Ils reçoivent assurément une récompense multipliée ; néanmoins, nous ne pouvons affirmer catégoriquement, dans chaque cas, le fait de cette multiplication, car celle-ci dépend du degré des intentions, réalité qui relève de l’invisible. Ce dont on est certain, c’est qu’il existe bien une multiplication, et ton Seigneur sait mieux qui la mérite.
J’ai dit :
L’apparence des hadiths et des versets indique l’égalité de la rétribution. Parmi ces textes, la parole du Prophète — paix et salut sur lui — :
« Quiconque guide vers un bien aura la même récompense que celui qui l’accomplit »,
et sa parole :
« Celui qui a fait ses ablutions puis sortit pour accomplir la prière mais la trouva déjà faite par les gens, Allah lui accorde la même récompense que celui qui l’a accomplie en assemblée. »
Il en est de même de la Parole du Très-Haut :
« Et quiconque sort de sa maison, émigrant vers Allah et Son Messager, puis la mort le surprend, sa récompense incombe certes à Allah. » (An-Nisâ’, 4 : 100)
La preuve en est que l’intention véridique est le fondement des œuvres ; si elle est sincère dans un acte d’obéissance et que la personne en est empêchée, il n’est pas étonnant que la récompense du défaillant soit égale — voire supérieure — à celle du capable qui agit, conformément à la parole du Prophète — paix et salut sur lui — :
« L’intention du croyant est meilleure que son action. » Allah est Plus Savant.
[Surat At-Tawbah (9), v. 122]
« Il n’appartient pas aux croyants de partir tous ensemble au combat. Pourquoi, de chaque groupe d’entre eux, une fraction ne partirait-elle pas afin de se consacrer à la connaissance de la religion et d’avertir leur peuple lorsqu’ils reviendront vers eux ? Peut-être prendront-ils garde. » (122)
Ce verset comporte six points :
-
Sa Parole : « Il n’appartient pas aux croyants… » montre que le jihâd n’est pas une obligation individuelle mais une obligation collective, comme cela a déjà été exposé ; car, si tous s’en allaient, ceux qu’ils laisseraient derrière eux — femmes et enfants — seraient perdus. Qu’un groupe d’entre eux parte donc pour le combat, tandis qu’un autre groupe demeure pour approfondir la religion et protéger les foyers ; ainsi, lorsque les combattants reviendront, ceux qui sont restés leur transmettront ce qu’ils auront appris des prescriptions de la Loi et de ce qui aura été révélé de nouveau au Prophète — paix et salut sur lui.
Ce verset abroge, selon Mujâhid et Ibn Zayd, la Parole du Très-Haut : « Si vous ne partez pas… » (At-Tawbah, 9 : 39) ainsi que le verset qui le précède. -
Ce verset constitue un fondement quant à l’obligation de rechercher la science. En effet, le sens est : « Il n’appartient pas aux croyants de partir tous ensemble » tandis que le Prophète — paix et salut sur lui — demeure, sans partir ; ils ne sauraient donc le laisser seul. « Pourquoi ne part-il pas… » après qu’ils ont su que le départ ne peut concerner l’ensemble d’entre eux ? « Un groupe de chaque faction » partira, tandis que le reste demeurera auprès du Prophète — paix et salut sur lui.