Il s’y trouve huit questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Certes, Allah a acheté aux croyants leurs personnes… ». On a dit qu’il s’agit là d’une image, comme dans Sa parole : « Ceux-là sont ceux qui ont troqué l’égarement contre la guidée » (al-Baqarah, 16).
Cette révélation descendit lors de la seconde allégeance, celle de la Grande ʿAqaba, à laquelle plus de soixante-dix hommes des Anṣâr prirent part ; le plus jeune d’entre eux était ʿUqba b. ʿAmr. Ils se réunirent avec le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – près de l’ʿAqaba. ʿAbd Allâh b. Rawâḥa dit alors au Prophète – paix et salut sur lui : « Fixe, pour ton Seigneur et pour toi-même, les conditions que tu voudras. » Le Prophète – paix et salut sur lui – répondit : « Je pose pour mon Seigneur que vous L’adoriez sans rien Lui associer, et pour moi-même que vous me protégiez comme vous protégez vos propres personnes et vos biens. » Ils dirent : « Si nous agissons ainsi, qu’aurons-nous ? » Il répondit : « Le Paradis. » Ils s’exclamèrent : « Quelle transaction profitable ! Nous ne l’annulerons pas et n’en demanderons pas l’annulation. » C’est alors que fut révélé : « Certes, Allah a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis… ». Ce verset demeure ensuite d’application générale pour tout combattant dans la voie d’Allah, au sein de la communauté de Muḥammad – paix et salut sur lui – jusqu’au Jour de la Résurrection.
Deuxièmement – Ce verset prouve la licéité d’un contrat entre le maître et son esclave : bien que tout appartienne au maître, lorsqu’il en fait don à l’esclave, il traite avec lui selon ce qu’il lui confie. Il est donc permis entre le maître et son esclave ce qui ne l’est pas entre lui et autrui, puisque les biens de l’esclave lui appartiennent et qu’il peut les reprendre.
Troisièmement – Le principe de l’achat, chez les créatures, est de recevoir en contrepartie de ce qui sort de leur possession ce qui leur est plus avantageux, ou du moins d’utilité équivalente. Allah – exalté soit-Il – a donc acheté de Ses serviteurs le sacrifice de leurs personnes et de leurs biens dans Son obéissance, leur anéantissement pour Sa satisfaction, et Il leur a donné, en échange, le Paradis lorsqu’ils accomplissent cela ; récompense immense que rien de cédé ne saurait égaler ni lui être comparé. Il a exprimé cela selon l’usage courant de la vente et de l’achat : de la part du serviteur, la remise de la personne et du bien ; de la part d’Allah, la récompense et la munificence ; c’est pourquoi on appelle cela « achat ».
Al-Ḥasan rapporte que le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – a dit : « Au-dessus de chaque bienfaisance il en est une autre, jusqu’à ce que le serviteur verse son sang ; lorsqu’il l’a fait, il n’est plus de bienfaisance au-dessus de celle-là. »
Et le poète a dit, à propos de la bienfaisance :
« Donner de l’eau est une largesse empreinte de noblesse,
mais donner sa propre vie est l’ultime degré de la largesse. »