Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et l’on dit : « une femme khamsâna », c’est-à-dire à l’estomac creux, expression déjà expliquée plus haut.

« Dans le sentier d’Allâh » : c’est-à-dire dans Son obéissance.

« Ils ne foulent aucun emplacement » : c’est-à-dire aucune terre.

« Qui irrite les mécréants » : du fait qu’ils la foulent. L’expression est ici à l’accusatif, car elle est l’attribut du terme « emplacement », c’est-à-dire « un emplacement irritant ».

« Ils ne portent pas non plus atteinte à l’ennemi d’une atteinte quelconque » : c’est-à-dire meurtre ou déroute. L’origine du mot vient de niltu sh-shay’a anâlu : « j’ai obtenu, j’ai atteint ».

Al-Kisâ’î dit : c’est pris de leur parole « amrun manîlun min-hu » (une affaire qui permet d’obtenir de lui), et ce n’est pas tiré de tanâwul (« saisir »), car tanâwul vient de « nultuhu al-ʿaṭiyyata » (je lui ai pris le don).

D’autres ont dit : nultu/ anûlu a pour racine la wâw, tandis que an-nailu vient de la yâ’. On dit : niltuhu fa-anâ nâ’ilun, c’est-à-dire je l’ai atteint.

« Ils ne traversent pas non plus une vallée » : les Arabes disent wâdin (sg.) et awdiyah (pl.) selon une forme irrégulière.

An-Naḥḥâs dit : à ma connaissance, il n’existe pas d’autre mot ayant le modèle fâʿil / afʿilah. Selon la règle, on aurait dû former le pluriel de wâdî différemment, mais ils ont trouvé lourd de réunir deux wâw ; or il leur arrive déjà de trouver lourde même une seule, au point qu’ils disent « uq-qitat » pour « wuqqitat ».

Al-Khalîl et Sîbawayh rapportent, dans le diminutif de Wâṣil (nom d’homme) ou de Yaṣil, qu’on ne dit pas autrement. Al-Farrâ’ rapporte une forme pour le pluriel de wâd ou dâ’.

Je dis : on trouve aussi le pluriel awdâh. Jarîr a dit :
« Je reconnus, à Burqat al-Awdâh, des traces…
Désertées depuis si longtemps que tes vestiges s’y sont effacés. »

« Sans qu’il ne leur soit inscrit, pour cela, une action vertueuse » : Ibn ʿAbbâs dit : pour chaque frayeur qu’ils subissent dans le sentier d’Allâh, il leur est inscrit soixante-dix mille bonnes actions.

Dans le Ṣaḥîḥ on lit :
« Les chevaux sont de trois sortes… – et il y est dit – Quant à celui qui en retire une récompense, c’est un homme qui les attache dans le sentier d’Allâh pour les gens de l’Islam, dans un pâturage ou un pré ; tout ce qu’ils y broutent lui est inscrit en autant de bonnes actions, et il en est de même pour chaque crotte ou urine… » – Fin du ḥadîth. Ceci alors que les chevaux demeurent à l’écurie ; que dire lorsqu’on part en campagne avec eux !

Quatrième point : certains savants se sont appuyés sur ce verset pour affirmer que le butin est acquis du seul fait de franchir la frontière et de se trouver en terre ennemie ; si l’homme meurt après cela, sa part lui revient. C’est l’avis d’Ashhab, d’Abd al-Malik et l’un des deux avis rapportés de l’Imâm al-Shâfiʿî.

Mâlik et Ibn al-Qâsim disent : il n’a droit à rien, car – exalté soit Allâh – le verset ne mentionne que la récompense spirituelle et non la part matérielle du butin.

