Deuxièmement : Le Tasbîḥ (dire « Subḥân-Allâh »), le Ḥamd (dire « Al-ḥamdu li-Llâh ») et le Tahlîl (dire « Lâ ilâha illâ-Llâh ») peuvent être qualifiés de « du‘â’ » (supplication).
Muslim et al-Bukhârî rapportent, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — disait, dans les moments d’affliction :
« Lâ ilâha illâ-Llâh, al-‘aẓîmu al-ḥalîm. Lâ ilâha illâ-Llâh, Rabbu l-‘Arshi l-‘aẓîm. Lâ ilâha illâ-Llâh, Rabbu s-samâwâti wa Rabbu l-arḍ, wa Rabbu l-‘Arshi l-karîm. »
Aṭ-Ṭabarî dit : Les Anciens invoquaient par cette formule et la désignaient comme « l’invocation de la détresse ».
Interrogé à ce sujet, Ibn ‘Uyaynah répondit : « Ne sais-tu pas qu’Allâh — Très-Haut — dit : “Lorsque la louange que Mon serviteur Me rend l’occupe au point qu’il oublie de Me demander, Je lui accorde ce qu’il y a de meilleur parmi ce que Je donne aux solliciteurs.” »
Ce qui tranche le débat et prouve que cela s’appelle bien « du‘â’ » — alors même qu’il n’y figure aucune demande, mais seulement la glorification et l’exaltation d’Allâh — est le ḥadîth rapporté par an-Nasaï d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ : le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — a dit :
« L’invocation de Dhû n-Nûn, lorsqu’il l’adressa du ventre du poisson, fut : “Lâ ilâha illâ Anta, Subḥânaka, innî kuntu mina ẓ-ẓâlimîn.” Aucun musulman ne la prononce en implorant pour une affaire sans qu’il ne soit exaucé. »
Troisièmement : Il relève de la Sunna, pour celui qui commence à manger ou à boire, de citer le Nom d’Allâh au début et de Le louer à la fin, à l’exemple des habitants du Paradis.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Anas ibn Mâlik rapporte que le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — a dit :
« Allâh est certes satisfait du serviteur qui, après avoir mangé une bouchée, Le loue pour cela, ou après avoir bu une gorgée, Le loue pour cela. »
Quatrièmement : Il est recommandé à celui qui invoque de conclure sa supplication par la parole des gens du Paradis : « Wa âkhiru da‘wâhum anil-ḥamdu li-Llâhi Rabbi l-‘âlamîn » (« et la dernière de leurs invocations sera : “Louange à Allâh, Seigneur des mondes.” »). Il est également bon de réciter la fin de la sourate « as-Ṣâffât », car elle réunit la déclaration de transcendance du Créateur par rapport aux propos qui Lui sont attribués, la salutation aux Envoyés, et se clôt par « al-ḥamdu li-Llâhi Rabbi l-‘âlamîn ».
[Coran, sourate Yûnus, 10 :11]
« Et si Allâh hâtait pour les gens le mal comme ils hâteraient le bien, leur terme serait certes déjà révolu ; Nous laissons donc ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre errer aveuglément dans leur rébellion. »