Il y a dans ce passage trois questions :
Premièrement –
La parole du Très-Haut :
« Et lorsque Nos versets leur sont récités »
Le verbe « sont récités » signifie : sont lus. Quant à « clairement exposés », il est à l’accusatif en fonction circonstancielle et signifie : évidents, sans ambiguïté ni obscurité.
« Ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre dirent »
autrement dit : ceux qui ne redoutent pas le Jour de la Résurrection et du jugement, et qui n’escomptent nullement la récompense. Qatâdah a dit : il s’agit des polythéistes de La Mecque.
« Apporte un Coran autre que celui-ci, ou bien change-le »
La différence entre « le changer » et « apporter un autre » est que le changement exclut qu’il reste conjointement avec l’original, tandis qu’« apporter un autre » n’exclut pas qu’il existe à côté de lui.
Leur demande recouvre trois aspects :
- Ils exigeaient qu’il transforme les promesses en menaces, et les menaces en promesses, que le licite devienne illicite et l’illicite licite. C’est l’avis d’Ibn Jarîr at-Tabarî.
- Ils réclamaient la suppression de ce que le Coran contient comme critique de leurs divinités et comme dénonciation de la sottise de leurs opinions. C’est l’avis d’Ibn ‘Îsâ.
- Ils voulaient qu’il efface toute mention de la résurrection et de la revivification des morts. C’est l’avis d’az-Zajjâj.
Deuxièmement –
La parole du Très-Haut :
« Dis : il ne m’appartient pas »
c’est-à-dire : dis, ô Muhammad, il ne m’échoit pas
« de le changer de mon propre chef »
ni de moi-même, pas plus qu’il ne m’est permis de le rejeter ou de le démentir.
« Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé »
c’est-à-dire : je ne suis que ce que je vous récite : promesse et menace, interdictions et permissions, commandements et prohibitions. Certains ont voulu voir dans ce verset une preuve pour interdire l’abrogation du Livre par la Sunna, sous prétexte que le Très-Haut dit : « Dis : il ne m’appartient pas de le changer de mon propre chef ». Mais cet argument est fragile, car le verset répond à la demande des polythéistes d’un texte équivalent au Coran dans sa composition littéraire ; le Messager – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – en était incapable. Ils ne lui demandaient pas de modifier la règle sans toucher à la formulation. De plus, toute parole du Messager qui relève de la Révélation ne vient pas de lui-même, mais d’Allâh, exalté soit-Il.
Troisièmement –
La parole du Très-Haut :
« Je crains, si je désobéis à mon Seigneur »
c’est-à-dire : si je contreviens en le changeant ou en l’altérant, ou en délaissant sa mise en pratique,
« le châtiment d’un Jour terrible »
c’est-à-dire : le Jour de la Résurrection.