Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — dit :

« Laissez-la, car elle est “awâha”. »

On demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce que “awâha” ? »
Il répondit : « La contrite, la profondément humble. »

Onzièmement : est appelé « awâh » celui qui, lorsqu’il se rappelle ses fautes, implore aussitôt le pardon ; avis rapporté d’Abû Ayyûb.

Douzièmement : celui qui gémit beaucoup à cause de ses péchés, selon al-Farrâ’.

Treizièmement : celui qui enseigne le bien, d’après Sa‘îd b. Jubayr.

Quatorzièmement : celui qui fait preuve d’une compassion extrême, selon ‘Abd al-‘Azîz b. Yahyâ ; Abû Bakr as-Siddîq — qu’Allah l’agrée — était surnommé « al-Awâh » du fait de sa grande tendresse et de sa miséricorde.

Quinzièmement : celui qui se rétracte de tout ce qu’Allah — Très-Haut — déteste, selon ‘Atâ’. L’origine du terme vient de « ta-awwuh », c’est-à-dire le gémissement que l’on perçoit dans la poitrine des personnes essoufflées.

Ka‘b a dit : « Ibrâhîm — sur lui la paix — gémissait chaque fois qu’il se rappelait le Feu. »

Al-Jawharî précise : « Leur expression de plainte “awh ! de telle chose” (avec wāw immobile) est une interjection de douleur. »

Le poète dit :
« Alors gémis — “awh !” — à son souvenir lorsque je m’en rappelle,
Et à cause de la distance de la terre et du ciel qui nous sépare. »

Parfois, ils changent la wāw en alif et disent : « Ah ! de telle chose. »
Ou encore, ils renforcent la wāw, la cassent et mettent la hā’ au repos : « awih ! de telle chose. »
Il arrive qu’avec la gémination ils omettent la hā’ et disent : « aww ! de telle chose » sans prolongation.
Certains disent : « awwah » avec prolongation, shadda, ouverture de la wāw et hā’ muette, afin d’allonger le son de la plainte.
On y ajoute parfois le tâ’ : « awwatahu », avec ou sans prolongation. On dit : « l’homme a poussé le cri awh ! » (awwa, ta’awwaha) lorsqu’il s’écrie « awh ! ». Le nom qui en est dérivé est « al-âhah » avec allongement.

Al-Muthaqqab al-‘Abdî a dit :
« Lorsque, de nuit, je me lève pour la seller,
Il pousse le gémissement — “âhah” — d’un homme affligé. »

Quant au terme « halîm », il désigne celui qui possède une grande indulgence : c’est celui qui pardonne les fautes et patiente face au tort.
On a aussi dit : c’est celui qui ne châtie jamais personne si ce n’est pour Allah, et ne soutient personne si ce n’est pour Allah. Tel était Ibrâhîm — sur lui la paix — ; lorsqu’il se tenait debout pour prier, on entendait les battements de son cœur (« wajîb ») à une distance de deux milles.

[Sourate at-Tawbah (9), versets 115-116]
« Allah n’est point tel qu’Il égare un peuple après l’avoir guidé avant de lui avoir clairement montré ce qu’il doit éviter. Certes, Allah est Omniscient. » (115)
« A Allah appartient la royauté des cieux et de la terre ; Il donne la vie et Il donne la mort. En dehors d’Allah, vous n’avez ni allié ni secoureur. » (116)

