمِيٌّ وَهُوَ مَعْرِفَةٌ. (وَإِنَّ فِرْعَوْنَ لَعَالٍ فِي الْأَرْضِ) أَيْ عَاتٍ مُتَكَبِّرٌ (وَإِنَّهُ لَمِنَ الْمُسْرِفِينَ) أَيِ الْمُجَاوِزِينَ الحد في الكفر، لأنه كان عبد ادعى الربوبية. [سورة يونس (١٠) : الآيات ٨٤ الى ٨٥] وَقالَ مُوسى يَا قَوْمِ إِنْ كُنْتُمْ آمَنْتُمْ بِاللَّهِ فَعَلَيْهِ تَوَكَّلُوا إِنْ كُنْتُمْ مُسْلِمِينَ (٨٤) فَقالُوا عَلَى اللَّهِ تَوَكَّلْنا رَبَّنا لَا تَجْعَلْنا فِتْنَةً لِلْقَوْمِ الظَّالِمِينَ (٨٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقالَ مُوسى يَا قَوْمِ إِنْ كُنْتُمْ آمَنْتُمْ) أَيْ صَدَّقْتُمْ. (بِاللَّهِ فَعَلَيْهِ تَوَكَّلُوا) أَيِ اعْتَمِدُوا. (إِنْ كُنْتُمْ مُسْلِمِينَ) كَرَّرَ الشَّرْطَ تَأْكِيدًا، وَبَيَّنَ أَنَّ كَمَالَ الْإِيمَانِ بِتَفْوِيضِ الْأَمْرِ إِلَى اللَّهِ. (فَقالُوا عَلَى اللَّهِ تَوَكَّلْنا) أَيْ أَسْلَمْنَا أُمُورَنَا إِلَيْهِ، وَرَضِينَا بِقَضَائِهِ وَقَدَرِهِ، وَانْتَهَيْنَا إِلَى أَمْرِهِ. (رَبَّنا لَا تَجْعَلْنا فِتْنَةً لِلْقَوْمِ الظَّالِمِينَ) أَيْ لَا تَنْصُرْهُمْ عَلَيْنَا، فَيَكُونُ ذَلِكَ فِتْنَةً لَنَا عَنِ الدِّينِ، أَوْ لَا تَمْتَحِنَّا بِأَنْ تُعَذِّبَنَا عَلَى أَيْدِيهِمْ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْمَعْنَى لَا تُهْلِكْنَا بِأَيْدِي أَعْدَائِنَا، وَلَا تُعَذِّبْنَا بِعَذَابٍ مِنْ عِنْدِكَ، فَيَقُولُ أَعْدَاؤُنَا لَوْ كَانُوا عَلَى حَقٍّ لَمْ نُسَلَّطْ عَلَيْهِمْ، فَيُفْتَنُوا. وقال أبو مجلز وأبو الضحا: يَعْنِي لَا تُظْهِرْهُمْ عَلَيْنَا فَيَرَوْا أَنَّهُمْ خَيْرٌ منا فيزدادوا طغيانا. [[سورة يونس (١٠) : آية ٨٦]] وَنَجِّنا بِرَحْمَتِكَ مِنَ الْقَوْمِ الْكافِرِينَ (٨٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَنَجِّنا بِرَحْمَتِكَ) أَيْ خَلِّصْنَا. (مِنَ الْقَوْمِ الْكافِرِينَ) أَيْ مِنْ فِرْعَوْنَ وَقَوْمِهِ لِأَنَّهُمْ كَانُوا يَأْخُذُونَهُمْ بالأعمال الشاقة.

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