Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Tu ne guides certes pas celui que tu aimes, mais c’est Allah qui guide qui Il veut, et Il connaît parfaitement les bien-guidés. » (Coran, 28 : 56).

Par conséquent, d’après cette opinion, ce verset abroge la demande de pardon que le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – avait formulée pour son oncle, puisqu’il aurait imploré le pardon pour lui après sa mort, ainsi qu’on le rapporte dans un récit non authentique.

Al-Ḥusayn ibn al-Faḍl objecta : « C’est peu plausible, car cette sourate fait partie des dernières révélations, alors qu’Abû Ṭâlib mourut aux débuts de l’islam, lorsque le Prophète – paix et salut sur lui – se trouvait encore à La Mecque. »

Deuxièmement – Ce verset implique la rupture de toute alliance avec les mécréants, qu’ils soient vivants ou morts, car Allah n’a pas permis aux croyants de demander le pardon pour les associateurs ; solliciter l’absolution d’un polythéiste est donc illicite.

Objection : il est pourtant authentiquement rapporté que, le jour d’Uḥud, lorsque les infidèles lui brisèrent une incisive et entaillèrent son visage, le Prophète – paix et salut sur lui – dit : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. » Comment concilier cette supplication avec l’interdiction faite par Allah Très-Haut à Son Messager et aux croyants de demander le pardon pour les polythéistes ?

Réponse : cette parole du Prophète – paix et salut sur lui – relevait du récit qu’il faisait à propos d’un Prophète antérieur. La preuve en est le ḥadith rapporté par Muslim d’après ‘Abd Allâh : « Il me semble voir le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – raconter l’histoire d’un Prophète que son peuple avait frappé ; il essuyait le sang de son visage en disant : “Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas.” »

Al-Bukhârî rapporte également que le Prophète – paix et salut sur lui – évoqua un Prophète antérieur que son peuple avait blessé, et qu’il avait dit : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. »

Je (l’auteur) dis : ceci prouve de façon explicite qu’il s’agissait d’un récit concernant un prédécesseur, et non d’une invocation que le Prophète aurait prononcée de sa propre initiative, comme l’ont cru certains. Allah est plus savant. Le Prophète en question est Noé – paix sur lui –, ainsi qu’on l’expliquera, si Allah le veut, dans la sourate Hûd.

On a également avancé que l’« istighfâr » (demande de pardon) visé dans le verset signifie la prière funéraire (ṣalât).

L’un des savants a déclaré : « Je ne renoncerai jamais à prier sur un membre de la qibla, même si c’était une Abyssinienne enceinte d’un adultère, car je n’ai entendu qu’Allah n’a interdit la prière funéraire qu’aux seuls polythéistes, lorsqu’Il dit : “Il n’appartient ni au Prophète ni aux croyants de demander le pardon pour les associateurs…” »

‘Atâ’ ibn Abî Rabâḥ dit : « Le verset interdit la prière funéraire sur les polythéistes ; ici, l’“istighfâr” désigne la ṣalât. »

Troisième réponse : il est permis de solliciter le pardon pour les vivants, car l’espoir subsiste qu’ils embrassent la foi et qu’il leur soit encore possible

