[Sourate Yûnus (10) : verset 36]
« Et la plupart d’entre eux ne suivent que la conjecture ; or la conjecture ne dispense en rien de la Vérité. Certes, Allâh est parfaitement Savant de ce qu’ils font. »
Parole du Très-Haut :
« Et la plupart d’entre eux ne suivent qu’une conjecture » : Il vise par là leurs chefs, c’est-à-dire qu’ils ne se fondent que sur l’intuition et la supposition lorsqu’ils prétendent que ces idoles sont des divinités et qu’elles intercèdent, sans disposer d’aucune preuve. Quant à leurs partisans, ils les suivent par pur mimétisme.
« La conjecture ne tient lieu de rien face à la Vérité » : c’est-à-dire face au châtiment d’Allâh ; la Vérité est Allâh Lui-même. D’autres ont dit que « la Vérité » désigne ici la certitude ; en d’autres termes, la conjecture n’est pas comparable à la certitude. Ce verset prouve qu’il ne suffit pas de s’en remettre à la simple supposition en matière de croyances.
« Allâh est, en vérité, parfaitement Savant de ce qu’ils font » en terme de mécréance et de démenti ; l’expression revêt ici la forme d’une menace.
[Sourate Yûnus (10) : verset 37]
« Il n’appartient pas à ce Coran d’être forgé en dehors d’Allâh ; au contraire, il est la confirmation de ce qui le précède et l’exposé détaillé de l’Écriture ; il n’y a point de doute en lui ; il vient du Seigneur des mondes. »
Parole du Très-Haut :
« Il n’appartient pas à ce Coran d’être forgé en dehors d’Allâh ».
Le mot « an » associé à « yuftarâ » forme ici un masdar ; le sens est : « Ce Coran n’est point une fabrication », tout comme on dit : « Untel aime an yarkaba (monter) », c’est-à-dire qu’il aime la monte ; explication d’al-Kisâ’î.
Al-Farrâ’ dit : le sens est : « Il ne convient pas à ce Coran d’être forgé », comme dans la Parole : « Il n’appartient pas à un Prophète de frauder » [Âl-‘Imrân : 161] et « Les croyants n’avaient pas à partir tous ensemble » [At-Tawbah : 122].
D’autres ont dit : « an » a le sens de la lâm ; le sens serait alors : « Il n’appartient pas à ce Coran li-yuftarâ (d’être forgé) ».
D’autres encore : « an » équivaut à « lâ », c’est-à-dire : « il n’est pas forgé ».
Il a aussi été dit : le sens est qu’il n’est pas possible à quiconque de produire l’équivalent de ce Coran, de sa propre initiative, puis de l’attribuer ensuite à Allâh, du fait de son caractère miraculeux, de sa structure, de ses significations et de sa composition.
« Mais (il est) la confirmation de ce qui est entre ses mains » : al-Kisâ’î, al-Farrâ’ et Muḥammad b. Sa‘dân expliquent que l’estimation est : « Mais il a été (envoyé comme) confirmation » ; selon eux, on peut également lire au nominatif : « Mais il est la confirmation ». « Ce qui est entre ses mains » renvoie à la Torah, à l’Évangile et aux autres Écritures, car elles avaient annoncé sa venue, et il est effectivement survenu.