Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn al-Anbari a dit : Il est recevable, dans l’usage linguistique, de passer d’une tournure à la troisième personne à l’énoncé d’une interpellation directe.

Le Très-Haut dit en effet : « Et leur Seigneur les abreuvait d’une boisson d’une parfaite pureté : “Voilà bien pour vous la récompense, et votre effort a été reconnu.” » [al-Insān, 21-22]. Il a ainsi substitué la lettre kâf (–kom, « vous ») au pronom hā’ (–hum, « eux »).

Parole du Très-Haut : « …par un vent doux, et ils s’en réjouirent… » – l’explication en a déjà été donnée dans la sourate al-Baqarah – ;

« …survint alors un vent violent… »

Le pronom dans « survint à elle » renvoie au navire ; certains ont pourtant considéré qu’il renvoyait au vent favorable. Le terme « ʿāṣif » désigne un vent impétueux ; on dit : ʿaṣafat ar-rīḥu ou aʿṣafat, c’est-à-dire qu’elle a soufflé avec force. De là, elle est dite ʿāṣif, muʿṣif ou muʿṣifa, c’est-à-dire violente.

Le poète dit :
« Quand se déchaîne un vent ébranleur,
portant nuées et tonnerre au grondement retentissant. »

Le terme « ʿāṣif » est ici au masculin parce que le mot rīḥ (vent) peut être traité comme masculin ; on l’appelle aussi al-qāṣif. Quant au « vent doux », il n’est ni violent ni lent.

« Et les vagues les cernèrent de toute part » : le mot mawǧ désigne l’élévation de l’eau.

« Et ils crurent [litt. pensèrent] qu’ils allaient être submergés » : c’est-à-dire qu’ils furent certains que l’épreuve les avait entourés. On dit de celui qui est frappé par une calamité : « Il a été cerné », comme si l’épreuve l’avait enveloppé. Originellement, lorsque l’ennemi encercle un lieu, ses habitants sont considérés comme perdus.

« Ils invoquèrent Allah, Lui vouant exclusivement le culte » : ils L’invoquèrent Lui seul et abandonnèrent ce qu’ils adoraient auparavant. Ce passage montre que les créatures sont naturellement enclines à se tourner vers Allah dans l’adversité, et que la supplication de l’affligé est exaucée, fut-il mécréant, parce que toutes les causes voient alors leur chaîne se rompre et que l’on retourne à l’Unique, Seigneur des seigneurs – comme cela sera exposé dans la sourate an-Naml, si Allah ‑ Très-Haut ‑ le veut.

Certains exégètes rapportent qu’ils dirent, dans leur supplication : « Ahyā sharāhiyā », c’est-à-dire « Yā Ḥayy, Yā Qayyūm » – « Ô Vivant, ô Soutien absolu » –, expression appartenant à la langue des non-Arabes.

Question juridique : Ce verset établit la licéité de la navigation maritime de manière absolue. Dans la Sunna, on trouve le hadith d’Abū Hurayrah où il est dit : « Nous embarquons sur la mer, n’emportant avec nous qu’un peu d’eau… » – et tout le hadith. Le hadith d’Anas, relatant l’histoire d’Umm Ḥarām, prouve également la permission de prendre la mer pour le combat. Cette question a été traitée en détail dans la sourate al-Baqarah – louange à Allah.

Il a été rappelé à la fin de la sourate al-Aʿrāf le statut de celui qui se trouve à bord lorsque la mer est agitée et écumante : doit-il être considéré comme la personne en bonne santé ou comme le malade sous interdiction ? Reporte-toi à ce passage et médite-le attentivement.

قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: وَجَائِزٌ فِي اللُّغَةِ أَنْ يُرْجَعَ مِنْ خِطَابِ الْغَيْبَةِ إِلَى لَفْظِ الْمُوَاجَهَةِ بِالْخِطَابِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَسَقاهُمْ رَبُّهُمْ شَراباً طَهُوراً إِنَّ هَذَا كانَ لَكُمْ جَزاءً وَكانَ سَعْيُكُمْ مَشْكُوراً" «١» [الإنسان: ٢٢ - ٢١] فَأَبْدَلَ الْكَافَ مِنَ الْهَاءِ. قَوْلُهُ تَعَالَى " بِرِيحٍ طَيِّبَةٍ وَفَرِحُوا بِها" تَقَدَّمَ الْكَلَامُ «٢» فِيهَا فِي الْبَقَرَةِ (جاءَتْها رِيحٌ عاصِفٌ) الضَّمِيرُ فِي " جاءَتْها" لِلسَّفِينَةِ. وَقِيلَ لِلرِّيحِ الطَّيِّبَةِ. وَالْعَاصِفُ الشَّدِيدَةُ، يُقَالُ: عَصَفَتِ الرِّيحُ وَأَعْصَفَتْ، فَهِيَ عَاصِفٌ وَمُعْصِفٌ وَمُعْصِفَةٌ أَيْ شَدِيدَةٌ، قَالَ الشَّاعِرُ: حَتَّى إِذَا أَعْصَفَتْ رِيحٌ مُزَعْزِعَةٌ ... فِيهَا قِطَارٌ وَرَعْدٌ صَوْتُهُ زَجِلُ وَقَالَ " عَاصِفٌ" بِالتَّذْكِيرِ لِأَنَّ لَفْظَ الرِّيحِ مُذَكَّرٌ، وَهِيَ الْقَاصِفُ أَيْضًا. وَالطَّيِّبَةُ غَيْرُ عَاصِفٍ وَلَا بَطِيئَةٍ. (وَجاءَهُمُ الْمَوْجُ مِنْ كُلِّ مَكانٍ) وَالْمَوْجُ مَا ارْتَفَعَ مِنَ الْمَاءِ (وَظَنُّوا) أَيْ أَيْقَنُوا (أَنَّهُمْ أُحِيطَ بِهِمْ) أَيْ أَحَاطَ بِهِمُ الْبَلَاءُ، يُقَالُ لِمَنْ وَقَعَ فِي بَلِيَّةٍ: قَدْ أُحِيطَ بِهِ، كَأَنَّ الْبَلَاءَ قَدْ أَحَاطَ بِهِ، وَأَصْلُ هَذَا أَنَّ الْعَدُوَّ إِذَا أَحَاطَ بِمَوْضِعٍ فَقَدْ هَلَكَ أَهْلُهُ. (دَعَوُا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ) أَيْ دَعَوْهُ وَحْدَهُ وَتَرَكُوا مَا كَانُوا يَعْبُدُونَ. وَفِي هَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْخَلْقَ جُبِلُوا عَلَى الرُّجُوعِ إِلَى اللَّهِ فِي الشَّدَائِدِ، وَأَنَّ الْمُضْطَرَّ يُجَابُ دُعَاؤُهُ، وَإِنْ كَانَ كَافِرًا، لِانْقِطَاعِ الْأَسْبَابِ وَرُجُوعِهِ إِلَى الْوَاحِدِ رَبِّ الْأَرْبَابِ، عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي " النَّمْلِ" إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى «٣» . وَقَالَ بَعْضُ الْمُفَسِّرِينَ: إِنَّهُمْ قَالُوا فِي دُعَائِهِمْ أَهْيَا شَرَاهِيَا، أَيْ يَا حَيُّ يَا قَيُّومُ. وَهِيَ لُغَةُ الْعَجَمِ. مَسْأَلَةٌ- هَذِهِ الْآيَةُ تَدُلُّ عَلَى رُكُوبِ الْبَحْرِ مُطْلَقًا، وَمِنَ السُّنَّةِ حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ وَفِيهِ: إِنَّا نَرْكَبُ الْبَحْرَ وَنَحْمِلُ مَعَنَا الْقَلِيلَ مِنَ الْمَاءِ ... الْحَدِيثَ. وَحَدِيثُ أَنَسٍ فِي قِصَّةِ أُمِّ حَرَامٍ يَدُلُّ عَلَى جَوَازِ رُكُوبِهِ فِي الْغَزْوِ، وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي " الْبَقَرَةِ" مُسْتَوْفًى «٤» وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي آخِرِ " الْأَعْرَافِ" حُكْمُ رَاكِبِ الْبَحْرِ فِي حَالِ ارْتِجَاجِهِ وَغَلَيَانِهِ، هَلْ حُكْمُهُ حُكْمُ الصَّحِيحِ أَوِ الْمَرِيضِ الْمَحْجُورِ عَلَيْهِ، فَتَأَمَّلْهُ هناك «٥» .
(١). راجع ج ١٩ ص ١٤١ فما بعد. (٢). راجع ج ٢ ص ٢٩٧ وص ١٩٥. (٣). راجع ج ١٣ ص ٢٢٣. (٤). راجع ج ٢ ص ٢٩٧ وص ١٩٥. (٥). راجع ج ٧ ص ٣٤١.

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