Parole du Très-Haut :
« Ce sont là les versets du Livre empreint de sagesse. »
Il s’agit ici d’une structure composée d’un sujet et d’un prédicat : ces paroles déjà évoquées constituent les versets du Livre plein de sagesse.
Mujâhid et Qatâdah ont dit : il s’agit de la Torah, de l’Évangile et des Écritures anciennes, car le pronom démonstratif « tilka » renvoie à quelque chose d’éloigné et de féminin.
D’autres ont soutenu que « tilka » signifie simplement « celle-ci », c’est-à-dire : « ces versets sont ceux du Livre empreint de sagesse ».
C’est dans ce sens qu’al-Aʿshâ a dit :
« Tilka khaylî minhu wa-tilka rikâbî …
Hunna ṣufr, awlâduhâ ka-z-zabîb »
(« Voici mes chevaux, et voici mes montures ; elles sont d’un jaune doré, leurs poulains semblables à des grains de raisin. »)
C’est-à-dire : « Voici mes chevaux. »
Le terme désigne donc le Coran, ce qui est l’avis le plus pertinent, puisqu’aucune mention n’avait été faite auparavant des Écritures antérieures, et parce que l’adjectif « ḥakîm » constitue l’un des attributs du Coran, comme dans Sa parole : « Alif-Lâm-Râ. (Voici) un Livre dont les versets sont parfaitement établis… » (Hûd, 1).
Nous avons déjà expliqué cette notion au début de la sourate al-Baqarah.
« Al-ḥakîm » signifie : élaboré avec précision quant aux prescriptions licites et illicites, aux limites légales et aux jugements, selon Abû ʿUbaydah et d’autres.
Il a également été dit que « al-ḥakîm » a le sens de « le Juge » : Il juge du licite et de l’illicite et tranche entre les gens selon la vérité ; il s’agit alors d’une forme intensive (faʿîl) au sens d’agent (fâʿil). La preuve en est Sa parole : « …Et Il a fait descendre avec eux le Livre en toute vérité, afin qu’il juge entre les gens au sujet de ce qu’ils disputent… » (al-Baqarah, 213).
D’autres ont avancé que « al-ḥakîm » veut dire « ce en quoi le jugement est rendu » : Allah y a statué selon l’équité, la bienfaisance et le devoir envers les proches, et Il y a proscrit la turpitude et le blâmable, promettant le Paradis à celui qui L’obéit et le Feu à celui qui Lui désobéit ; « faʿîl » prend alors le sens de « mafʿûl », ainsi que l’ont affirmé al-Ḥasan et d’autres.
Selon Muqâtil, « al-ḥakîm » signifie « parfaitement protégé » contre le mensonge et la contradiction ; il s’agit alors d’une forme intensive (faʿîl) au sens de « mafʿal ». Al-Aʿshâ a dit, évoquant son poème :
« Wa-gharîbatin taʾtî l-mulûka ḥakîmatan …
Qad qultuhâ li-yuqâla man dhâ qâlahâ »
(« Et d’une étrangère qui, sage, parvient aux rois… Je l’ai composée pour que l’on dise : “Qui donc l’a récitée ?” »)
Parole du Très-Haut :
« Est-il donc surprenant, pour les gens, que Nous ayons révélé à l’un d’entre eux : “Avertis les hommes, et annonce à ceux qui ont cru qu’ils auront, auprès de leur Seigneur, une position de vérité” ? Les mécréants dirent : “Celui-ci n’est qu’un magicien manifeste.” » (verset 2)