On a dit : il s’agit de ceux d’entre eux qui, après avoir formé l’intention de se tenir en arrière et de désobéir, finirent néanmoins par rejoindre l’expédition.
On a dit également : ils avaient résolu de rebrousser chemin, mais Allah agréa leur repentir et leur ordonna finalement de poursuivre la marche.
Parole du Très-Haut :
« Puis Il agréa leur repentir ».
On a expliqué que le fait qu’Il ait accepté leur repentir signifie qu’Il a rattrapé leurs cœurs de sorte qu’ils ne dévièrent pas. Telle est, en vérité, la manière d’agir du Vrai – Exalté soit-Il – avec Ses alliés : lorsqu’ils sont tout près de la perdition et qu’ils se résignent à leur perte, Il fait pleuvoir sur eux les nuées de Sa largesse et ranime leurs cœurs.
On déclame à ce propos :
De Toi seul j’espère, je ne connais point de Seigneur…
De qui l’on puisse espérer ne fût-ce qu’une part de ce que j’espère de Toi.
Et lorsque les épreuves s’intensifient sur terre pour les créatures,
ils implorent secours et crient vers Toi.
Tu mets Tes serviteurs à l’épreuve par la peur et la faim,
et, persistant dans les fautes, ils s’entêtent et s’obstinent.
Je n’ai d’abri, ô mon Seigneur, qu’auprès de Toi ;
je suis certain qu’avec Toi je trouverai le salut.
À propos des trois (compagnons) il est dit :
« Puis Il agréa leur repentir afin qu’ils se repentissent ».
On a commenté : « Puis Il agréa leur repentir » c’est-à-dire : Il leur accorda la réussite dans le repentir afin qu’ils se repentissent.
D’autres ont dit : le sens est qu’Il accepta leur repentir, c’est-à-dire qu’Il leur laissa un délai et ne hâta pas leur châtiment afin qu’ils se repentissent.
On a encore dit : Il agréa leur repentir pour qu’ils demeurent fermes dans ce repentir.
Ou bien : Il agréa leur repentir pour qu’ils reviennent à l’état de satisfaction divine à leur égard. En somme, si, dans Sa science éternelle, Il n’avait pas décrété pour eux le repentir, ils ne se seraient pas repentis. La preuve en est la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui :
« Œuvrez ; chacun sera facilité vers ce pour quoi il a été créé. »
[Coran, sourate 9 – At-Tawbah, verset 118]
« Et (Il agréa le repentir) des trois qui avaient été laissés en arrière, jusqu’à ce que, lorsque la terre pourtant vaste leur parut trop exiguë, que leurs propres âmes se serrèrent à l’extrême et qu’ils comprirent qu’il n’est de refuge contre Allah que vers Lui, alors Il agréa leur repentir afin qu’ils se repentissent ; certes Allah est le Grand-Accueillant au repentir, le Très Miséricordieux. »
Parole du Très-Haut :
« Et (Il agréa le repentir) des trois qui avaient été laissés en arrière ».
Selon Mujâhid et Abû Mâlik, ils furent laissés en arrière quant à l’acceptation de leur repentir.
Selon Qatâdah : il s’agit de leur retard par rapport à l’expédition de Tabûk.
D’après Muhammad ibn Zayd, « ils furent laissés en arrière » signifie « ils furent écartés », car dire : « j’ai laissé untel derrière moi » veut dire : je l’ai abandonné et quitté assis quand je me suis levé pour ce dont je me suis chargé.
‘Ikrimah ibn Khâlid a lu : « khullifû » au sens de : « ils sont demeurés sur place ».