Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« La parabole de la vie d’ici-bas n’est que celle d’une eau que Nous avons fait descendre du ciel. »

Le verset procède par comparaison et par illustration : la situation de la vie d’ici-bas – vouée à disparaître, à s’évanouir, de peu d’importance et de plaisirs fugitifs – est semblable à l’eau. La particule de comparaison (kâf) se trouve ici en position de sujet implicite. Un éclaircissement plus détaillé de cette similitude viendra, si Allah le veut, dans la sourate « Al-Kahf ».

« … que Nous avons fait descendre du ciel » : cette proposition adjectivale qualifie « une eau ».

« Puis elle se mêle… »

D’après Nâfiʿ, on fait une pause de récitation sur « fa-khtalata » (elle se mêla), c’est-à-dire : l’eau s’est mélangée à la terre. On reprend ensuite : « … grâce à elle, la végétation de la terre (a poussé) », autrement dit : c’est par cette eau que la végétation a germé, faisant apparaître toute la diversité de ses couleurs. Dans cette lecture, « nabatun » (la végétation) constitue un nouveau début de phrase.

Selon ceux qui ne s’arrêtent pas sur « fa-khtalata », le terme « nabat-u l-arḍ » est au nominatif dépendant du verbe : la végétation s’est mêlée à la pluie, l’a absorbée, s’est épanouie, embellie et verdoyante. L’« ikhtilâṭ » (mélange) désigne l’intrication d’une chose dans une autre.

Parole du Très-Haut :

« … de ce dont se nourrissent les hommes » : céréales, fruits, légumes.

« … et les bestiaux » : herbe des pâturages, paille et orge.

« Jusqu’à ce que la terre ait pris sa parure (zukhru f-hâ) » : c’est-à-dire sa beauté et son ornement. Le terme « zukhru f » exprime la perfection de la beauté ; de là, l’or est appelé « zukhru f ».

« … et qu’elle se soit embellie (wazzayyanat) » par les grains, les fruits et les fleurs. À l’origine, la forme est « tazayyanat » ; la lettre tâ a été assimilée à la zâʾ et l’on a fait précéder d’une hamza de liaison, car la consonne assimilée représente deux lettres dont la première est muette, or on ne peut commencer par une lettre muette.

ʿAbdullâh b. Masʿûd et Ubayy b. Kaʿb ont lu « wa-tazayyanat » selon la forme originelle. Al-Ḥasan, al-Aʿraj et Abû l-ʿÂliya ont lu « wa-azyanat », c’est-à-dire : elle a fait paraître sa parure – ses épis et ses récoltes – en employant le verbe sous sa forme originelle ; s’il avait été assimilé, on aurait eu « wazzânat ».

ʿAwf b. Abî Jamîla al-Aʿrâbî rapporte que nos maîtres lisaient « wazyan-nat », sur le même schème que « iswaddat » (elle s’est noircie). Dans la transmission d’al-Muqaddimî : « wazzayyanat ». L’origine en est « tazây­yanat », sur le modèle de « taqâʿasat », puis a eu lieu l’assimilation.

Ach-Shaʿbî et Qatâda lisaient « wa-azyanat » (forme aƒʿalat), tandis qu’Abû ʿUthmân an-Nahdî lisait « wazyanat » (forme ifʿalat) ; on rapporte également de lui « wazyânat » (ifʿâlat). Une autre de ses lectures est « izya’anat » avec hamza médiane : trois variantes au total.

Parole du Très-Haut :

« … et que ses habitants croient » – c’est-à-dire qu’ils tiennent pour certain –

« … qu’ils en ont la pleine maîtrise » : la capacité d’en moissonner les récoltes et d’en profiter. Allah parle de « la terre », mais l’intention vise la végétation, laquelle est comprise par contexte.

Et il fut dit : fin (du passage).

