(Vingt mille).
Il a été dit que « l’augmentation » consiste en ce que la bonne action soit multipliée par dix, voire davantage ; c’est ce qui a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs. D’après ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – on rapporte que « l’augmentation » est une chambre faite d’une seule perle, dotée de quatre mille portes.
Mujâhid a dit : « Al-ḥusnâ » est une bonne action équivalente à une bonne action, et « l’augmentation » est le pardon d’Allâh et Sa satisfaction.
ʿAbd ar-Raḥmân ibn Zayd ibn Aslam a dit : « Al-ḥusnâ » désigne le Paradis, et « l’augmentation » ce sont les faveurs qu’Allâh leur accorde en ce bas-monde et dont Il ne leur demandera pas compte au Jour de la Résurrection.
ʿAbd ar-Raḥmân ibn Sâbit a dit : « Al-ḥusnâ » est la bonne annonce, et « l’augmentation » est la vision du Noble Visage d’Allâh – Très-Haut. Allâh – exalté soit-Il – dit :
« Ce jour-là, des visages seront resplendissants,
regardant leur Seigneur. » (Sourate 75, v. 22-23)
Yazîd ibn Shajarah a dit : « L’augmentation » est qu’un nuage passe au-dessus des gens du Paradis, les arrose de toutes sortes de trésors qu’ils n’avaient jamais vus, en leur disant : « Ô gens du Paradis, que désirez-vous que je fasse tomber sur vous ? » Ils ne veulent alors rien sans qu’il ne le leur fasse pleuvoir.
Il a également été dit que « l’augmentation » consiste en ce que, pour chacun d’eux, il ne s’écoule pas l’équivalent d’un jour de ce bas-monde sans que soixante-dix mille anges ne fassent le tour de sa demeure, chacun portant des présents de la part d’Allâh que nul autre ne possède ; jamais ils n’ont vu de tels cadeaux. Gloire donc à [Celui dont la science est vaste, le Riche, le Digne de louange, le Très-Haut, le Grand, le Tout-Puissant, le Sage, le Subtil, le Généreux], Lui dont les déterminations n’ont pas de fin.
Il a été dit encore : « Ils ont excellé » c’est-à-dire dans leur comportement envers les gens ; « al-ḥusnâ » est leur intercession ; et « l’augmentation » est la permission d’Allâh à cet égard et Son agrément.
Parole d’Allâh – Très-Haut :
« Et ils ne seront point couverts (yarhaqu) … »
On a dit que « yarhaqu » signifie « atteindre, rejoindre » ; de là l’expression « ghulâm murâhiq » lorsqu’un adolescent rejoint le rang des hommes. D’autres ont dit que cela veut dire « surmonter, dominer » ; d’autres encore : « recouvrir ». Les significations sont voisines.
« Qatar » : poussière fine.
« Et point d’avilissement » : c’est-à-dire aucune humiliation, contrairement aux gens du Feu. Autrement dit, aucune poussière ne les couvrira sur le lieu de leur rassemblement auprès d’Allâh, et aucune avilissement ne les enveloppera.
Abû ʿUbayda a cité ces vers du poète al-Farazdaq :
« Couronné du manteau royal, il est suivi
par une houle au-dessus de laquelle flottent étendards et poussière (qatar). »
Al-Ḥasan a lu « qatr » en marquant la pause sur le tā’. Qatar, qatarah et qatrah ont le même sens, dit an-Naḥḥâs. Le singulier de qatar est qatarah ; Allâh – Très-Haut – a dit :
« … la recouvrira (tarhaqu-hā) qatarah (poussière). » (Sourate 80, v. 41)
C’est-à-dire : une poussière sombre l’enveloppera.
On a dit aussi que « qatar » désigne la tristesse et le ressac.
Ibn ʿAbbâs a dit : le qatar est la noirceur des visages.
Ibn Baḥr a dit : c’est la fumée du Feu ; de là vient l’expression « qutâr de marmite ».
Ibn Abî Laylâ a dit : c’est leur éloignement de la vision de leur Seigneur – Glorifié soit-Il.