« Afaman assu bunyānahu », avec le mot « assu » au nominatif, et « bunyānihi » au génitif. – Dʼaprès une autre version on lit : « assāsu bunyānihi » ; – et, dʼaprès une troisième : « assu bunyānihi », toujours avec le génitif. Dans tous les cas, il sʼagit des fondations mêmes de lʼédifice, comme il a été expliqué plus haut. Abou Hâtim rapporte encore une sixième lecture : « Afaman āsāsu bunyānihi ». An-Naḥḥās dit : il sʼagit ici du pluriel de ʾus(s) (« fondement »), comme on dit khuff (« une sandale ») et akhfāf (« des sandales »). Le pluriel le plus courant est pourtant « isās », à lʼimage de khifāf (« sandales »). Le poète a dit :
« Le pouvoir sʼest affermi sur des bases inébranlables …
chez les nobles des Banû al-ʿAbbâs ».
Deuxième point.
Sa parole – quʼIl soit exalté :
« … sur la piété (taqwâ) venant dʼAllâh ».
ʿÎsâ b. ʿUmar – selon le témoignage de Sîbawayh – la récitait avec tanwîn : « ʿalâ taqwân-min-Allâh » ; lʼalif y est alors une alif dʼannexion, semblable à celle que lʼon trouve dans « tatrâ » lorsquʼil est décliné. Le poète a dit :
« Il paît dans le ‘alqâ et dans le mukûr » ;
Sîbawayh a cependant rejeté cette vocalisation et dit : « Je nʼen comprends pas la justification ».
« ʿalâ shafâ » : le terme shafâ désigne le bord ou la limite, comme cela a été développé en détail dans la sourate Âl ʿImrân.
« juruf » : on le lit soit avec la voyelle ḍamma sur le râ, soit – selon Abou Bakr et Ḥamza – avec le râmuette, à lʼinstar de shughul/shughl, rusul/rusl. Le mot désigne une berge friable, dépourvue de fondement solide.
Le juruf est la rive dʼun vallon quʼarrachent les crues ; ce sont les parois quʼévident les eaux, le terme dérivant de la racine j-r-f, qui signifie arracher une chose de sa base.
« hâr-in » : cʼest-à-dire « écroulé ». On dit « tahawwara el-binâʾu » quand le bâtiment sʼeffondre. Le mot provient à lʼorigine de « hâʾir » ; il relève des formes métathétiques : la yâʼ en est déplacée, dʼoù les deux variantes « hâr » et « hâʾir », comme lʼa expliqué az-Zajjâj. On trouve un exemple similaire avec « lātha al-shayʾu bihi » (il fit le tour), dʼoù « lāth-in », qui correspond à « lāʾith-in ».
De même quʼon dit « shâkī as-silâḥ » et « shâʾik as-silâḥ ».
Al-ʿAjjâj a récité :
« Lāth-in bihi l-ashâʾu wa-l-ʿubriyyu… »
— Les ashâʾ sont les palmiers, et l-ʿubriyyu le jujubier qui pousse sur la berge des fleuves ; « lāth-in bihi » signifie : entourant, ceignant.
Abou Hâtim prétend que la forme primitive est « hâwir » ; puis lʼon dit « hâʾir » sur le modèle de « ṣâʾim » (jeûneur), avant dʼarriver à « hâr » par métathèse.
Al-Kisâʼî soutient quʼil sʼagit dʼun terme pouvant venir tantôt de la racine waw, tantôt de la racine yâʾ ; dʼoù les deux verbes « tahawwara » et « tahayyara » pour dire : « il sʼest effondré ».
Je (lʼauteur) conclue : cʼest pour cette raison quʼon lʼincline (imâla) ou quʼon le lit avec ouverture (fatḥa).