Az-Zajjâj a dit : « Ghummah dérive de gham. Les mots gham et ghummah sont à l’angoisse ce que karb et kurbah sont à la détresse. »
On a également dit : la ghummah est l’étroitesse d’une situation qui engendre le souci, si bien que l’intéressé ne discerne aucune issue d’où pourrait se dissiper ce qui l’accable.
Dans le Ṣiḥâḥ, il est indiqué : « La ghummah est la kurbah (la forte angoisse). »
Al-ʿAǧǧâǧ a dit :
« Mais si tu avais vu les gens quand ils furent comprimés
par une détresse qui, si elle n’avait été écartée, les eût étouffés. »
On dit : amrun ghummah – une affaire obscure, embrouillée. Le Très-Haut dit : « … puis que votre affaire ne soit pas pour vous une obscurité (ghummah). »
Abû ʿUbaydah commente : son sens figuré est « obscurité et étroitesse ».
Ghummah désigne aussi le fond du nīḥ (outre de cuir) et d’autres récipients.
D’autres ont dit : toutes ces acceptions dérivent du mot al-ġamâmah (le nuage).
Parole du Très-Haut : « Puis décidez contre moi sans délai » (Ṯumma iqḍû ilayya wa-lâ tunẓirûn).
L’alif de « iqḍû » est une alif de liaison, provenant du verbe qaḍâ, yaqḍī.
Al-Aḫfaš et Al-Kisâʾî ont dit : c’est comme Sa parole : « Nous fîmes parvenir jusqu’à lui cet ordre » [Al-Ḥiǧr : 66], c’est-à-dire : Nous le lui avons transmis et fait parvenir.
D’après Ibn ʿAbbâs, au sujet du verset « Puis décidez contre moi sans délai », il a dit : « Menez (vos desseins) contre moi et ne remettez pas (à plus tard). »
An-Naḥḥâs déclare : « Cette explication est juste du point de vue de la langue ; on dit ainsi : qaḍâ al-mayyit, c’est-à-dire “le défunt s’en est allé”. » Par là Noé les informa qu’ils ne pourraient jamais l’atteindre ; cela fait partie des preuves de la prophétie.
Al-Farrâʾ rapporte, de la part de certains lecteurs, la variante : « ṯumma ifḍû ilayya » – avec la lettre fâʾ et hamza initiale prononcée – c’est-à-dire : « Tournez-vous vers (moi) ». On dit : « afḍat al-ḫilâfatu ilâ fulân » (le califat échut à untel) et « afḍâ ilayya al-waǧaʿu » (la douleur se porta sur moi).
Il s’agit là d’une information d’Allâh, exalté soit-Il, au sujet de Son Prophète Noé – paix sur lui – : il était confiant dans la victoire d’Allâh et n’appréhendait point leurs ruses, sachant, de science certaine, qu’eux-mêmes et leurs divinités ne pouvaient ni nuire ni profiter. C’est en même temps une consolation pour Son Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – et un raffermissement pour son cœur.
[Coran, Sûrat Yûnus (10), verset 72] :
« Si donc vous vous détournez, (sachez que) je ne vous ai rien demandé comme rétribution ; ma récompense n’incombe qu’à Allâh, et il m’a été ordonné d’être du nombre des Musulmans. »