Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[[Sourate Yûnus (10) : verset 82]
« Et Allah fait triompher la Vérité par Ses paroles, quand bien même les criminels la détesteraient. » (82)

Parole du Très-Haut :

« Et Allah fait triompher (yuḥiqqu) la Vérité » : c’est-à-dire qu’Il la met en évidence et la clarifie.

« par Ses paroles » : c’est-à-dire grâce à Sa parole révélée, à Ses arguments et à Ses preuves.

On a aussi dit : par Ses promesses de secours.

« quand bien même les criminels » – c’est-à-dire ceux de la famille de Pharaon – s’en déplaisent.

[[Sourate Yûnus (10) : verset 83]
« Personne ne crut en Moïse si ce n’est une descendance de son peuple, par crainte de Pharaon et de leurs notables qu’ils ne les persécutent ; or Pharaon se montrait hautain sur terre et il était assurément du nombre des outranciers. » (83)

Parole du Très-Haut :

« Personne ne crut en Moïse si ce n’est une descendance de son peuple » : le pronom se rapporte à Moïse.

Mujâhid a dit : « Aucun de ceux-là ne crut ; seuls crurent les enfants de ceux auxquels Moïse avait été envoyé parmi les Fils d’Israël. Le temps ayant passé, les pères disparurent et les fils demeurèrent ; ce sont eux qui crurent. » C’est l’avis retenu par at-Tabarî. Le terme « descendance » désigne la postérité d’un homme, laquelle peut être nombreuse.

On a également dit : il s’agit par là des croyants des Fils d’Israël.

Ibn ‘Abbâs rapporte : « Ils étaient six cent mille. » En effet, Jacob – sur lui la paix – entra en Égypte au nombre de soixante-douze personnes, lesquelles se multiplièrent jusqu’à atteindre six cent mille.

Ibn ‘Abbâs dit encore : « “de son peuple” signifie : du peuple de Pharaon ; il s’agit, entre autres, du Croyant de la famille de Pharaon, du trésorier de Pharaon, de son épouse, de la coiffeuse de sa fille et de l’épouse du trésorier. »

D’autres ont dit : ce sont des gens dont les pères étaient Coptes et les mères issues des Fils d’Israël ; on les a donc appelés “descendance”, de même qu’on nomme “abnâ’” les enfants de Perses qui se sont multipliés au Yémen et dans les pays arabes, leurs mères n’étant pas du même peuple que leurs pères – ainsi l’explique al-Farrâ’. Dans ce cas, le pronom de « son peuple » se rapporte à Moïse en raison de la parenté du côté maternel, ou à Pharaon lorsqu’il est question de Coptes.

Parole du Très-Haut :

« par crainte de Pharaon » parce qu’il exerçait son pouvoir sur eux avec dureté ;

« et de leurs notables ». Il n’a pas dit : « et de SON entourage » ; à ce sujet six réponses ont été données :

