C’est-à-dire : Il leur inflige une sanction plus promptement que ne le mériterait la ruse qu’ils ont ourdie ; en d’autres termes, le châtiment qui les atteint est plus rapide à les anéantir que la ruse qu’ils ont ourdie ne l’a été à se réaliser.
« Nos messagers consignent ce que vous tramez » : par « Nos messagers » il faut entendre les anges scribes chargés de la garde des œuvres. La lecture reçue du grand nombre rend le verbe à la deuxième personne : « tamkurūna » (vous tramez), tandis que Ya‘qūb – selon la transmission de Ruways – et Abū ‘Amr – selon la transmission de Hārūn al-‘Atakī – le lisent à la troisième personne : « yamkurūna » (ils trament), conformément à la parole divine : « Et voilà qu’ils ourdissent des ruses à propos de Nos signes ».
On rapporte qu’Abū Sufyān dit : « La sécheresse s’est abattue sur nous ; invoque donc ton Seigneur ; si tu nous fais pleuvoir, nous croirons en toi. » Ils furent alors abreuvés grâce à la demande de pluie formulée par le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –, mais ils ne crurent pas : là réside toute leur ruse.
« C’est Lui qui vous fait cheminer sur terre et sur mer. Lorsque vous êtes à bord de navires et qu’ils voguent avec eux, portés par un vent favorable, et qu’ils s’en réjouissent, voilà qu’un vent impétueux survient, que les vagues les assaillent de toutes parts, et qu’ils se sentent cernés. Alors ils invoquent Allah en Lui vouant exclusivement le culte : “Si Tu nous sauves de ceci, nous serons assurément parmi les reconnaissants.” Mais lorsqu’Il les a sauvés, les voilà qui commettent des exactions sur terre, injustement. Ô gens ! Votre révolte ne retombera que sur vous-mêmes ; jouissance éphémère de la vie d’ici-bas ; puis c’est vers Nous que sera votre retour, et Nous vous informerons de ce que vous faisiez. » (Yûnus, 22-23)
Parole du Très-Haut : « C’est Lui qui vous fait cheminer sur terre et sur mer ; lorsque vous êtes à bord des navires et qu’ils voguent avec eux… » : c’est-à-dire qu’Il vous transporte sur terre, montés sur les montures, et sur mer, à bord des vaisseaux.
Al-Kalbī dit : Il vous protège durant le voyage. Ce verset énumère les bienfaits qui accompagnent habituellement l’usage que les hommes font des montures et de la navigation maritime – sujet déjà traité dans la sourate « Al-Baqarah ».
« yusayyirukum » (« Il vous fait cheminer ») est la lecture communément reçue ; Ibn ‘Āmir lit « yanshurukum » (« Il vous répand »), avec nūn et shīn, c’est-à-dire qu’Il vous disperse et vous répand. Le mot « fulk » (navire) s’emploie au singulier comme au pluriel, au masculin comme au féminin, ainsi qu’on l’a déjà mentionné.
L’expression « wa jarayna bihim » (« et qu’ils voguent avec eux ») marque le passage du discours direct au discours indirect ; ce procédé est fréquent dans le Coran et dans la poésie arabe. Le poète al-Nâbigha dit en effet :
« Ô demeure de Mayya, sur l’éminence puis la pente…
– Tu es devenue déserte, et sur toi ont longuement passé les âges révolus. »