Parole du Très-Haut :
« Était-ce donc pour les gens un sujet d’étonnement ? »
Il s’agit d’une interrogation ayant valeur d’affirmation et de réprimande. Le mot « ʿajaban » (étonnement) est le prédicat de « kāna », dont le sujet est l’infinitif « an awḥaynā » : « que Nous avons révélé », placé ici au nominatif ; autrement dit : « Le fait que Nous ayons révélé a-t-il paru étonnant aux gens ? ». Dans la lecture d’Ibn ʿAbd Allâh on lit « ʿajabun » qui devient alors le sujet de « kāna », son prédicat étant « an awḥaynā ».
« … à un homme issu d’eux »
On trouve également la variante « rajl » (avec la jīm non vocalisée).
Selon le récit d’Ibn ʿAbbâs, la cause de la révélation est que les mécréants, lorsque Muhammad ﷺ fut envoyé, déclarèrent : « Allâh est trop Grand pour que Son messager soit un être humain ! » et encore : « Allâh n’a-t-il donc trouvé personne d’autre à envoyer que l’orphelin d’Abû Tâlib ? » C’est alors que fut révélé : « Était-ce donc pour les gens… », c’est-à-dire pour les habitants de La Mecque, « … un sujet d’étonnement ». D’autres disent qu’ils s’étonnaient surtout de l’évocation de la résurrection.
Parole du Très-Haut :
« … que tu avertisses les gens et que tu annonces la bonne nouvelle à ceux qui ont cru… »
L’expression se trouve à l’accusatif en raison de la suppression de la préposition : « afin que tu avertisses… ». Il en est de même pour « qu’ils possèdent un qadam ṣidq (un pied de vérité) ». Le sens de l’avertissement et de l’annonce de la bonne nouvelle a déjà été expliqué.
Les exégètes ont divergent quant à la signification de « qadam ṣidq ».
— Ibn ʿAbbâs : « un séjour véridique », comme dans : « Fais-moi entrer par une entrée de vérité… » (Al-Isrâ’, 80). – Selon lui encore : « une belle récompense pour les œuvres qu’ils auront présentées ». – Ou bien : « une présélection au bonheur inscrite dès la première mention », opinion partagée par Mujâhid.
— Az-Zajjâj : « un rang élevé ». Le poète Dhû r-Rumma a dit :
« Vous possédez un “pied” que nul ne récuse,
Couronnant, avec la plus haute noblesse, l’étendue de la mer. »
— Qatâda : « un précédent véridique ».
— Ar-Rabîʿ : « une récompense sincère ».
— ʿAtâ’ : « une station de vérité ».
— Yamân : « une foi authentique ».
— D’autres : « l’invocation des anges ».
— D’autres encore : « un enfant vertueux qu’ils ont fait précéder ».
— Al-Mâwardî : « la concordance entre la véracité de l’obéissance et la véracité de la rétribution ».
— Al-Hasan et, dans une autre opinion, Qatâda : « c’est Muhammad ﷺ lui-même ; il est l’intercesseur exaucé qui les précède », comme il l’a dit : « Je serai votre avant-coureur au Bassin. »
Interrogé à ce sujet, le Prophète ﷺ répondit : « Il s’agit de mon intercession par laquelle vous prendrez appui sur moi auprès de votre Seigneur. »
At-Tirmidhî al-Hakîm dit : « Son “pied” renvoie à la place qu’il occupera au Maqâm Maḥmûd (la Station Louée). »
D’après Al-Hasan encore : « leur épreuve réside dans (le départ du) Prophète ﷺ. »