Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dans ses termes mêmes et dans son sens, et louange à Allah.

Ibn ʿArafah a dit : On appela l’armée de Tabûk « l’Armée de la Détresse » parce que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — exhorta les gens à participer à l’expédition en pleine canicule, ce qui leur fut particulièrement pénible et ardu ; c’était en outre la période où l’on achetait les fruits mûrs.

Il ajouta : Si l’on cite en exemple « l’Armée de la Détresse », c’est parce que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — n’avait jamais, auparavant, combattu à la tête d’un contingent aussi nombreux : ses compagnons, le jour de Badr, étaient trois cent quelques hommes ; à Uḥud, sept cents ; à Khaybar, mille cinq cents ; le jour de la Conquête, dix mille ; à Ḥunayn, douze mille. Quant à son armée lors de l’expédition de Tabûk, elle comptait trente mille hommes et davantage ; ce fut la dernière de ses campagnes — qu’Allah prie sur lui et le salue.

Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — quitta Médine au mois de Rajab, séjourna à Tabûk tout le mois de Shaʿbân et quelques jours de Ramaḍân, envoya des détachements et conclut des traités de jizyah avec certains peuples.

Au cours de cette expédition, il laissa ʿAlî à Médine. Les hypocrites dirent alors : « Il l’a laissé par aversion pour lui. » ʿAlî rejoignit donc le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et l’en informa. Celui-ci déclara : « Ne te satisfais-tu pas d’occuper auprès de moi la place de Hârûn auprès de Mûsâ ? » Il montra ainsi que le fait de rester, sur son ordre, équivaut en récompense au fait de partir avec lui, l’essentiel étant de se conformer à l’ordre du Législateur.

On l’appela « Expédition de Tabûk » parce que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — vit certains de ses compagnons « tabûquer » le ḥisy de Tabûk : c’est-à-dire qu’ils y enfonçaient un récipient et l’agitaient pour en faire sortir l’eau. Il leur dit : « Vous n’avez cessé de la tabûquer ainsi. » L’expédition fut donc nommée « Ghazwat Tabûk ».

Le ḥisy (avec kasra) désigne l’eau que la terre absorbe dans le sable ; lorsqu’elle atteint une couche dure, elle y reste retenue ; on ôte alors le sable et on la recueille : c’est ce qu’on appelle aussi al-iḥtisâ’, selon al-Jawharî.

Parole du Très-Haut : « …après que les cœurs d’un groupe d’entre eux étaient presque prêts à dévier. »

Le mot « cœurs » est au nominatif comme sujet de « tazîghu » selon Sîbawayh. Dans « kâda » on sous-entend le prédicat, par analogie avec « kâna », car le verbe exige son prédicat comme « kâna ». Si tu le souhaites, tu peux aussi élever « cœurs » avec « kâda » ; on obtient alors : « après que les cœurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier ». Al-Aʿmash, Ḥamzah et Ḥafṣ lisent « yazîghu » à la troisième personne masculine ; Abû Ḥâtim prétend que celui qui lit ainsi ne saurait considérer « cœurs » comme sujet de « kâda ».

Al-Naḥḥâs dit : Ce qu’il n’autorisa pas est cependant admis par d’autres, qui traitent le pluriel comme masculin.

Al-Farrâ’ rapporte qu’on dit « raḥuba al-bilâdu », « arḥabat » et « raḥubat », la dernière forme étant la langue des gens du Ḥijâz.

Les exégètes ont divergé sur le sens de « tazîghu ». Certains disent : cela signifie « périr sous l’effort, la peine et la dureté ». Ibn ʿAbbâs dit : cela veut dire « s’écarter — c’est-à-dire pencher — de la vérité dans l’opposition et le refus de porter secours ».‎