وَسَلَّمَ: (دَعُوهَا فَإِنَّهَا أَوَّاهَةٌ) قِيلَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَمَا الْأَوَّاهَةُ؟ قَالَ: (الْخَاشِعَةُ) . الْحَادِيَ عَشَرَ- أَنَّهُ الَّذِي إِذَا ذَكَرَ خَطَايَاهُ اسْتَغْفَرَ مِنْهَا قَالَهُ أَبُو أَيُّوبَ. الثَّانِيَ عَشَرَ- أَنَّهُ الْكَثِيرُ التَّأَوُّهِ مِنَ الذُّنُوبِ قَالَهُ الْفَرَّاءُ. الثَّالِثَ عَشَرَ- أنه المعلم «١» للخير قاله سعيد ابن جُبَيْرٍ. الرَّابِعَ عَشَرَ- أَنَّهُ الشَّفِيقُ قَالَهُ عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ يَحْيَى. وَكَانَ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُسَمَّى الْأَوَّاهُ لِشَفَقَتِهِ وَرَأْفَتِهِ. الْخَامِسَ عَشَرَ- أَنَّهُ الرَّاجِعُ عَنْ كُلِّ مَا يَكْرَهُ اللَّهُ تَعَالَى قَالَهُ عَطَاءٌ. وَأَصْلُهُ مِنَ التَّأَوُّهِ، وَهُوَ أَنْ يُسْمَعَ لِلصَّدْرِ صَوْتٌ مِنْ تنقس الصُّعَدَاءِ. قَالَ كَعْبٌ: كَانَ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلَامُ إِذَا ذَكَرَ النَّارَ تَأَوَّهَ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: قَوْلُهُمْ عِنْدَ الشِّكَايَةِ أَوْهٍ مِنْ كَذَا (سَاكِنَةِ الْوَاوِ) إنما هو توجع. قال الشاعر: فأوه لذكراها إِذَا مَا ذَكَرْتُهَا ... وَمِنْ بُعْدِ أَرْضٍ بَيْنَنَا وَسَمَاءِ وَرُبَّمَا قَلَبُوا الْوَاوَ أَلِفًا فَقَالُوا: آهِ مِنْ كَذَا. وَرُبَّمَا شَدَّدُوا الْوَاوَ وَكَسَرُوهَا وَسَكَّنُوا الْهَاءَ فَقَالُوا: أَوِّهْ مِنْ كَذَا. وَرُبَّمَا حَذَفُوا مَعَ التَّشْدِيدِ الْهَاءَ فَقَالُوا: أَوِّ مِنْ كَذَا بِلَا مَدٍّ. وَبَعْضُهُمْ يَقُولُ: أَوَّهْ بِالْمَدِّ وَالتَّشْدِيدِ وَفَتْحِ الْوَاوِ سَاكِنَةَ الْهَاءِ لِتَطْوِيلِ الصَّوْتِ بِالشِّكَايَةِ. وَرُبَّمَا أَدْخَلُوا فِيهَا التَّاءَ فَقَالُوا: أَوَّتَاهُ يُمَدُّ وَلَا يُمَدُّ. وَقَدْ أَوَّهَ الرَّجُلُ تَأْوِيهًا وَتَأَوَّهَ تَأَوُّهًا إِذَا قَالَ أَوَّهْ، وَالِاسْمُ مِنْهُ الْآهَةُ بِالْمَدِّ. قَالَ الْمُثَقَّبُ الْعَبْدِيُّ: إِذَا مَا قُمْتُ أَرْحَلُهَا بِلَيْلٍ ... تَأَوَّهَ آهَةَ الرَّجُلِ الْحَزِينِ وَالْحَلِيمُ: الْكَثِيرُ الْحِلْمِ وَهُوَ الَّذِي يَصْفَحُ عَنِ الذُّنُوبِ وَيَصْبِرُ عَلَى الْأَذَى. وَقِيلَ: الَّذِي لَمْ يُعَاقِبْ أَحَدًا قَطُّ إِلَّا فِي اللَّهِ وَلَمْ يَنْتَصِرْ لِأَحَدٍ إِلَّا لِلَّهِ. وَكَانَ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلَامُ كَذَلِكَ وَكَانَ إِذَا قَامَ يُصَلِّي سُمِعَ وَجِيبُ «٢» قلبه على ميلين. [سورة التوبة (٩) : الآيات ١١٥ الى ١١٦] وَما كانَ اللَّهُ لِيُضِلَّ قَوْماً بَعْدَ إِذْ هَداهُمْ حَتَّى يُبَيِّنَ لَهُمْ مَا يَتَّقُونَ إِنَّ اللَّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ (١١٥) إِنَّ اللَّهَ لَهُ مُلْكُ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ يُحْيِي وَيُمِيتُ وَما لَكُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ مِنْ وَلِيٍّ وَلا نَصِيرٍ (١١٦)
(١). معلم كل شي: مظنته. (٢). وجيب القلب: خفقانه واضطرابه.

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