ainsi que la pénurie d’eau.
Al-Ḥasan dit : « La difficulté fut telle que des musulmans partaient à plusieurs sur un seul chameau, se relayant tour à tour. Leur ravitaillement se réduisait à des dattes véreuses, de l’orge avariée et une graisse rance. Chacun d’eux déposait devant les autres ce qu’il possédait – quelques dattes à peine. Quand la faim tenait l’un d’eux, il prenait une datte, la mâchait jusqu’à en obtenir la saveur, puis la passait à son voisin qui, à son tour, la mâchait avant de l’avaler avec une gorgée d’eau ; ainsi de suite jusqu’au dernier, si bien qu’il ne restait de la datte que le noyau. Ils poursuivirent pourtant la marche aux côtés du Prophète – que les prières et la paix d’Allāh soient sur lui – avec sincérité et certitude. Qu’Allāh les agrée. »
ʿUmar – qu’Allāh l’agrée – fut interrogé au sujet de « l’Heure de la Détresse » ; il répondit : « Nous étions sortis sous une chaleur torride et fîmes halte en un lieu où la soif nous accabla à tel point que nous crûmes que nos cous allaient se rompre. Certains en vinrent à abattre leur chameau, à presser le contenu de son estomac pour en boire le suc et en étaler le reste sur leur poitrine. »
Abū Bakr dit alors : « Ô Messager d’Allāh, Allāh t’a habitué à voir tes invocations exaucées ; invoque donc pour nous. »
Le Prophète – paix et salut sur lui – demanda : « Le souhaites-tu vraiment ? » Il répondit : « Oui. » Le Prophète leva alors les mains et ne les abaissa pas que le ciel déjà s’était couvert ; puis la pluie tomba. Tous remplirent leurs récipients, et lorsque nous regardâmes, nous constatâmes que le nuage n’avait pas dépassé le camp.
Abū Hurayra et Abū Saʿīd rapportent : « Nous étions avec le Prophète – paix et salut sur lui – lors de l’expédition de Tabūk quand la famine toucha les gens. Ils dirent : “Ô Messager d’Allāh, si tu nous permettais d’égorger nos nâḍiḥa (chamelles de corvée), nous en mangerions et nous nous enduirions de leur graisse.” Le Messager d’Allāh répondit : “Faites-le.” »
ʿUmar survint alors : « Ô Messager d’Allāh, s’ils le font, nous manquerons de montures. Invite-les plutôt à rassembler le reste de leurs provisions, puis invoque Allāh pour qu’Il y mette la bénédiction ; peut-être Allāh y placera-t-Il Sa bénédiction. »
« D’accord », répondit le Prophète. On étendit une natte de cuir, puis il fit appeler ce qui restait des vivres : l’un apporta une poignée de millet, un autre une poignée de dattes, un autre encore un morceau de pain, jusqu’à ce qu’il ne s’y rassemble qu’une faible quantité.
Abū Hurayra dit : « J’en estimai le volume ; il équivalait à l’espace qu’occupe une chèvre couchée. » Le Messager d’Allāh – paix et salut sur lui – invoqua alors la bénédiction sur ces vivres, puis dit : « Puisez-en dans vos récipients. »
Ils puisèrent donc, et – par Celui en dehors de Qui nul n’a droit à l’adoration – il ne resta dans tout le camp aucun récipient sans qu’il fût rempli. Les gens mangèrent à satiété, et il en demeura encore un surplus. Le Prophète – paix et salut sur lui – déclara alors :
« J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allāh et que je suis le Messager d’Allāh ; quiconque rencontre Allāh en professant ces deux témoignages, sans en douter, ne sera pas tenu éloigné du Paradis. »
Ce récit a été rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ.