‘Abd al-‘Azîz ibn Yaḥyâ a dit à propos de l’expression « qadama ṣidqin » : c’est, selon la Parole du Très-Haut : « Certes, ceux auxquels Nous avons déjà destiné la plus belle récompense en seront tenus éloignés. » (sourate al-Anbiyâ’, 21 : 101).
Muqâtil a expliqué qu’il s’agit des œuvres qu’ils ont faites par avance – explication adoptée par al-Ṭabarî.
Al-Waḍḍâḥ a récité :
« Prie le Maître du Trône et acquiers un pied ferme
qui te sauvera le Jour des faux pas et des chutes. »
On a également dit : cela désigne la priorité qu’Allâh accordera à cette communauté lors de la Résurrection, lorsqu’elle sortira des tombes puis entrera au Paradis, conformément à la parole (prophétique) : « Nous sommes les derniers (dans ce bas-monde) mais les premiers, le Jour de la Résurrection, à être jugés avant les autres créatures. »
Au fond, il s’agit d’une métaphore : elle renvoie à l’effort fourni dans les œuvres pieuses ; on l’exprime par « le pied », tout comme le bienfait est exprimé par « la main » et l’éloge par « la langue ».
Ḥassân a chanté :
« Nous avons, vers Toi, le pied le plus élevé ;
à notre suite vient celui qui rejoint notre devancier
sur la voie de l’obéissance à Allâh. »
Il entendait par là la précellence acquise grâce à la sincérité dans l’obéissance ; Allâh est plus savant.
Abû ‘Ubaydah et al-Kisâ’î ont dit : tout ce qui devance, en bien ou en mal, est appelé, chez les Arabes, « pied (qadam) ». On dit : « Untel a un pied dans l’islam », « il a auprès de moi un pied véridique », « un pied de mal », « un pied de bien ». Le mot est féminin mais peut se masculiniser ; on dit : qadam ḥasan (bon pied) et qadam ṣâliḥah (pied vertueux).
Ibn al-A‘râbî a dit : le « pied » désigne l’antériorité dans la noblesse. Al-‘Ajjâj a dit :
« Les fils d’al-‘Awwâm se sont détournés de la famille al-Ḥakam
et ont laissé le pouvoir à un roi doté d’un pied (de supériorité). »
Selon le Ṣiḥâḥ, le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« J’ai cinq noms : je suis Muḥammad, Aḥmad, al-Mâḥî – par qui Allâh efface la mécréance –, al-Ḥâshir – auprès de qui les gens seront rassemblés sur mon pas –, et al-‘Aqib. »
C’est-à-dire le dernier des Prophètes, comme l’a dit le Très-Haut : « …et le Sceau des Prophètes. » (sourate al-Aḥzâb, 33 : 40).
Parole du Très-Haut :
« Les mécréants dirent : “Celui-ci est assurément un magicien évident.” »
Ibn Muḥayṣin, Ibn Kathîr ainsi que les lecteurs koufiens – ‘Âṣim, Ḥamzah, al-Kisâ’î, Khalaf et al-A‘mash – ont lu « la-sâḥirun », comme épithète du Messager d’Allâh – paix et salut sur lui. Les autres ont lu « la-siḥrun », comme épithète du Coran. Le sens du terme « magie » a déjà été évoqué dans la sourate al-Baqarah.
[sourate Yûnus, 10 : 3]
« Votre Seigneur est certes Allâh, Celui qui créa les cieux et la terre en six jours, puis S’est établi sur le Trône ; Il administre toute chose ; nul ne peut intercéder, si ce n’est après Sa permission ; tel est Allâh, votre Seigneur : adorez-Le ! Ne vous souvenez-vous donc pas ? » (v. 3)