Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Paroles du Très-Haut :

« C’est Lui, certes, qui commence la création » : c’est-à-dire à partir de la terre.

« Puis Il la répète » : vers Lui.

Mujâhid dit : « Il la fait surgir, puis Il la fait mourir, puis Il la fait revivre pour la Résurrection ; ou bien Il la fait surgir à partir de l’eau, puis Il la fait passer d’un état à un autre. »

Yazîd b. l-Qaʿqâʿ a lu : « … qu’Il commence la création », faisant de « anna » un nom gouverné à l’accusatif, c’est-à-dire : « Il vous a promis qu’Il commencera la création. » Il est également permis d’estimer la phrase ainsi : « Parce qu’Il commence la création », comme on dit : « Labbaïka anna-l-ḥamda wa-n-niʿmata laka », la forme avec la kasra étant préférable. Al-Farrâ’ a, quant à lui, autorisé que « anna » soit au nominatif et devienne sujet.

Aḥmad b. Yaḥyâ commente : « On peut estimer : ‘Assurément, (Son) commencement de la création est une réalité’. »

Paroles du Très-Haut :

« Afin qu’Il récompense ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres avec équité », c’est-à-dire avec justice.

« Et quant à ceux qui ont mécru, il y aura pour eux une boisson d’eau bouillante », c’est-à-dire une eau excessivement chaude, dont la température est à son comble ; l’expression « al-ḥamîmah » possède le même sens. On dit : « ḥamamtu-l-mâ’a aḥummuhu : j’ai chauffé l’eau ; elle est alors ḥamîm », c’est-à-dire chauffée ; forme faʿîl au sens de mafʿûl. Chez les Arabes, tout liquide surchauffé est appelé ḥamîm.

« … et un châtiment douloureux », c’est-à-dire pénible, dont la souffrance atteint le tréfonds de leurs cœurs,

« à cause de ce qu’ils reniaient », c’est-à-dire pour leur mécréance. La plupart des Quraychites reconnaissaient pourtant qu’Allâh est leur Créateur ; Il leur opposa donc cet argument : Celui qui a le pouvoir d’initier (la création) a, à plus forte raison, le pouvoir de la réitérer après l’anéantissement ou après la dispersion des éléments.

[Sourate Yûnus (10), verset 5]

« C’est Lui qui a fait du soleil un rayonnement (ḍiyâ’) et de la lune une clarté (nûr), et Il leur a assigné des phases afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul ; Allâh n’a créé cela qu’en toute vérité ; Il détaille les signes pour des gens qui savent. » (v. 5)

Paroles du Très-Haut :

« C’est Lui qui a fait du soleil un ḍiyâ’ » : deux compléments d’objet, c’est-à-dire un astre rayonnant ; le verbe n’est pas au féminin car ḍiyâ’ est un nom verbal, ou l’on entend : un astre doté de rayonnement.

« … et de la lune une clarté » : coordination, c’est-à-dire un astre lumineux, ou doté de lumière. Le ḍiyâ’ est ce qui illumine les choses, tandis que le nûr est ce qui les rend apparentes sans être intense, car tous deux proviennent du feu et ont une même origine. Le terme ḍiyâ’ est le pluriel de ḍaw’ – comme siyâṭ et ḥiyâḍ sont les pluriels de sawṭ et ḥawḍ.

Qunbul, d’après Ibn Kathîr, a récité « ḍi’â’an » en ajoutant une hamza après la yâ’. Cette forme n’a pas de justification, car la yâ’ provenait d’une wāw ouverte qui est la troisième radicale du verbe ; le mot vient originellement de « ḍiwâ’ », qui a été retourné puis transformé en yâ’, comme dans « ṣiyâm » et « qiyâm ».

Al-Mahdawî dit : « Celui qui lit ḍi’â’an avec hamza prononce une forme inversée, la hamza ayant été avancée… »