بِلَفْظِهِ وَمَعْنَاهُ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. وَقَالَ ابْنُ عَرَفَةَ: سُمِّيَ جَيْشُ تَبُوكَ جَيْشَ الْعُسْرَةِ لِأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَدَبَ النَّاسَ إِلَى الْغَزْوِ فِي حَمَارَةِ الْقَيْظِ، فَغَلُظَ عَلَيْهِمْ وَعَسُرَ، وَكَانَ إِبَّانَ ابْتِيَاعِ الثَّمَرَةِ. قَالَ: وَإِنَّمَا ضُرِبَ الْمَثَلُ بِجَيْشِ الْعُسْرَةِ لِأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمْ يَغْزُ قَبْلَهُ فِي عَدَدٍ مِثْلِهِ لِأَنَّ أَصْحَابَهُ يَوْمَ بَدْرٍ كَانُوا ثَلَاثَمِائَةٍ وَبِضْعَةَ عَشَرَ وَيَوْمَ أُحُدٍ سَبْعَمِائَةٍ وَيَوْمَ خَيْبَرَ أَلْفًا وَخَمْسَمِائَةٍ وَيَوْمَ الْفَتْحِ عَشَرَةَ آلَافٍ وَيَوْمَ حُنَيْنٍ اثْنَيْ عَشَرَ أَلْفًا وَكَانَ جَيْشُهُ فِي غَزْوَةِ تَبُوكَ ثَلَاثِينَ أَلْفًا وَزِيَادَةً، وَهِيَ آخِرُ مَغَازِيهِ [صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «١» ]. وَخَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي رَجَبٍ وَأَقَامَ بِتَبُوكَ شَعْبَانَ وَأَيَّامًا مِنْ رَمَضَانَ وَبَثَّ سَرَايَاهُ وَصَالَحَ أَقْوَامًا عَلَى الْجِزْيَةِ. وَفِي هَذِهِ الْغَزَاةِ خَلَّفَ عَلِيًّا عَلَى الْمَدِينَةِ فَقَالَ الْمُنَافِقُونَ: خَلَّفَهُ بُغْضًا لَهُ، فَخَرَجَ خَلْفَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَخْبَرَهُ فَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (أَمَا تَرْضَى أَنْ تَكُونَ مِنِّي بِمَنْزِلَةِ هَارُونَ مِنْ مُوسَى) وَبَيَّنَ أَنَّ قُعُودَهُ بِأَمْرِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ يُوَازِي فِي الْأَجْرِ خُرُوجَهُ مَعَهُ لِأَنَّ الْمَدَارَ عَلَى أَمْرِ الشَّارِعِ. وَإِنَّمَا قِيلَ لَهَا: غَزْوَةُ تَبُوكَ لِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى قَوْمًا مِنْ أَصْحَابِهِ يَبُوكُونَ حِسْيِ تَبُوكَ أَيْ يُدْخِلُونَ فِيهِ الْقَدَحَ وَيُحَرِّكُونَهُ لِيَخْرُجَ الْمَاءُ، فَقَالَ: (مَا زِلْتُمْ تَبُوكُونَهَا بَوْكًا) فَسُمِّيَتْ تِلْكَ الْغَزْوَةُ غَزْوَةَ تَبُوكَ. الْحِسْيُ (بِالْكَسْرِ) مَا تُنَشِّفُهُ الْأَرْضُ مِنَ الرَّمَلِ فَإِذَا صَارَ إِلَى صَلَابَةٍ أَمْسَكَتْهُ فَتَحْفِرُ عَنْهُ الرَّمَلَ فَتَسْتَخْرِجُهُ وَهُوَ الِاحْتِسَاءُ قَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (مِنْ بَعْدِ مَا كادَ يَزِيغُ «٢» قُلُوبُ فَرِيقٍ مِنْهُمْ) " قُلُوبُ" رُفِعَ بِ "- تَزِيغُ" عِنْدَ سِيبَوَيْهِ. وَيُضْمَرُ فِي " كادَ" الْحَدِيثُ تَشْبِيهًا بِكَانَ، لِأَنَّ الْخَبَرَ يَلْزَمُهَا كَمَا يَلْزَمُ كَانَ. وَإِنْ شِئْتَ رَفَعْتَهَا بِكَادَ، وَيَكُونُ التَّقْدِيرُ: مِنْ بَعْدِ مَا كاد قُلُوبُ فَرِيقٍ مِنْهُمْ تَزِيغُ. وَقَرَأَ الْأَعْمَشُ وَحَمْزَةُ وَحَفْصٌ " يَزِيغُ" بِالْيَاءِ، وَزَعَمَ أَبُو حَاتِمٍ أَنَّ مَنْ قَرَأَ " يَزِيغُ" بِالْيَاءِ فَلَا يَجُوزُ لَهُ أن يرفع القلوب بكاد. قال النحاس: والذي لَمْ يُجِزْهِ جَائِزٌ عِنْدَ غَيْرِهِ عَلَى تَذْكِيرِ الْجَمِيعِ. حَكَى الْفَرَّاءُ: رَحُبَ الْبِلَادُ وَأَرْحَبَتْ، وَرَحُبَتْ لُغَةُ أَهْلِ الْحِجَازِ. وَاخْتُلِفَ فِي مَعْنَى تَزِيغُ، فَقِيلَ: تَتْلَفُ بِالْجَهْدِ وَالْمَشَقَّةِ وَالشِّدَّةِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: تَعْدِلُ- أَيْ تَمِيلُ- عَنِ الْحَقِّ فِي الممانعة والنصرة.
(١). من ج وع وهـ. (٢). قراءة نافع بالتاء.

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