Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxième lecture : Abou ʿAmr et Qâlûn, dans l’une de ses transmissions, lisent le mot en oscillant entre la voyelle ouverte et la consonne muette, conformément à leur méthode d’atténuation et d’ellipse phonétique.

Troisième lecture : Ibn ʿÂmir, Ibn Kathîr, Warsh et Ibn Muḥayṣin prononcent « yahaddî » – en ouvrant la yâ et le hâ et en doublant la dâl. An-Naḥḥâs commente : « Cette lecture est claire en arabe ; son origine est “yahtadî”, la tā ayant été assimilée à la dāl et son mouvement reporté sur le hâ. »

Quatrième lecture : Ḥafṣ, Yaʿqûb et l’Aʿmach d’après Abî Bakr lisent comme Ibn Kathîr, sauf qu’ils cassent le hâ. Ils disent : « Car, lorsqu’une consonne jussive est contrainte d’être vocalisée, on la vocalise par une kasra. » Abû Ḥâtim précise : « C’est la langue de la basse tribu de Muḍar. »

Cinquième lecture : Abû Bakr, d’après ʿÂṣim, lit « yihaddî », en cassant la yâ et le hâ et en doublant la dâl ; tout cela par conformité à la kasra, comme il a déjà été expliqué dans al-Baqarah au sujet de « yakhtaful ». On a également dit que c’est la prononciation de ceux qui lisent « nastaʿîn », « lan tamassanâ an-nâr », et semblables. Sîbawayh n’admet pas « yihaddî » ; il admet cependant « tihaddî », « nihaddî » et « ihaddî », arguant que la kasra alourdit déjà la yâ.

Sixième lecture : Ḥamzah, al-Kisâʾî, Khalaf, Yaḥyā b. Waṯṯâb et l’Aʿmach lisent « yahdî » – en ouvrant la yâ, en mettant le hâ au repos et en allégeant la dâl – selon la racine « hadā yahdî ».

An-Naḥḥâs dit : « Cette lecture possède deux justifications en arabe, bien qu’elle soit éloignée. » L’une d’elles est que al-Kisâʾî et al-Far­râʾ ont affirmé : « yahdî » signifie « yahtadî ». Abû l-ʿAbbâs rétorque : « Ceci n’est pas connu ; mais le sens implicite est : “Celui qui ne guide pas autrui.” La phrase s’interrompt là. Puis vient : “sauf s’il est lui-même guidé”, reprenant l’idée première ; autrement dit, il a besoin d’être guidé. Il s’agit donc d’une exception disjointe, à l’instar de : “Untel n’entend personne, à moins qu’il ne soit lui-même entendu”, c’est-à-dire : il a besoin d’être entendu. »

Abû Isḥâq dit : « La parole “Fa-mâ lakum” constitue une proposition complète ; le sens en est : quel argument avez-vous à adorer les idoles ? » Puis on leur dit : « Kayfa taḥkumûn ? », c’est-à-dire : comment jugez-vous pour vous-mêmes et arrêtez-vous sur cette fausseté manifeste ? Vous adorez des divinités qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, si ce n’est ce qu’on fait d’elles, tandis qu’Allâh accomplit ce qu’Il veut ; et pourtant vous délaissez Son adoration. La place syntaxique de « kayfa » est l’accusatif, lié au verbe « taḥkumûn ».

