Les attirer par une parole courtoise et les inciter à embrasser la religion.
Nombre de savants ont affirmé : « Il n’y a aucun inconvénient à ce qu’un homme invoque pour ses deux parents mécréants et implore le pardon pour eux tant qu’ils sont encore en vie ; mais pour celui qui est déjà mort, tout espoir est désormais rompu : on ne prie donc pas en sa faveur. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Ils demandaient le pardon pour leurs morts ; alors le verset fut révélé et ils cessèrent de le faire. Toutefois, il ne leur fut pas interdit de demander pardon pour les vivants jusqu’à ce qu’ils meurent. »
Troisièmement – Les spécialistes de la langue précisent que l’expression “mâ kâna” dans le Coran se présente sous deux formes : 1) pour la négation, comme dans la parole divine : « Vous n’aviez pas (mâ kâna lakum) à faire pousser ses arbres » (An-Naml, 60) et « Nulle âme ne peut mourir (wa mâ kâna li-nafsin an tamûta) si ce n’est avec la permission d’Allâh » (Âl ʿImrân, 145) ; 2) avec le sens de l’interdiction, comme dans : « Il ne vous appartient pas (wa mâ kâna lakum) de blesser le Messager d’Allâh » (Al-Aḥzâb, 53) et « Il n’appartient ni au Prophète ni aux croyants d’implorer le pardon pour les polythéistes » (At-Tawbah, 113).
« Et la demande de pardon d’Ibrâhîm pour son père ne fut que suite à une promesse qu’il lui avait faite ; mais lorsqu’il lui apparut clairement qu’il était un ennemi d’Allâh, il se désavoua de lui. Certes, Ibrâhîm était plein de compassion et longanime. » (At-Tawbah, 114)
Ce passage comporte trois questions :
Premièrement – An-Nasâʾî rapporte d’après ʿAlî ibn Abî Ṭâlib (qu’Allâh l’agrée) : « J’entendis un homme demander pardon pour ses parents alors qu’ils étaient polythéistes. Je lui dis : “Implores-tu le pardon pour eux alors qu’ils sont polythéistes ?” Il répondit : “N’Ibrâhîm n’a-t-il pas demandé pardon pour son père ?” Je me rendis alors auprès du Prophète (paix et bénédiction d’Allâh sur lui) et lui en fis part ; alors fut révélé : “Et la demande de pardon d’Ibrâhîm pour son père ne fut que suite à une promesse…” »
Le sens est donc : « Ô vous les croyants, vous n’avez aucun argument dans la demande de pardon formulée par Ibrâhîm, l’Ami intime (al-Khalîl), pour son père ; cela ne résultait que d’une promesse. »
Ibn ʿAbbâs dit encore : « Le père d’Ibrâhîm avait promis à Ibrâhîm, l’ami intime, de croire en Allâh et de délaisser les idoles. Lorsqu’il mourut sur l’incroyance, Ibrâhîm sut qu’il était un ennemi d’Allâh et abandonna donc toute supplication en sa faveur. » Ainsi, dans l’expression « إِيَّاهُ – (lui) », le pronom renvoie à Ibrâhîm, et l’auteur de la promesse est son père.
D’autres ont dit : c’est Ibrâhîm lui-même qui avait promis à son père d’implorer le pardon pour lui ; mais lorsqu’il mourut polythéiste, il se désavoua de lui. Ce que corrobore sa parole : « Je solliciterai certes le pardon de mon Seigneur pour toi » (Maryam, 47).
Le Qâḍî Abû Bakr Ibn al-ʿArabî a déclaré : « …»