Parole du Très-Haut :
« Mais ils ont traité de mensonge ce dont ils n’ont pas cerné la science » :
Ils ont en effet démenti le Coran alors qu’ils ignoraient ses significations et son exégèse. Il leur incombait pourtant de l’apprendre en interrogeant (ceux qui savent). Cette formulation atteste l’obligation de réfléchir au sens (taʾwîl) du Livre.
Quant à Sa parole :
« et il ne leur est pas encore parvenu son interprétation »,
cela signifie : la réalité de l’issue réservée aux négateurs – à savoir la descente du châtiment – ne les a pas encore atteints ; ou encore : ils ont rejeté ce que renferme le Coran au sujet de la résurrection, du Paradis et de l’Enfer, et l’interprétation voulue, c’est-à-dire la réalité de ce qui leur a été promis dans le Livre, ne s’est pas encore réalisée pour eux. C’est l’avis d’al-Ḍaḥḥâk.
On demanda à al-Ḥusayn b. al-Faḍl : « Trouves-tu dans le Coran (le sens du dicton) : “Celui qui ignore une chose la prend en aversion ?” » Il répondit : « Oui, en deux endroits : “Mais ils ont traité de mensonge ce dont ils n’ont pas cerné la science” et : “Et lorsqu’ils n’y trouvent pas la bonne voie, ils disent : ‘Ceci est un mensonge ancien.’” (al-Aḥqâf : 11). »
« Ainsi ont démenti ceux d’avant eux » : c’est-à-dire les communautés passées ; telle fut leur voie. Ici, la particule « kâf » est à l’accusatif.
« Regarde donc quelle fut la fin des injustes » : Il les saisit par la perdition et le châtiment.
Parole du Très-Haut :
« Parmi eux, il en est qui y croient, et parmi eux, il en est qui n’y croient pas ; et ton Seigneur connaît mieux les fauteurs de corruption. »
Il a été dit : sont visés ici les habitants de La Mecque ; c’est-à-dire qu’il s’en trouvera, dans l’avenir, pour croire (au Coran), même si pour l’heure ils persistent dans le démenti, car la science préalable d’Allâh–Très-Haut– sait qu’ils font partie des bienheureux. Le pronom indéfini « man » est sujet, et son prédicat est contenu dans le groupe prépositionnel.
« Et parmi eux, il en est qui ne croient pas en lui » : il s’agit de ceux qui persisteront dans leur incroyance jusqu’à la mort, tel Abû Ṭâlib, Abû Lahab et leurs semblables.
D’autres exégètes ont dit : il s’agit des Gens du Livre.
D’autres encore : le verset est général et englobe tous les mécréants ; c’est l’avis le plus juste. Une opinion estime que le pronom « en lui » renvoie à Muḥammad – paix et salut sur lui – ; Allâh informe alors qu’Il diffère le châtiment parce qu’il y en a parmi eux qui finiront par croire.
« Ton Seigneur connaît mieux les fauteurs de corruption » : c’est-à-dire ceux qui persévèrent dans leur incroyance ; c’est là une menace à leur encontre.
Parole du Très-Haut :
« Et s’ils te traitent de menteur, dis : “À moi mon œuvre, et à vous votre œuvre ; vous êtes irresponsables de ce que je fais, et je suis irresponsable de ce que vous faites.” »