قوله تعالى: " إِنَّهُ يَبْدَؤُا الْخَلْقَ" أَيْ مِنَ التُّرَابِ. " ثُمَّ يُعِيدُهُ" إِلَيْهِ. مُجَاهِدٌ: يُنْشِئُهُ ثُمَّ يُمِيتُهُ ثُمَّ يُحْيِيهِ لِلْبَعْثِ، أَوْ يُنْشِئُهُ مِنَ الْمَاءِ ثُمَّ يُعِيدُهُ مِنْ حَالٍ إِلَى حَالٍ. وَقَرَأَ يَزِيدُ بْنُ الْقَعْقَاعِ " إِنَّهُ يَبْدَؤُا الْخَلْقَ" تَكُونُ " أَنَّ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، أَيْ وَعَدَكُمْ أَنَّهُ يَبْدَأُ الْخَلْقَ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ التَّقْدِيرُ لِأَنَّهُ يَبْدَأُ الْخَلْقَ، كَمَا يُقَالُ: لَبَّيْكَ أَنَّ الْحَمْدَ وَالنِّعْمَةَ لَكَ، وَالْكَسْرُ أَجْوَدُ. وَأَجَازَ الْفَرَّاءُ أَنْ تَكُونَ " أَنَّ" فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ فَتَكُونُ اسْمًا. قَالَ أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى: يَكُونُ التَّقْدِيرُ حَقًّا إِبْدَاؤُهُ الْخَلْقَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لِيَجْزِيَ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحاتِ بِالْقِسْطِ) أَيْ بِالْعَدْلِ. (وَالَّذِينَ كَفَرُوا لَهُمْ شَرابٌ مِنْ حَمِيمٍ) أَيْ مَاءٌ حَارٌّ قَدِ انْتَهَى حَرُّهُ، وَالْحَمِيمَةُ مِثْلُهُ. يُقَالُ: حَمَمْتُ الْمَاءَ أَحُمُّهُ فَهُوَ حَمِيمٌ، أَيْ مَحْمُومٌ، فَعِيلٌ بِمَعْنَى مَفْعُولٍ. وَكُلُّ مُسَخَّنٍ عِنْدَ الْعَرَبِ فَهُوَ حَمِيمٌ. (وَعَذابٌ أَلِيمٌ) أَيْ مُوجِعٌ، يَخْلُصُ وَجَعُهُ إِلَى قُلُوبِهِمْ. (بِما كانُوا يَكْفُرُونَ) أَيْ بِكُفْرِهِمْ، وَكَانَ مُعْظَمُ قُرَيْشٍ يَعْتَرِفُونَ بِأَنَّ اللَّهَ خَالِقُهُمْ، فَاحْتَجَّ عَلَيْهِمْ بِهَذَا فَقَالَ: مَنْ قَدَرَ عَلَى الِابْتِدَاءِ قَدَرَ عَلَى الْإِعَادَةِ بَعْدَ الإفناء أو بعد تفريق الاجزاء. [[سورة يونس (١٠) : آية ٥]] هُوَ الَّذِي جَعَلَ الشَّمْسَ ضِياءً وَالْقَمَرَ نُوراً وَقَدَّرَهُ مَنازِلَ لِتَعْلَمُوا عَدَدَ السِّنِينَ وَالْحِسابَ مَا خَلَقَ اللَّهُ ذلِكَ إِلاَّ بِالْحَقِّ يُفَصِّلُ الْآياتِ لِقَوْمٍ يَعْلَمُونَ (٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (هُوَ الَّذِي جَعَلَ الشَّمْسَ ضِياءً) مَفْعُولَانِ، أَيْ مُضِيئَةً، وَلَمْ يُؤَنَّثْ لِأَنَّهُ مَصْدَرُ، أَوْ ذَاتُ ضِيَاءٍ (وَالْقَمَرَ نُوراً) عَطْفٌ، أَيْ مُنِيرًا، أَوْ ذَا نُورٍ، فَالضِّيَاءُ ما يضئ الْأَشْيَاءَ، وَالنُّورُ مَا يَبِينُ فَيَخْفَى لِأَنَّهُ مِنَ النَّارِ مِنْ أَصْلٍ وَاحِدٍ. وَالضِّيَاءُ جَمْعُ ضَوْءٍ، كَالسِّيَاطِ وَالْحِيَاضِ جَمْعُ سَوْطٍ وَحَوْضٍ. وَقَرَأَ قُنْبُلُ عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ " ضِئَاءً" بِهَمْزِ الْيَاءِ وَلَا وَجْهَ لَهُ، لِأَنَّ يَاءَهُ كَانَتْ وَاوًا مَفْتُوحَةً وَهِيَ عَيْنُ الْفِعْلِ، أَصْلُهَا ضِوَاءً فَقُلِبَتْ وَجُعِلَتْ يَاءً كَمَا جُعِلَتْ فِي الصِّيَامِ وَالْقِيَامِ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَمَنْ قَرَأَ ضِئَاءً بِالْهَمْزِ فَهُوَ مَقْلُوبٌ، قدمت

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