Parole du Très-Haut :
« Ont-ils dit : “Es-tu venu à nous pour nous détourner…” » : autrement dit, pour nous faire changer et nous faire dévier. On dit : « lafatahu yalfituhu laftan » lorsque quelqu’un en détourne un autre ou le fait dévier.
Le poète a dit :
« Je me suis tant tourné vers le campement que je me suis vu…
et mon cou s’est meurtri à force de tendre l’oreille et de me pencher. » (1)
De cette même racine est issu « iltafata », qui signifie simplement qu’il s’est détourné de la direction qu’il avait devant lui.
« …de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres » : il s’agit du culte des idoles.
« …et afin qu’à vous deux revienne la suprématie » : c’est-à-dire la grandeur, la royauté et l’autorité.
« …dans le pays » : on entend par là la terre d’Égypte.
On appelle la royauté « kibriyâ’ » (magnificence), parce que c’est la plus haute chose que l’on recherche dans ce bas-monde.
« Et nous ne croirons nullement en vous deux. »
Ibn Masʿûd, al-Hasan et d’autres ont lu : « wa-yakûnu » avec la lettre yâ’, l’expression étant un féminin non réel et séparée de son sujet. Sîbawayh rapporte cet exemple : « Le juge est venu aujourd’hui, deux femmes [avec lui]. »
[Coran, 10/79]
« Et Pharaon dit : “Amenez-moi tout magicien savant.” »
Il prononça ces mots lorsqu’il vit le bâton et la main éclatante, persuadé qu’il s’agissait de magie. Hamza, al-Kisâ’î, Ibn Waththâb et al-Aʿmash ont lu « sahhâr » (grand magicien). Nous avons déjà exposé, dans la sourate al-Aʿrâf, le commentaire à leur sujet (3).
[Coran, 10/80]
« Lorsque les magiciens se présentèrent, Moïse leur dit : “Jetez donc ce que vous voulez jeter.” »
C’est-à-dire : lancez à terre ce que vous tenez, vos cordes et vos bâtons. Cette question a déjà été longuement traitée dans la sourate al-Aʿrâf (4).
[Coran, 10/81]
« Puis, lorsqu’ils eurent jeté, Moïse dit : “Ce que vous avez apporté n’est que sorcellerie : Allah la réduira à néant. Car Allah ne fait pas prospérer l’œuvre des corrupteurs.” »