" إِنَّكَ لَا تَهْدِي مَنْ أَحْبَبْتَ وَلكِنَّ اللَّهَ يَهْدِي مَنْ يَشاءُ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالْمُهْتَدِينَ" «١» [القصص: ٥٦] . فَالْآيَةُ عَلَى هَذَا نَاسِخَةٌ لِاسْتِغْفَارِ النَّبِيِّ صَلَّى الله عليه سلم لِعَمِّهِ فَإِنَّهُ اسْتَغْفَرَ لَهُ بَعْدَ مَوْتِهِ عَلَى مَا رُوِيَ فِي غَيْرِ الصَّحِيحِ. وَقَالَ الْحُسَيْنُ بْنُ الْفَضْلِ: وَهَذَا بَعِيدٌ لِأَنَّ السُّورَةَ مِنْ آخِرِ مَا نَزَلَ مِنَ الْقُرْآنِ وَمَاتَ أَبُو طَالِبٍ فِي عُنْفُوَانِ الْإِسْلَامِ وَالنَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَكَّةَ. الثَّانِيَةُ- هَذِهِ الْآيَةُ تَضَمَّنَتْ قَطْعَ مُوَالَاةِ الْكُفَّارِ حَيِّهِمْ وَمَيِّتِهِمْ فَإِنَّ اللَّهَ لَمْ يَجْعَلْ لِلْمُؤْمِنِينَ أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ فَطَلَبُ الْغُفْرَانِ لِلْمُشْرِكِ مِمَّا لَا يَجُوزُ. فَإِنْ قِيلَ: فَقَدْ صَحَّ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَوْمَ أُحُدٍ حِينَ كَسَرُوا رَبَاعِيَتَهُ وَشَجُّوا وَجْهَهُ: (اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ) فَكَيْفَ يَجْتَمِعُ هَذَا مَعَ مَنْعِ اللَّهِ تَعَالَى رَسُولَهُ وَالْمُؤْمِنِينَ مِنْ طَلَبِ الْمَغْفِرَةِ لِلْمُشْرِكِينَ. قِيلَ لَهُ: إِنَّ ذَلِكَ الْقَوْلَ مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّمَا كَانَ عَلَى سَبِيلِ الْحِكَايَةِ عَمَّنْ تَقَدَّمَهُ مِنَ الْأَنْبِيَاءِ وَالدَّلِيلُ عَلَيْهِ مَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: كَأَنِّي أَنْظُرُ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَحْكِي نَبِيًّا مِنَ الْأَنْبِيَاءِ ضَرَبَهُ قَوْمُهُ وَهُوَ يَمْسَحُ الدَّمَ عَنْ وَجْهِهِ وَيَقُولُ: (رَبِّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ) . وَفِي الْبُخَارِيِّ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَكَرَ نَبِيًّا قَبْلَهُ شَجَّهُ قَوْمُهُ فَجَعَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُخْبِرُ عَنْهُ بِأَنَّهُ قَالَ: (اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ) . قُلْتُ: وَهَذَا صَرِيحٌ فِي الْحِكَايَةِ عَمَّنْ قَبْلَهُ، لَا أَنَّهُ قَالَهُ ابْتِدَاءً عَنْ نَفْسِهِ كَمَا ظَنَّهُ بَعْضُهُمْ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَالنَّبِيُّ الَّذِي حَكَاهُ هُوَ نُوحٌ عَلَيْهِ السَّلَامُ، عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي سُورَةِ [هُودٍ «٢» ] إِنْ شَاءَ اللَّهُ. وَقِيلَ: إِنَّ الْمُرَادَ بِالِاسْتِغْفَارِ فِي الْآيَةِ الصَّلَاةُ. قَالَ بَعْضُهُمْ: مَا كُنْتُ لِأَدَعَ الصَّلَاةَ عَلَى أَحَدٍ مِنْ أَهْلِ الْقِبْلَةِ وَلَوْ كَانَتْ حَبَشِيَّةً حبلى من الزني لِأَنِّي لَمْ أَسْمَعِ اللَّهَ حَجَبَ الصَّلَاةَ إِلَّا عَنِ الْمُشْرِكِينَ بِقَوْلِهِ: " مَا كانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ" الْآيَةَ. قَالَ عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ: الْآيَةُ فِي النَّهْيِ عَنِ الصَّلَاةِ عَلَى الْمُشْرِكِينَ وَالِاسْتِغْفَارُ هُنَا يُرَادُ بِهِ الصَّلَاةُ. جَوَابٌ ثَالِثٌ: وَهُوَ أَنَّ الِاسْتِغْفَارَ لِلْأَحْيَاءِ جائز لأنه مرجو إيمانهم ويمكن
(١). راجع ج ١٣ ص. (٢). راجع ج ٩ ص ٤٣.

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