وامرأة خَمْصَانَةٌ. وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» . (فِي سَبِيلِ اللَّهِ) أَيْ في طاعته. (وَلا يَطَؤُنَ مَوْطِئاً) أَيْ أَرْضًا. (يَغِيظُ الْكُفَّارَ) أَيْ بِوَطْئِهِمْ أيا ها، وَهُوَ فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ لِأَنَّهُ نَعْتٌ لِلْمَوْطِئِ، أَيْ غَائِظًا. (وَلا يَنالُونَ مِنْ عَدُوٍّ نَيْلًا) أَيْ قَتْلًا وَهَزِيمَةً. وَأَصْلُهُ مِنْ نِلْتُ الشَّيْءَ أَنَالُ أَيْ أَصَبْتُ. قَالَ الْكِسَائِيُّ: هُوَ مِنْ قَوْلِهِمْ أَمْرٌ مَنِيلٌ مِنْهُ، وَلَيْسَ هُوَ مِنَ التَّنَاوُلِ، إِنَّمَا التَّنَاوُلُ مِنْ نُلْتُهُ الْعَطِيَّةَ «٢» . قَالَ غَيْرُهُ: نُلْتُ أَنُولُ مِنَ الْعَطِيَّةِ، مِنَ الْوَاوِ وَالنَّيْلُ مِنَ الْيَاءِ، تَقُولُ: نِلْتُهُ فَأَنَا نَائِلٌ، أَيْ أَدْرَكْتُهُ. (وَلا يَقْطَعُونَ وادِياً) الْعَرَبُ تَقُولُ: وَادٍ وَأَوْدِيَةٍ عَلَى غَيْرِ قِيَاسٍ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَلَا يُعْرَفُ فِيمَا عَلِمْتُ فَاعِلٌ وَأَفْعِلَةٌ سِوَاهُ وَالْقِيَاسُ أَنْ يُجْمَعَ وَوَادِي فَاسْتَثْقَلُوا الْجَمْعَ بَيْنَ وَاوَيْنِ وَهُمْ قَدْ يَسْتَثْقِلُونَ وَاحِدَةً حَتَّى قَالُوا: أُقِّتَتْ فِي وُقِّتَتْ. وَحَكَى الْخَلِيلُ وَسِيبَوَيْهِ فِي تصغير واصل اسم رجل أو يصل فَلَا يَقُولُونَ غَيْرَهُ. وَحَكَى الْفَرَّاءُ فِي جَمْعِ واد أو داء. قُلْتُ: وَقَدْ جُمِعَ أَوْدَاهُ قَالَ جَرِيرٌ: عَرَفْتُ بِبُرْقَةَ الْأَوْدَاهِ رَسْمًا ... مُحِيلًا طَالَ عَهْدُكِ مِنْ رُسُومِ «٣» (إِلَّا كُتِبَ لَهُمْ بِهِ عَمَلٌ صالِحٌ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: بِكُلِّ رَوْعَةٍ تَنَالُهُمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ سَبْعُونَ أَلْفَ حَسَنَةٍ. وَفِي الصَّحِيحِ: (الْخَيْلُ ثَلَاثَةٌ ... - وَفِيهِ- وَأَمَّا الَّتِي هِيَ لَهُ أَجْرٌ فَرَجُلٌ رَبَطَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ لِأَهْلِ الْإِسْلَامِ فِي مَرْجٍ «٤» أَوْ رَوْضَةٍ فَمَا أَكَلَتْ مِنْ ذَلِكَ الْمَرْجِ أَوِ الرَّوْضَةِ إِلَّا كُتِبَ لَهُ عَدَدَ مَا أَكَلَتْ حَسَنَاتٌ وَكُتِبَ لَهُ عَدَدَ أَرْوَاثِهَا وَأَبْوَالِهَا حَسَنَاتٌ ... ) . الْحَدِيثَ. هَذَا وَهِيَ فِي مَوَاضِعِهَا فَكَيْفَ إِذَا أَدْرَبَ بِهَا «٥» . الرَّابِعَةُ- اسْتَدَلَّ بَعْضُ «٦» الْعُلَمَاءِ بِهَذِهِ الْآيَةِ عَلَى أَنَّ الْغَنِيمَةَ تُسْتَحَقُّ بِالْإِدْرَابِ وَالْكَوْنِ فِي بِلَادِ الْعَدُوِّ فَإِنْ مَاتَ بَعْدَ ذَلِكَ فَلَهُ سَهْمُهُ وَهُوَ قَوْلُ أَشْهَبَ وَعَبْدِ الْمَلِكِ وَأَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ. وقال مالك وابن القاسم: لا شي لَهُ لِأَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ إِنَّمَا ذَكَرَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ الْأَجْرَ وَلَمْ يَذْكُرِ السَّهْمَ.
(١). راجع ج ٦ ص ٦٤. (٢). في ب وع وك وهـ: بالعطية. هما لغتان. (٣). في ديوانه ومعجم البلدان لياقوت: (ببرقة الوداء) والوداء: واد أعلاه لبني العدوية والتيم وأسفله لبني كليب وضبة. (٤). المرج: مرعى الدواب. (٥). أدرب القوم: دخلوا أرض العدو. (٦). سقط بعض من ب وع وك وهـ.

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