الثَّانِيَةُ- قَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَقَالُونُ فِي رِوَايَةٍ بَيْنَ الْفَتْحِ وَالْإِسْكَانِ، عَلَى مَذْهَبِهِ فِي الْإِخْفَاءِ وَالِاخْتِلَاسِ. الثَّالِثَةُ- قَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَابْنُ كَثِيرٍ وَوَرْشٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ " يَهَدِّي" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَالْهَاءِ وَتَشْدِيدِ الدَّالِ، قَالَ النَّحَّاسُ: هَذِهِ الْقِرَاءَةُ بَيِّنَةٌ فِي الْعَرَبِيَّةِ، وَالْأَصْلُ فِيهَا يَهْتَدِي أُدْغِمَتِ التَّاءُ فِي الدَّالِ وَقُلِبَتْ حَرَكَتُهَا عَلَى الْهَاءِ. الرَّابِعَةُ- قَرَأَ حَفْصٌ وَيَعْقُوبُ وَالْأَعْمَشُ عَنْ أَبِي بَكْرٍ مِثْلَ قِرَاءَةِ ابْنِ كَثِيرٍ، إِلَّا أَنَّهُمْ كَسَرُوا الْهَاءَ، قَالُوا: لِأَنَّ الْجَزْمَ إِذَا اضْطُرَّ إِلَى حَرَكَتِهِ حُرِّكَ إِلَى الْكَسْرِ. قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: هِيَ لُغَةُ سُفْلِيِّ مُضَرَ. الْخَامِسَةُ- قَرَأَ أَبُو بَكْرٍ عَنْ عَاصِمٍ " يِهِدِّي" بِكَسْرِ الْيَاءِ وَالْهَاءِ وتشديد الدال، كل ذلك لاتباع الْكَسْرَ كَمَا تَقَدَّمَ فِي الْبَقَرَةِ فِي " يَخْطَفُ" «١» [البقرة: ٢٠] وَقِيلَ: هِيَ لُغَةُ مَنْ قَرَأَ " نَسْتَعِينُ «٢» " ، وَ " لَنْ تَمَسَّنَا النَّارُ" وَنَحْوَهُ. وَسِيبَوَيْهِ لَا يُجِيزُ " يِهِدِّي" وَيُجِيزُ " تِهِدِّي" وَ " نِهِدِّي" وَ " إِهِدِّي" قَالَ: لِأَنَّ الْكَسْرَةَ فِي الْيَاءِ تُثَقَّلُ. السَّادِسَةُ- قَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَخَلَفٌ وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَالْأَعْمَشُ " يَهْدِي" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَإِسْكَانِ الْهَاءِ وَتَخْفِيفِ الدَّالِ، مِنْ هَدَى يَهْدِي. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذِهِ الْقِرَاءَةُ لَهَا وَجْهَانِ فِي الْعَرَبِيَّةِ وَإِنْ كَانَتْ بَعِيدَةٌ، وَأَحَدُ الْوَجْهَيْنِ أَنَّ الْكِسَائِيَّ وَالْفَرَّاءَ قَالَا: " يَهْدِي" بِمَعْنَى يَهْتَدِي. قَالَ أَبُو الْعَبَّاسِ: لَا يُعْرَفُ هَذَا، وَلَكِنَّ التَّقْدِيرَ أَمَّنْ لَا يَهْدِي غَيْرَهُ، تَمَّ الْكَلَامُ، ثُمَّ قَالَ: " إِلَّا أَنْ يُهْدى " اسْتَأْنَفَ مِنَ الْأَوَّلِ، أَيْ لَكِنَّهُ يَحْتَاجُ أَنْ يُهْدَى، فَهُوَ اسْتِثْنَاءٌ مُنْقَطِعٌ، كَمَا تَقُولُ: فُلَانٌ لَا يُسْمِعُ غَيْرَهُ إِلَّا أَنْ يُسْمَعَ، أَيْ لَكِنَّهُ يَحْتَاجُ أَنْ يُسْمَعَ. وَقَالَ أَبُو إِسْحَاقَ: " فَما لَكُمْ" كَلَامٌ تَامٌّ، وَالْمَعْنَى: فَأَيُّ شي لَكُمْ فِي عِبَادَةِ الْأَوْثَانِ. ثُمَّ قِيلَ لَهُمْ: " كَيْفَ تَحْكُمُونَ" أَيْ لِأَنْفُسِكُمْ وَتَقْضُونَ بِهَذَا الْبَاطِلِ الصُّرَاحِ، تَعْبُدُونَ آلِهَةً لَا تُغْنِي عَنْ أَنْفُسِهَا شَيْئًا إِلَّا أَنْ يُفْعَلَ بِهَا، وَاللَّهُ يَفْعَلُ مَا يَشَاءُ فَتَتْرُكُونَ عِبَادَتَهُ، فَمَوْضِعُ " كَيْفَ" نَصْبٌ ب "- تَحْكُمُونَ" .
(١). راجع ج ١ ص ٢٢١. (٢). راجع ج ١ ص ٦٤١.

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