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّما مَثَلُ الْحَياةِ الدُّنْيا كَماءٍ أَنْزَلْناهُ مِنَ السَّماءِ) مَعْنَى الْآيَةِ التَّشْبِيهُ وَالتَّمْثِيلُ، أَيْ صِفَةُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا فِي فَنَائِهَا وَزَوَالِهَا وقلة خطر ها وَالْمَلَاذِّ بِهَا كَمَاءٍ، أَيْ مِثْلُ مَاءٍ، فَالْكَافُ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ. وَسَيَأْتِي لِهَذَا التَّشْبِيهِ مَزِيدُ بَيَانٍ فِي " الْكَهْفِ" «١» إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. " أَنْزَلْناهُ مِنَ السَّماءِ" نَعْتٌ لِ "- مَاءٍ" . (فَاخْتَلَطَ) رُوِيَ عَنْ نَافِعٍ أَنَّهُ وَقَفَ عَلَى " فَاخْتَلَطَ" أَيْ فَاخْتَلَطَ الْمَاءُ بِالْأَرْضِ، ثُمَّ ابْتَدَأَ (بِهِ نَباتُ الْأَرْضِ) أَيْ بِالْمَاءِ نَبَاتُ الْأَرْضِ، فَأَخْرَجَتْ أَلْوَانًا مِنَ النَّبَاتِ، فَنَبَاتٌ عَلَى هَذَا ابْتِدَاءٌ، وَعَلَى مَذْهَبِ مَنْ لَمْ يَقِفْ عَلَى " فَاخْتَلَطَ" مَرْفُوعٌ بِاخْتَلَطَ، أَيِ اخْتَلَطَ النَّبَاتُ بِالْمَطَرِ، أَيْ شَرِبَ مِنْهُ فَتَنَدَّى وَحَسُنَ وَاخْضَرَّ. وَالِاخْتِلَاطُ تَدَاخُلُ الشَّيْءِ بَعْضُهُ فِي بَعْضٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (مِمَّا يَأْكُلُ النَّاسُ) مِنَ الْحُبُوبِ وَالثِّمَارِ وَالْبُقُولِ. (وَالْأَنْعامُ) مِنَ الْكَلَإِ وَالتِّبْنِ وَالشَّعِيرِ. (حَتَّى إِذا أَخَذَتِ الْأَرْضُ زُخْرُفَها) أَيْ حُسْنَهَا وَزِينَتَهَا. وَالزُّخْرُفُ كَمَالُ حُسْنِ الشَّيْءِ، وَمِنْهُ قِيلَ لِلذَّهَبِ: زُخْرُفٌ. (وَازَّيَّنَتْ) أَيْ بِالْحُبُوبِ وَالثِّمَارِ وَالْأَزْهَارِ، وَالْأَصْلُ تَزَيَّنَتْ أُدْغِمَتِ التاء في الزاي وجئ بِأَلِفِ الْوَصْلِ، لِأَنَّ الْحَرْفَ الْمُدْغَمَ مَقَامُ حَرْفَيْنِ الْأَوَّلُ مِنْهُمَا سَاكِنٌ وَالسَّاكِنُ لَا يُمْكِنُ الِابْتِدَاءُ بِهِ. وَقَرَأَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَأُبَيُّ بْنُ كَعْبٍ " وَتَزَيَّنَتْ" عَلَى الْأَصْلِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَالْأَعْرَجُ وَأَبُو الْعَالِيَةِ " وَأَزْيَنَتْ" أَيْ أَتَتْ بِالزِّينَةِ عَلَيْهَا، أَيِ الْغَلَّةِ وَالزَّرْعِ، وَجَاءَ بِالْفِعْلِ عَلَى أَصْلِهِ وَلَوْ أعله لقال وازانت. وقال عوف ابن أَبِي جَمِيلَةَ الْأَعْرَابِيُّ: قَرَأَ أَشْيَاخُنَا " وَازْيَانَّتْ" وَزْنُهُ اسْوَادَّتْ. وَفِي رِوَايَةِ الْمُقَدِّمِيِّ " وَازَّايَنَتْ" وَالْأَصْلُ فِيهِ تَزَايَنَتْ، وَزْنُهُ تَقَاعَسَتْ ثُمَّ أُدْغِمَ. وَقَرَأَ الشَّعْبِيُّ وَقَتَادَةُ " وَأَزْيَنَتْ" مِثْلُ أفْعَلَتْ. وَقَرَأَ أَبُو عُثْمَانَ النَّهْدِيُّ " وَازْيَنَتْ" مِثْلُ افْعَلَتْ، وَعَنْهُ أَيْضًا " وَازْيَانَتْ مِثْلُ افْعَالَتْ، وَرُوِيَ عَنْهُ" ازْيَأَنَتْ" بِالْهَمْزَةِ، ثَلَاثُ قِرَاءَاتٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَظَنَّ أَهْلُها) أَيْ أَيْقَنَ. (أَنَّهُمْ قادِرُونَ عَلَيْها) أَيْ عَلَى حَصَادِهَا وَالِانْتِفَاعِ بِهَا، أَخْبَرَ عَنِ الْأَرْضِ وَالْمَعْنِيُّ النَّبَاتُ إِذْ كان مفهوما وهو منها. وقيل: رد
(١). راجع ج ١٠ ص ٤١٢.

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