  1. Pharaon étant un tyran, l’information le concernant est exprimée au pluriel.
  2. Une fois Pharaon mentionné, il est acquis qu’il est accompagné d’autres personnes ; on a donc fait revenir le pronom sur lui et sur eux simultanément – c’est l’un des deux avis d’al-Farrâ’.
  3. Il se peut que le groupe ait été dénommé du nom de Pharaon, tout comme on dit « Thamûd ».
  4. On peut comprendre qu’il faut sous-entendre : « par crainte des gens de Pharaon », ce qui relève de l’ellipse de l’annexé, à l’instar de la parole : « et interroge la ville » (Yûsuf, 82).
[[سورة يونس (١٠) : آية ٨٢]] وَيُحِقُّ اللَّهُ الْحَقَّ بِكَلِماتِهِ وَلَوْ كَرِهَ الْمُجْرِمُونَ (٨٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَيُحِقُّ اللَّهُ الْحَقَّ) أَيْ يُبَيِّنُهُ وَيُوَضِّحُهُ. (بِكَلِماتِهِ) أَيْ بِكَلَامِهِ وَحُجَجِهِ وَبَرَاهِينِهِ. وَقِيلَ: بِعِدَاتِهِ بِالنَّصْرِ. (وَلَوْ كَرِهَ الْمُجْرِمُونَ) مِنْ آلِ فرعون. [[سورة يونس (١٠) : آية ٨٣]] فَما آمَنَ لِمُوسى إِلاَّ ذُرِّيَّةٌ مِنْ قَوْمِهِ عَلى خَوْفٍ مِنْ فِرْعَوْنَ وَمَلائِهِمْ أَنْ يَفْتِنَهُمْ وَإِنَّ فِرْعَوْنَ لَعالٍ فِي الْأَرْضِ وَإِنَّهُ لَمِنَ الْمُسْرِفِينَ (٨٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَما آمَنَ لِمُوسى إِلَّا ذُرِّيَّةٌ مِنْ قَوْمِهِ) الْهَاءُ عَائِدَةٌ عَلَى مُوسَى. قَالَ مُجَاهِدٌ: أَيْ لَمْ يُؤْمِنْ مِنْهُمْ أَحَدٌ، وَإِنَّمَا آمَنَ أَوْلَادُ مَنْ أُرْسِلَ مُوسَى إِلَيْهِمْ مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ، لِطُولِ الزَّمَانِ هَلَكَ الْآبَاءُ وَبَقِيَ الْأَبْنَاءُ فَآمَنُوا، وَهَذَا اخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ. وَالذُّرِّيَّةُ أَعْقَابُ الْإِنْسَانِ وَقَدْ تَكْثُرُ. وَقِيلَ: أَرَادَ بِالذُّرِّيَّةِ مُؤْمِنِي بَنِي إِسْرَائِيلَ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانُوا سِتَّمِائَةِ أَلْفٍ، وَذَلِكَ أَنَّ يَعْقُوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ دَخَلَ مِصْرَ فِي اثْنَيْنِ وَسَبْعِينَ إِنْسَانًا فَتَوَالَدُوا بِمِصْرَ حَتَّى بَلَغُوا سِتَّمِائَةِ أَلْفٍ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا: " مِنْ قَوْمِهِ" يَعْنِي مِنْ قَوْمِ فِرْعَوْنَ، مِنْهُمْ مُؤْمِنُ آلِ فِرْعَوْنَ وَخَازِنُ فِرْعَوْنَ وَامْرَأَتُهُ وَمَاشِطَةُ ابْنَتِهِ وَامْرَأَةُ خَازِنِهِ. وَقِيلَ: هُمْ أَقْوَامٌ آبَاؤُهُمْ مِنَ الْقِبْطِ، وَأُمَّهَاتُهُمْ مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ فَسُمُّوا ذُرِّيَّةً كَمَا يُسَمَّى أَوْلَادُ الْفُرْسِ الَّذِينَ تَوَالَدُوا بِالْيَمَنِ وَبِلَادِ الْعَرَبِ الْأَبْنَاءُ، لِأَنَّ أُمَّهَاتِهِمْ مِنْ غَيْرِ جِنْسِ آبَائِهِمْ، قاله الْفَرَّاءُ. وَعَلَى هَذَا فَالْكِنَايَةُ فِي " قَوْمِهِ" تَرْجِعُ إِلَى مُوسَى لِلْقَرَابَةِ مِنْ جِهَةِ الْأُمَّهَاتِ، وَإِلَى فرعون إذا كانوا من القبط. قوله تعالى: (عَلى خَوْفٍ مِنْ فِرْعَوْنَ) لِأَنَّهُ كَانَ مُسَلَّطًا عليهم عاتبا. (وَمَلَائِهِمْ) وَلَمْ يَقُلْ وَمَلَئِهِ، وَعَنْهُ سِتَّةُ أَجْوِبَةٍ: أَحَدُهَا- أَنَّ فِرْعَوْنَ لَمَّا كَانَ جَبَّارًا أَخْبَرَ عَنْهُ بِفِعْلِ الْجَمِيعِ. الثَّانِي- أَنَّ فِرْعَوْنَ لَمَّا ذُكِرَ عُلِمَ أَنَّ مَعَهُ غَيْرَهُ، فَعَادَ الضَّمِيرُ عَلَيْهِ وَعَلَيْهِمْ، وَهَذَا أَحَدُ قَوْلَيِ الْفَرَّاءِ. الثَّالِثُ: أَنْ تَكُونَ الْجَمَاعَةُ سُمِّيَتْ بِفِرْعَوْنَ مِثْلَ ثَمُودَ. الرَّابِعُ: أَنْ يَكُونَ التَّقْدِيرُ: عَلَى خَوْفٍ مِنْ آلِ فِرْعَوْنَ، فَيَكُونُ مِنْ بَابِ حَذْفِ الْمُضَافِ مِثْلَ: " وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ" «١» [يوسف: ٨٢]
(١). راجع ج ٩ ص ٢٤٥ فما بعد.

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