Les polythéistes et le soutien de la religion.
« … afin qu’ils avertissent leur peuple »
– c’est-à-dire leur peuple parmi les mécréants –
« lorsqu’ils reviennent vers eux »
– après avoir combattu dans la voie d’Allâh – et qu’ils leur annoncent le secours qu’Allâh, Très-Haut, a accordé à Son Prophète – paix et bénédictions sur lui – et aux croyants, en leur rappelant que les ennemis n’ont aucune puissance ¹ pour affronter les musulmans et le Prophète – paix et bénédictions sur lui – ; il leur arrivera alors ce qui est advenu à leurs semblables parmi les mécréants.
Je dis :
La parole de Mujâhid et de Qatâdah est plus explicite : il s’agit que le groupe resté auprès du Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – s’instruise pendant que l’autre groupe part en expédition. Cela implique une exhortation à rechercher la science et à y encourager, sans toutefois rendre cela obligatoire de façon catégorique, car telle n’est pas la portée du verset ; l’obligation d’acquérir la science découle d’autres preuves – ainsi l’a déclaré Abû Bakr ibn al-‘Arabî.
Cinquièmement
La recherche du savoir se divise en deux catégories :
- Une obligation individuelle (farḍ ‘ayn) – comme la prière, l’aumône légale et le jeûne.
Je dis : C’est dans ce sens qu’intervient le hadith rapporté : « La recherche du savoir est une obligation. »
‘Abd al-Quddûs ibn Ḥabîb – Abû Sa‘îd al-Wuḥâẓî – rapporte de Ḥammâd ibn Abî Sulaymân, d’Ibrâhîm an-Nakh‘î : « J’ai entendu Anas ibn Mâlik dire : J’ai entendu le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – dire : “La recherche du savoir est une obligation pour tout musulman.” »
Ibrâhîm ajouta : « Je n’ai entendu d’Anas ibn Mâlik que ce seul hadith. »
- Une obligation communautaire (farḍ kifâyah) – telle que l’acquisition des règles relatives aux droits, l’application des peines légales, l’arbitrage entre les parties adverses, etc. Il ne convient pas que tous les gens s’y consacrent, sinon leurs affaires courantes et celles de leurs expéditions seraient négligées, leurs moyens de subsistance diminueraient ou disparaîtraient. Il s’est donc avéré nécessaire qu’un groupe s’en charge, sans qu’il soit désigné nommément, conformément à ce qu’Allâh a facilité à Ses serviteurs et réparti entre eux de Sa miséricorde et de Sa sagesse, selon Son décret éternel.
Sixièmement
La quête du savoir est une immense vertu et un rang éminent qu’aucune autre œuvre n’égale.
At-Tirmidhî rapporte d’après Abû Ad-Dardâ’ qu’il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – dire :
“Quiconque emprunte un chemin en quête de science, Allâh lui facilite par là un chemin menant au Paradis. Les anges abaissent leurs ailes par satisfaction à l’égard du chercheur de science. Tous ceux qui se trouvent dans les cieux et sur la terre, jusqu’aux poissons dans la mer, implorent le pardon en faveur du savant. Le mérite du savant sur le dévot est semblable à la supériorité de la lune pleine sur les autres astres. Les savants sont les héritiers des prophètes ; or les prophètes n’ont légué ni dinar ni dirham, mais ils ont légué la science ; quiconque la saisit a certes saisi une part considérable.”»